CHAPITRE LXIV
Comment les habitanU de Messine furent bien fàcbës quand ils virent les almogavares aussi mal accoutre'sj comment les almogavares voyant cela, firent une sortie et tuèrent plus de deux mille hommes dans le camp du roi Charles ; et comment les Messinois furent honteux de leur jugement.
Les almogavares entrèrent de nuit dans la ville; et Dieu sait la joie et le reconfort qui fut chez tous les habitants. Le lendemain matin , les almogavares SC disposèrent au combat. Les gens de Messine les voyant si mal vêtus , les espardilles aux pieds, les antipares • aux jambes , des bonnets en filet sur la tête , se mirent à dire : « A quelle » vaine joie nous sommes-nous livrés? Quels sont » ces gens qui vont nus et dépouillés, sans chausses, » sans dague et sans écu? Nous n’avons pas )> grand’chose à espérer , si toutes les troupes » du roi d’Arragon sont pareilles à celles-ci. » IjCs almogavares , qui entendaient murmurer ces paroles , disaient : « Aujourd’hui , on verra » qui nous sommes. » Ils se firent ouvrir une porte, et fondirent sur l’armée ennemie , avec une telle impétuosité, qu’ils y firent un carnage horrible.