LA VISION
n'a entendu ce bruit effrayant ; seul il sort de sa chambre son sabre à la main, car il a vu que le ciel lui envoyait un avertissement de l'avenir.
D'une main ferme il a ouvert la porte de l'église; mais, quand il vit ce qui était dans le chœur, son courage fut sur le point de l'abandonner; il a pris de sa main gauche une amulette d'une vertu éprouvée, et, plus tranquille alors, il entra dans la grande église de Kloutch.
Et la vision qu'il y vit est bien étrange : le pavé de l'église était jonché tle morts, et le sang coulait comme les torrents qui descendent, en automne, dans les vallées du Prologh ; et, pour avancer dans l'église, il était obligé d'enjamber dos cadavres et de s'enfoncer dans le sang jusqu'à la cheville.
Et ces cadavres étaient ceux de ses fidèles serviteurs, et ce sang était le sang des chrétiens. Une sueur froide coulait le long de son dos, et ses dents s'entrechoquaient d'horreur. Au milieu du chœur, il vit des Turcs et des Tartarcs armés avec les Bogou-mili % ces renégats!
Et près de l'autel profané était Mahomet au mauvais œil, et son sabre était rougi jusqu'à la garde, devant lui était Thomas 1er 3, qui fléchissait le genou et qui présentait sa couronne humblement à l'ennemi de la chrétienté.
A genoux aussi était le traître Radivoï4, un turban