‹ Chronique de Ramon MuntanerChapitre 61 sur 165 · CHAPITRE LUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LUI

Comment les Sarrazint se disposaient à livrer une grande bataille et dc'lruirc la bastide du comte Pallars ; et comment leur projet fut dévoilé par un Sarrazin du royaume de Valence.

Un jour les Sarrazins décidèrent de venir en corps de bataille attaquer la bastide du comte de Pallars et de l’emporter, ou de périr tous. Comme ils avaient pris ceUe résolution, un Sarrazin qui était du royaume de Valence, vint, pendant la nuit, le dire au roi. « Quel est le jour où l’on doit » faire cette attaque? demanda le roi. —Nous sommes » au Jeudi , répliqua le Sarrazin , eh bien , c’est » dimanche prochain qu’ils ont choisi pour leur » expédition, parce qu’ils savent que c’est pour » vous un jour de fête, et qu’ils pensent qu’alors » vous et vos barons vous serez tous à la messe. » Le roi lui dit : « Vas à la bonne aventure j je » te sais bon gré de ce que tu m’as dit ; et tu peux » croire qu’aux lieux où tu es né tu seras enrichi » par nous au-dessusde tes amis. Nous désirons que » tu séjournesparmi ces gens-là, et que lu nous fasses » part de tout ce qu’ils feront; samedi au soir.

(ia«j) DE RAMON MÜNTANER.

» viens nous dire ce qui aura été résolu. — Sei- » gneur, dit-il, je serai auprès de vous. »

Le roi lui fit donner vingt doubles d’or, et il partit. Il ordonna ensuite aux gardes et vedettes qui veillaient la nuit , de laisser passer cet homme lorsqu’il viendrait à eux, etleur dirait : Alfandechl car il était natif de la ville d’Alfandech. Là-dessus il s’éloigna.

Le roi rassembla son conseil et lui fit part de ce qu’avait dit le Sarrazin. Il ordonna à ses vassaux et à ses sujets de se tenir prêts, parcequ’il voulait attaquer les ennemis. Si jamais arme fut joyeuse, c’est celle-là ; car les jours leur paraissaient une année.

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