‹ Chronique de règne de Charles IXChapitre 83 sur 110 · LES JEUNES GENS · texte numérisé non relu

LES JEUNES GENS

Jeune gens de Vrachina, sellez vos coursiers noirs, sellez vos coursiers noirs de leurs housses brodées : aujourd'hui parez-vous de vos habits neufs; aujourd'hui chacun doit se parer, chacun doit avoir un yatagan à poignée d'argent et des pistolets garnis de filigrane. N'est-ce pas aujourd'hui que le riche bey de Moïna épouse la belle Sophie?

NICEPHORE.

Ma mère, ma mère ! ma jument noire est-elle sellée? Ma mère, ma mère! ma jument noire a henni : donnezmoi les pistolets dorés que j'ai pris à un bim-bachi ; donnez-moi mon yalagan à poignée d'argent. Écoutez, ma mère; il me reste dix sequins dans une bourse de soie; je veux les jeter aux musiciens de la noce. N'est-ce pas aujourd'hui (pic le riche bey de Moïna épouse la belle Sophie?

LES SVATI.

0 Sophie, mets ton voile rouge, la cavalcade s'avance; entends les coups de pistolet qu'ils tirent en ton honneur" ! Musiciennes, chantez l'histoire de Jean Valathiano et de la belle Agathe; vous, vieillards, laites résonner vos guzlas; toi, Sophie, prends un crible, jette des noix \ Puisses-tu avoir autant de garçons ! Le riche bey de Moïna épouse la belle Sophie.

SOPHIE

Marchez à ma droite, ma mère; marchez «à ma gauche, ma sœur. Mon frère aine, tenez la bride du cheval; mon frère cadet, soutenez la croupière. — Quel est ce jeune homme pâle qui s'avance sur une jument noire? pourquoi ne semèle-t-il pas à la troupe des jeunes svati? Ah ! je reconnais Nicéphore ; je crains qu'il n'arrive quelque malheur. Nicéphore m'aimait avant le riche bey de Moïna.

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