CHAPITRE CCXXXIX
OxmmeiitEm Rocafert fut arrête par la Compagnie et lÎTrëà TbU)aqtde SlpojSy lequel, Il Finsa de la troupe, remmena et le livra au roi Robert ^ le fit mettre en un cachot k Versa (Ayerte), <iù il mônmc éoi ùàm,
Quand En Rocafort eut fait faire le ^eau> ii disposa de l'armée de telle sorte que l'on neregar*^ dait pas plus Thibaut de Sipoys qu'un sergent; si bien qu'il en fut très affligé ^ et se regarda comme liajffbué. Et En Rocafort se méconnut tellement <{ue quand il mourait un homme de l'armée il s'emparait de tout ce qu'il avait laissé. D'u« autre côtéi si quelqu'un avait une belle femme, huô belle fille ou une belle maîtresse , il fallait qu'il s'en emparât ; de sorte qu'on ne savait que faire* Enfin, tous les chefs des Compagnies allèrent se-* eretement trouver Thibaut de Sipoys , et lui de* xoandèrent ce qu'Uleur conseillait relativement à En RocaScMTt, car ils ne pouvaient plus le sou£Prir. Il leur répondit qu'il ne pouvait leur donner conseil parée que c'était leur seigneur ; que pour IneQ faire iU
devaient réfléchir d'un côté, et lui d'un autre, sur ce qu'ils auraient à faire. Thibaut leur disait cela parce qu'il craignait qu'ils ne voulussent le décevoir et le trahir. Or Thibaut alla vers En Rocafort , et lui fit en particulier des remontrances; mais lui ne les prit point en bonne part.
Thibaut avait envoyé son fils à Venise , pour qu'on lui armât six galères ; et il les attendait. Bientôt elles arrivèrent avec son fils qui les commandait : et quand les galères furent là , il se sentit fort. Il fit demander en secret aux chefs des compagnies ce qu'ils avaient décidé au sujet d'En Ro-' cafort. Us répondirent qu'ils étaient d'avis qu'il fit convoquer le conseil général , et qu'en plein conseil on lui reprocherait tout ce qu'il avait fait ; qu'ils s'empareraient ensuite de sa personne et le lui livreraient. Ainsi fut fait^ pour leur malheur j car le lendemain y étant au conseil , ils lui firent des reproches , et après ces reproches , ils l'arrêtèrent et le livrèrent à Thibaut , en quoi ils firent la plus grande faute que jamais on ait pu faire, en le livrant à qui que ce fut. Ils eussent mieux fait de s'en venger eux-mêmes , s'ils étaient dans l'intention de se venger. Que vous dirai- je? Thibaut tenant En Béranger de Rocafort et En Esbert son frère (leur oncle ainsi qu'En Dalmau de Saint- Martin , étant morts depuis peu de temps de maladie ) , les chefs des Compagnies coururent au logement et aux caisses d'En Rocafort , et trouvèrent
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tant de perpres d'or, qu'ils eurent treize perpres <3'or pour chaque homme de la troupe. Et enfin ils pillèrent tout ce qu'il avait. Mais Thibaut ayant en son pouvoir En Rocafort et son frère , se jeta une nuit dans les galères avec toute sa compagnie, ainsi cju'En Rocafort et son frère. Il fit force de rames et laissa la compagnie sans prendre congéde personne. Et lorsque le matin la compagnie ne vitpasmessire TThibaut, et apprit qu'il était parti emmenant avec lui En Rocafort , elle fui désolée. Ils se repentirent l;ous de ce qu'ils avaient fait , et ils prirent entre exix le parti de saisir leurs armes et de faire périr à coups de lances quatorze capitaines de leurs compagnies qui avaient consenti à ce qu'ils fissent cela. ÏSnsuite ils élurent deux cavaliers, un adalil et Un almugate pour les gouverner jusqu'à ce qu'ils eussent un chef. Et ils restèrent ainsi , les quatre élus régissant le conseil des douze de la troupe. Et 'rhibaut de Sipoys s'en alla à Naples et livra En Rocafort et son frère au roi Robert, qui leur voulait le plus grand mal, à cause des châteaux de Calabre qu'il n'avait pas voulu rendre comme les autres. Et quand le roi Robert les eut en son pouvoir il. les envoya au château d'Aversa , et les fit mettre l'un et l'autre dans un souterrain, oùilles laissa mourir de faim ; car dès le moment qu'ils y furent , nul ne leur donna à boire ni à manger. Vous pouvez voir par là que celui qui fait du mal s'attire du mal , et que plus un homme est élevé, plus il doit être parient et droiturier. Mais ne parlons plus d'En
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Rocafort , son temps est fioi ^ et parlons de nouveau de notre Compagnie.