‹ Chronique de Ramon Muntaner (volume 3)Chapitre 128 sur 159 · CHAPITRE CCLXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXXIII

Coannentle seig^ur iofant N'Anfos partit da port deFang^,et prit terre à Falma de Sols , où le juge d^ Arborée et une grande partie des lia- Htànts de' la Sardaîghe le reconnurent pour seignenr ; et comment il

. fUToya l'amiral àssi^er Cagliari.

Tl est vrai que lorsque le seigneur roi et les seigneurs infants eurent recueilli dans leurs royau-

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nés et comtés tout ce qui était nécessaire pour :ette expédition , ils ordonnèrent , d'un commun iccord , que chacun fut rendu au jour fixé y au K>rt de Fangos , tant les troupes de terre que celles le mer ; et tout le monde fut là au jour désigné , t même avant. Et les gens que le seigneur roi et es seigneurs infants avaient désignés, s'y rendirent >us sans délai ; car on était porté de si bonne vo- >nté, qu'il n'était pas besoin d'aller chercher les ommes dans le pays, et tous venaient d'eux léines, aussi bien ceux mandés par le seigneur oi que ceux mandés par le le seigneur infant. e vous dirai que , sur tous ceux qui avaient té commandés , il n'y en eut que trois qui ne se rouvèrent pas au rendez-vous , et cela parut lien au dénombrement qu'on en fit , puisque plus Se vingt mille hommes d'armes furent obligés de ester , attendu que les navires , galères , vaisseaux >t barques , ne purent les contenir. Ainsi^ par là ^rrâce de Dieu, ils furent tous exacts à se réunir ; ïl le seigneur roi, madame la reine et tous les iafanls se trouvèrent au port de Fàugos. Le sei*gneur infant prit congé du seigneur roi son père , ^ autant en fit madame l'infante ; ils prirent aussi congé de-madame la reine et des ihfants. Le seigneur roi et madame la reine les accompagnèrent jusqu'à la barque armée, où ils se rendirent et s'embarquèrent. Ainsi à la boiine heure le seigneur infant et madame l'infante se rendirent, à Fangos et chacun en fit autant. Ce jour là ils eurent

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bon vent et firent voile ; et lorsqu'ils furent dans les eaux de Mahon , les vingt galères de Majorque , vaisseaux, navires et barques, se joignirent à eux,

.Le seigneur roi et madame la reine demeurèrent tout ce jour là sur le rivage, à les regarder, jusqu'à ce qu'ils les perdirent de vue ; après quoi ils allèrent à la cité de Tortose, et tous les autres se retirèrent chez eux* Le seigneur infant eut bon tebipSy et se porta sur l'île Saint-Pierre , avec la flotte. Quand ils . furent tous bien en ordre, ilsi^e rendirent à Palma de Sols* Là toute la cavalerie et r.almogavarerie furent débarquées. Aussitôt le juge d^ Arborée " se présenta avec toutes ses forces, et le reconnut pour seigneur , ainsi qu'une très grande partie des habitants de l'île de Sardaigne. Les ha- Inilants deSacer (Sassari)se soumirent aussi à lui, et ils furent d'avis» avec le conseil du juge , que le seigneur infant devait aller assiéger Villa Des Gleyes. Le juge fit ceci parce qu'il venait beaucoup plus de mal sur ses terres par Vîilla Des Gleyes , que par Gagliari ou tout autre endroit. Ainsi le seigneur, infant alla mettre le siège devant Villa Des Gleyes, et il envoya l'amiral avec toute sa flotte pour, assiéger le château de Gagliari , de concert avec le vicomte^de Rocaberti, qui déjà le tenait assîégç avec deux cents hommes de cheval armés, .etdeux.mîUerliommes de pied • que le seigneur iiotiantavaitauparavant envoyés de Barcelonue ^ sur

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i^ Vo^ës le tome i5 de cette Collection,

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les navires. Us prirent position devant Cagliari , 5t la tinrent si resserrée , que chaque jour ils enevaient quelques hommes ^ et ils leur avaient déjà >ris une grande partie de leurs jardins. Lorsque Faniral fut arrivé , vous pouvez compter qu'avec le dcomte , ils leur donnèrent une assez mauvaise ^trenne ; et toutelbis il j avait dedans plus de trois rents hommes à cheval et dix mille hommes de >ied. Actuellement je cesse de vous parler du vicomte et de l'amiral , qui s'entendaient très bien msemble pour toutes choses, comme bons couins-germains 9 et je reviens au seigneur infant.

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