‹ Chronique de Ramon MuntanerChapitre 67 sur 165 · CHAPITRE LIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LIX

Comment les Sarrazins n’osèrent , de quatre jours , s’approcher d’Alroyll ; et des grandes réjouissances qu’ils firent quand ils surent que les chrc'tiens c'taient partis.

Les Sarrazins voyant les voiles qui étaient sur la mer, crurent que c’était une autre flotte venant au secours du roi d’Arragon. Ils n’osèrent point, pendant l’espace de quatre jours, venir à Alcoyll, crainte de quelque surprise ; enfin , ils s’en approchèrent peu à peu , et étant convaincus que les chrétienss’étaient éloignés, ils firent de très grandes

l58 CHRONIQUE (h82)

fêtes, et se réjouirent beaucoup. Ils s’en allèrent toutefois chacun chez eux, en versant bien des larmes , et déplorant la perte de leurs parents et de leurs amis; et on en parlera long-temps en Barbarie, car ils redouteront plus la maison d’Arragon qu’aucune autre au monde ; mais laissons-les là, et revenons au roi d’Arragon.

Page 1