CHAPITRE CGXXIX
Comment le seigneur roi, Nanfos (En Alphonse) d’Aragon , traita de la délivrance d’En Be'ranger d’Entença j comment celui-ci alla vers le |>ape et vers le rm de France , pour les prier de le seconder ^ et comment, sur leur refus, il passa à Gallipoli ; et du différent qui s’e'leva entre lui et En Rocafort.
Je vais à présent cesser quelques instants de voii:< parler de nous, etvais vousentretenird’fln Béranger d’Entenca que les Génois avaient emmené à Gênes.
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A la fin, le seigneur roi d’Arragon le fit délivrer de prison ; et quand ce brave homme fut en liberté, il allatrouver le pape et le roi de France , afin de les engager à donner du secours à notre Compagnie. Il fit de vains efforts ; et il peut bien se faire que le pape et le roi de France ne voulussent pas que tous les infidèles du monde fussent conquis par les bras des hommes du seigneur roi d’Arragon, Ainsi l’un et l’autre refusèrent de lui donner du secours. Ft comme le pape fît savoir sa réponse négative au roi d’Arragon;lorsqu’ilétaitàAlcoyll,vous pouvez voir commentilsvoulaientque la maison d’Arragon allât bienen avantparleur secours. Ce Riche-homme, ne pouvant obtenir de secours du pape ni du roi de France, s’en revint en Catalogne, et engagea et vendit une grandepartiedesesterres.il nolisa un naviro d’En P. Saolivela de Barcelonne; il y mit dessus , entre gens du pays et autres, bien cinq cents soldats, etil allaenRomanie. Quand il fut arrivé à Gallipoli, je le reçus fort honorablement, comme celui que je devais regarder comme chef supérieur ; mais En Rocafort ne voulut point le reconnaître pour chef supérieur; il prétendit que c’était lui qui était chef et devait être chef. Le débat fut grand entre eux. Et moi , ainsi que tous ceux de l’armée, nous arrangeâmes leur different , tellement qu ils furent comme des frères, et que si En Béranger d’Entença voulait faire une incursion , le suivait qui voulait , et de même En Rocafort et En Ferrand Ximenès. Comme En Rocafort étaitun hommehabile, tous les
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almogavares s’attachèrent à lui, ainsique les Turc* et Turcopules, par la raison que ceux-ci étaient venus au temps où En Rocafort était le plus grand et le plus considéré de l’armée ; de sorte que , de là en avant, ils ne connurent que lui p>our chef. Pour traiter de cette paix et concorde entre eux , j’essuyai beaucoup de peine , de soucis et de périls , parce qu’il me fallait aller des uns aux auautres ; et , pour cela , il me fallait passer devant des châteaux ennemis dont nous étions voisins. Que vous dirai -je? En Rocafort, avec les Turcs et et une grande partie de l’almogavarerie , alla mettre le siège devant la cité de Nona , qui était à soixante milles de GaUipoli , et En Béranger d’Entenca alla assiéger un château nommé le Magarix , qui était à la moitié du chemin deGallipoli et du lieu dont En Rocafort avait formé le siège; et EnFerrand Ximenès était avec En Béranger d’Entença , ainsi que tous les Arragonaîs qui se trouvaient à l’armée et une partie des marins catalans ; et chacun d’eux surveillait son siège , et chacun avait des machines pour battre les lieux qu’il tenait assiégés.
CHRONIQUES
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