CHAPITRE LXIX
CommPDt le roi Charles se mil à rire quand on lui dit que les galères du roi En Pierre allaient chassant ses galères; et de grand chagrin qu'il éprouva en apprenant que ses galères avaient été prises.
Le roi Charles ayant su que les vingt-deux galères du roi d’Arragon poursuivaient sa flotte , en fut enchanté et se signa, disant : « O Dieu , quels » insensés , qui vont se livrer à la mort ! On a bien » raison de dire que tout le bon sens d’Espagne est » dans la tête des chevaux ; que les hommes n’en » ont point du tout^ mais que les chevaux espa- » gnols sont les meiUeurs du monde. » Le lendemain voyant entrer tant de voiles dans la bouche du phare , lui , le comte de Lanço ' , qui était à Catona et qhi les vit le premier , et le fit dire au roi Charles, crurent que la flotte revenait en ramenant les vingt-deux galères qu’elle avait sans doute prises , et qu’elle était bien aise de présenter au roi Charles. Ainsi crurent le roi et le comte ; mais en voyant toutes ces voiles entrer à Messine, et
I. Pierre, comte d’Alençon , fils de saint Louis, avait accompagné, en laSS , Charles, prince de Palerme, en Pouille, avec Robert, comte d’Artois, et les comtes de Boulogne etDammartin. Il mourut la même année dans le royaume de Naples.
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apercevant ensuite la grande illumination de cette ville, ils demeurèrent stupéfaits; et lorsqu’ils furent certains de la chose , ils dirent : « Qu’est-ce » cela, grand Dieu ! Quelle troupe a fondu sur ^ » nous I Ce ne sont point des hommes , mais des » diables d’enfer. Faites, ô Dieu, que nous ne » tombions pas en leurs mains ! » Je les laisse là avec leur douleur et leur effroi^ et je m’en retourne à la fête de Messine.