Le (liiclic <le Naxos
3o CHRONIQUE (i8a5)
Lorsque l’amiral se releva , on vit de fiers coups de dards et de lances ; et du côté des Français , de grands coups de cimeterres. Que vous dirai-je? Malgré leurs efforts, on fit relever l’amiral. Un dè ses chevaliers mit pied à terre et lui donna son cheval. Quand il fut monté , on vit encore de plus grands efforts. Enfin, les troupes de l’amiral s’emparèrent du pont, et seraient entrées dans la cité, ^ si l’on n’en eût fermé les portes. Enfin, l’amiral satisfait s’en retourna vers les galères. On leva le camp et on trouva qu’il avait été tué quatre cents cavaliers ennemis et une foule innombrable de gens de piedj ils firent tous un grand butin. D’un autre côté, il fit dire au roi de n’étre point en peine de En Béranger-d’Entenca, ni de ceux qui étaient avec lui à Otrante.
Après ces choses , l’amiral alla à Otrante , où on lui rendit de grands honneurs, et où l’on lui fit de belles fêtes. 11 y raffraîchit sa troupe, et paya quatre mois de solde aux cavaliers et aux piétons qui étaient avec Béranger d’Entenca , pour le roi de Sicile. De là il se rendit à Tarente, où il paya également la troupe. Puis il alla aux Castelles , à Giraix , à la Mandolela , au pied de Datil , au château de Sainte-Agathe et à Reggio. Enfin , il entra à Messine où il trouva le r'oi En Jacques de Sicile, la reine sa mère , et l’infant lùi Frédéric. On ne lui fit nulle part d’aussi belles lêles que là. Sa visite fit grand plaisir à la reine ; elle raccueilHt et l’honora d’une manière toute
(iqS;';) de RAMOÎÏ MURTAKER. 3l
particulière; mais Doua Bella , sa mère , fut surtout au comble de la joie.
Le roi de Sicile le traita honorablement, lui fît tlons de châteaux et autres lieux , et lui conféra un tel }X)uvoir , que l’amiral pouvait faire et défaire , sur terre et sur mer , tout ce qu’il voulait. Le roi de Sicile fut bien satisfait de l’avoir à son service. Je cesse de vous parler du roi de Sicile et (le l’amiral , pour revenir au roi d’Arragon.