Saint Louis
2. Charles ne devint qu’aprës son mariage, par un don de saint Louis, comte d’Anjou et du Maine.
3 . Saint Louis épousa, en mai iî 34 , à Sens, Marguerite, fille de Raymond Béranger, comte de Provence.
4. Raymond Béranger I mourut le 19 août 1245, et Charles épousaBathilde, sa troisième fille, le igjanvier \ il\ 6 .
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désira voir sa sœur la comtesse; et ladite comtesse eut le même désir de voir la reine sa sœur ; en conséquence , la reine pria le comte d’amener avec lui sa femme, en France, quand il viendrait en Anjou, parce qu’elle voulait la voir. Le comte et la comtesse y consentirent. Bientôt après, le comte amena sa femme à Paris , où étaient le roi et la reine. La reine fit réunir en leur honneur une cour brillante ; on appela bien des comtes et des barons avec leurs épouses. La cour étant remplie de comtes, de barons, de comtesses et de baronnes, il fut fait un siège pour la reine seule ; et à ses pieds furent placés la comtesse sa sœur et les autres comtesses. La comtesse de Provence fut si fâchée que sa sœur ne l’eût pas fait placer à côté d’elle, qu’elle faillit laisser éclater sa douleur .Après y être restée très peu d’instants , elle dit qu’elle était indisposée , et désirait rentrer en son appartement. La reine ni personne ne put la retenir ; et arrivée chez elle , elle se mit au lit , soupira et pleura amèrement > . Le comte apprenant que la comtesse s’était retirée sans attendre l’heure du repas , en fut affligé , car il aimait sa femme plus que ne pouvait faire aucun seigneur ou tout autre homme; il alla la trouver , et la vit pleurant et
i.Ce même fait est raconté parGiovanni Villani, Hv. V, c. 90, et par la Chronique grecqueque j’ai publiée. 1
de cette collection , pag. 807 et suivantes.
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pleine d’indignation. Pensant qu’on lui avait dit quelque chose d’offensant , il l’embrassa et lui parla ainsi : « Ma chère amie, qu’avez-vous? Vous » a-t-on dit quelque chose qui puisse vous dé- » plaire ? S’il en était ainsi , vous en seriez ven- » gée, quel que fût celui qui vous aurait offensée.»
La comtesse , sachant combien il l’aimait , ne voulut point le laisser dans cette incertitude , et lui répondit : « Seigneur, puisque vous me le demart- » dez , et que je n’ai rien de caché pour vous , » quelle femme au monde doit être plus affligée » que moi , puisque j’ai reçu aujourd’hui le plus » cruel affront qu’une femme de mon rang puisse » recevoir? Vous êtes frère du roi de France, » de père et de mère ; je suis aussi de père » et de mère , la sœur de la reine de France ' ; » et aujourd’hui que toute la cour était réunie , » la reine se plaçant seule sur son siège , m’a » faitasseoir à ses pieds avec les autres comtesses. » Je suis désespérée ; car cela me déshonore. Je » vous en conjure , partons dès demain , rendons- » nous dans nos terres , car je ne puis plus demeu- » rer ici. »
Le comte lui répondit : « Comtesse, que cela ne
I. Ses autres sœurs furent aussi reines, car Eléonore, < deuxième Rlle de Raymond Béranger IV, avait épousé , en 1^36, Henri lit, roi d’Angleterre , etSancie, sa quatrième fille,cpousa, en 1^44 ^ h.ichard, duc de Cornouailles, frère du roi d’Angleterre et qui fut depuis roi des Romains.
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» VOUS afflige pas, puisque l’usage veut, à la cour de » France, qu’aucune dame ne puisse siéger à côté » de la reine, si elle n’estreine elle-même; toutefois » tranquillisez-vous, car je vous jure, et devant la U sainte Eglise , et par l’amour que j’ai pour vous, » qu’avant qu’il soit un an vous serez couronnée » reine , et vous pourrez vous asseoir sur un siège » semblable à celui de votre sœur. Je vous en » fais le serment en apposant mes lèvres sur votre » bouche. »
La comtesse fut consolée en partie ; et quatre jours après elle prit congé du roi et de la reine, et retourna en ^ovence. Le roi fut bien fâché d’un aussi prompt départ. Dès que le comte et la comtesse furent revenus en Provence , le comte Ht armer cinq galères , et alla trouver le pape à Rome ‘ . Le pape et les cardinaux n’ayant pas été prévenus , furent étonnés de le voir ; toutefois on le reçut honorablement, et on lui fît de grandes fêtes. Le lendemain , il fit prier le pape de réunir son collège , parce qu’il désirait l’instruire du sujet de son arrivée. Le pape fît ce qu’il lui demandait ; et quand tous les cardinaux furent arrivés, on lui fit dire de se présenter ; il vint ; on se leva; on lui offrit un siège honorable et digne de lui , et quand tout le monde fut assis, il s’exprima ainsi :
1 . Charles d’Anjou passa en Italie l’an ia65, et fut in vesti du royaume de Naples, par Clément IV.
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