‹ Chronique de Ramon Muntaner (volume 4)Chapitre 69 sur 173 · CHAPITRE CCX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCX

Comment l’empereur de Lantzaura , sachant la venue du mégaduc , traita avec l’empereur de Constantinople ; comment ils tombèrent d’accord, le premier e'tant prêt à faire tout ce qu’on voudrait j et comment U s’entremit entre l’empereur de Constantinople et le mc'gaduc.

Lorsque toute l’armée fut stationnée, il s’en alla avec cent hommes de cheval à Constantinople voir l’empereur, et madame sa belle-mère et sa femme ; et à son entrée à Constantinople , on lui fit de grandes fêtes et de grands honneurs. Et tandis qu’il était à Constantinople, le frère de l’empereur de Lantzaura, qui faisait la guerre à l’empereur de Constantinople » , ainsi que vous l’avez déjà entendu , apprit que le mégaduc était venu avec toute son armée , et regarda sa cause comme perdue. 11 envoya donc sur-le-champ des messagers à l’empereur, et fit tout ce qu’il voulait. Ainsi l’empereur, au moyen des Francs, obtint tout ce qu’il dési-

1. Il s’agit ici de l’expédition entreprise en i3o3 contre Androiiic, par Suvestislavus , nommé par les Grecs Spliendesthlavus, roi de Bulgarie, (f'qy. Ducauge, Bjrsant.^ p. 3ï2 , et Pachymères. )

Chroniques. T. VI. — R, Murtrher. II. 1 f

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raitdans cette guerre. Et quand cette paix lut faite, le mégaduc dit à l’empereur qu’il donnât la paie à sa troupe ; et l’empereur dit qu’il le ferait ; et fit battre monnaie en ducats de Venise , qui valent chacun huit deniers barcelonnais , et aussi il en fit faire qu’on appelait vincilions , et qui ne valaient pas trois deniers chacun. Et il voulut qu’ils eussent cours pour le même prix que ceux qui valaient huit deniers , et il fit dire à chaque franc de prendre aux Grecs les chevjiux, mules, mulets, vivres et autres choses dont ils auraient besoin, et de les payer avec cette monnaie. Ce fut une méchanceté de l’empereur; car il fit naître par là dès ce jour la mésintelligence entre les peuples et l’armée. Or l’empereur désirait que , dès qu’il aurait obtenu ce qu’il voulait par le moyen de la guerre, tous les Francs fussent morts et hors de l’empire.

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