SCIATIS
Nos, hujiisce UniFersitatis Rectorem, omnibus consentientibus sociis, pro auctoritate nobis commissa per Regias Litteras datas Westmonasterii, die YlIIdecembris annoreparatse salutis MDCCCLII, decrevisse Semi- NARiUM Minus Sancti Germani de Rimouski, in quo constat supradictas disciplinas optimo et felici exitu tradi, ad affiliationem admittendum esse ; Nosque per lias présentes litteras illud ad affiliationem admittere cum omnibus juribus, privilegiis, lionoribus et obligationibus ad illam juxta hujusce Universitatis Statuta pertinentibus.
Cujus rei quo major esset fides, hisce litteris Sigillo majori Universitatis munitis, Nos et Universitatis Secretarius Chirographa apposuimus, Quebeci, die XYII Aprilis, anno reparatœ salutis MDCCCLXXII.
Thos. E. IIamel a. m.
Eector U. L.
P. Roussel, Ptre.,
Secretarins U. L.
§ 3. Unio7i de j^rières enù'e le Grand Séminaire de Eimouski et celui de Québec,
Le 25 novembre 1873, M. J.-O. Simard, directeur du Grand Séminaire de Eimou8ki, s'adressa au Supérieur du Séminaire de Québec, M. Thomas Hamel, pour obtenir une union de prières entre MM. les Ecclésiastiques des deux maisons.
La demande fut exaucée et M. Cyrille E. Léi^aré, directeur du Grand Séminaire de Québec, écrivit la lettre suivante à M. Simard, et lui envoya en même temps une copie de l'acte d'union.
'• Grand Séminaire de Québec, 1 déc. 1873. " Mon cher confrère,
" Dans une lettre adressée à M. le Supérieur en date du 25 novembre, vous demandez d'établir une union de prières entre les élèves du Grand Séminaire de Eiraoueki et ceux de Québec. Si la réponse a tardé à venir, c'est que nous avons voulu que le louable projet passât par toutes les formalités pour en assurer la perpétuelle exécution.
" Vous trouverez ci-inclus le petit document qui est destiné à resserrer nos liens dans le Seigneur.
" Aussitôt que j'aurai reçu Tacte d'aceeptation de vo.^ élèves, avec ce qu'ils se proposent de faire en retour de nos petites offres de services, je ferai inscrire les deux pièces dans notre règlement.
" Le tout pour la gloire de Dieu et l'avantage de nos deux diocèses."
Je demeure, Votre dévoué confrère, (Signé) Cyrille E. Légaré, Ptre.,
Dir. G. S. Q.
M. J.-O. SiMARD, Ptre.,
Dlr. G. S. Eimouski.
Voici la copie de l'Acte d'Union entre le Grand- Séminaire de Québec et celui de Rimouski :
" Nous soussignés, ecclésiastiques du Grand-Séminaire de Québec, acceptons avec joie et reconnaissance la proposition qui nous est faite de contracter avec Messieurs les Ecclésiastiques du Grand-Séminaire de Rimouski, une union de prières et de bonnes œuvres. En conséquence et du consentement de nos Supérieurs, nous prenons aujourd'hui l'engagement d'être fidèles aux pratiques suivantes, que nous regardons comme conditions de cette union spirituelle de notre part.
'•' Premurement. nous accordons aux membres do
leur communauté, une participation aux faibles mérites de toutes nos prières et de toutes nos bonnes œuvres.
" Secondement, nous communierons à leur intention, tous les ans, le jour de la célébration de la fête de Saint Germain, ou quelqu'un des jours de l'octave.
" Troisièmement j nous réciterons en communauté ou du moins en particulier, l'oraison du Missel, joro devotis amicis : " Deus qui caritafis dona^
" Afin que cette union si avantageuse subsiste toujours, et que les pratiques qui la cimentent soient observées par ceux qui viendront après nous au Grand- Séminaire de Québec, nous avons demandé et obtenu des directeurs de cette maison l'assurance qu'elles seraient maintenues tant qu'on y serait fidèle au Grand-Séminaire de Eimouski.
" Fait au Grand-Séminaire de Québec, le deuxième jour de décembre, l'année de Notre Seigneur, mil huit cent soixante-treize.
Ici suivent les signatures au nombre de 44. (1)
(1) Messieurs F. Gendron, Diacre, J. Dumas, Diacre, Benj. Demers, Diacre, Thos.-G. Kouleau, S. D., James Ballantyne, S. D., C -A. Marois, S. D., L. Mayrand, S. D., Kichard A. Browne, S. D., Lionel Lindsay, Acol., T. Gonthier, Acol., A.- O. Godin, Acol., A. Rhéanme, Eccl., F.-X. Bellay, Eco!., W.-A.
*' Je, soussigné, directeur des signataires, certifie que I le Séminaire de Québec se porte volontiers pour garant de la perpétuelle union de ses élèves ecclésiastiques avec ceux de Saint-Germain de Eimouski, et de l'observation des pratiques mentionnées dans l'acte relatif à la dite union spirituelle, autant qu'il dépendra de lui."
(Signé) Cyrille E. Légaré, Ptre.,
Dir. G. S. Q,
MM. les Ecclésiastiques du Grand Séminaire de Eimouski acceptèrent avec reconnaissance cet engagement de la part de leurs confrères de Québec, et s'engagèrent eux-mêmes aux mêmes conditions par un document daté du 17 décembre 1873, signé par 20 ecclésiastiques (1) et certifié par 31. .T.-O. Simard, leur
McPherson, Eccl., F.-C. Gagnon, Eccl., Matthew Sullivan, Eccl., F.-H. Bélanger, Eccl., J. Edouard Eoy, Eccl., M.-T. Labrecque, Acol., L.-Ern. Nadeau, Acol., Ls.-S. Quézel, Eccl., .J.-A. Gauthier, Eccl., J.-A. D'Auteuil, Acol., J.- EdouarJ Boily, Eccl., Jos-A. Huart, Acol., .J. -B.-E. Audette, Acol., A.-N. Parent, Eccl., J.-Alf. Lépine, Acol., L.- Arthur Caron, Eccl., G.-R. Tanguay, Eccl., Placide Roy, Eccl., Arthur Belleau, Eccl., Alph. Beaudet, Eccl., E.-L. Moisan, Eccl., Ferd. Corriyeau, Eccl., Ed. Lamontagne, Eccl , Geo.-A. Cicolari, Eccl., Michael McKenzie, Eccl., W.-B. McDonald, Eccl., Michael McNamara, Eccl., Edward Walker, Eccl., Michael Laflin, Eccl., .James McLeod, Eccl., George McAulay, Eccl.
(1) Messieurs A.-Ph. Fortier, Diacre, Evagre Côté, S. D., Ls. Paquet, S. D., Ths. Grave], Diacre, Phi. Sylvain, Acol., J.-A.
direcioiir. IIh s'engagèrent à deux communions pai' année, vu qu'ils étaient moins nombreux que ceux du Séminaire de Québec, ces communions devant se faire, la première, le jour de l'Immaculée Conception de la Ste.-Viergo ou dans son octave, et, la seconde, le jour de la Sainte-Famille ou dans l'octave.
Chalifour, Eccl., Jos.-Arth. LeBlanc, Acol., Zébédée Jean, Eccl. R. Beaumont, Eccl., Jean-Bte. Bériibé, Eccl., Ferdinand Pineau, Eccl., A. Carbonneau, Eccl., J.-N. Chrétien, Eccl., Hai-mel Tremblay, Eccl., D. Lebel, Acol., P.-C. Duret, Acol., Josué Paradis, Eccl., Octave Drapeau, Eccl., C.-E. Trudel, Eccl,, E.-O. Cloutier, Eccl.
Le chemin de fer Intercolonial à Rimouski. — Son inauguration. § 1. Le, c/iemin de fer Intercolonial à Rimouski.
Les travaux du chomiu de 1er Intcrcolonial à Eimouski commencèrent dès le printemps de 1869. '
Mgr. de Eimouski, accompagné de plusieurs membres de son clergé et d'un grand nombre de citoyens, se rendit, dans l'après-midi du 2-1 mai 1869, sur le tracé de la nouvelle voie, d'après l'invitation de M. Haycock, contracteur de la section î^o. 5, pour y bénir les nouveaux travaux.
Une plateforme y avait été préjDarée pour la circonstance.
Sa Grandeur et M. Haycock adressèrent successivement la parole à l'assemblée.
Mgr. bénit ensuite la nouvelle voie et enleva la première pelletée de terre.
M. le commandant Lavoie et ses officiers étaient présents à la cérémonie. Sa goélette, La Canadienne,
qui 80 trouviiit on co moment im quiii do Eimouski, faisait retentir, de minute en minute, le grondement (le ses canons, co qui contribua beaucoup à rehausser la solennitéde la fête.
§ 2. So7i Inauguration.
Le 2 août 1873, vers une heure de l'après-midi, un train spécial partit do Eimouski pour St.-Fabien où devait avoir lieu l'inauguration de la section 5me do rintercolonial. Ce mémo convoi était arrivé à la station de Eimouski, depuis dix heures du mémo jour, chargé des paroissiens les plus marquants de l'Ilo- Verte, des Trois-Pistoles, de St. -Simon, de St.-Fabien et du Bic
Plusieurs personnes des campagnes en bas de Bimouski vinrent aussi prendre part à la fèto.
Mgr. de Eimouski, M. le Grand- Vicaire Langevin, ainsi que MM. les curés des paroisses environnantes honorèrent de leur présence cette magnifique réunion.
Le même soir, sur les cinq heures, apparut le même train, emportant environ deux mille personnes venues à cette inauguration remarquable.
Le convoi était à peine arrêté vis-à-vis de la ville
que M. le Maire invita les assistants à acclamer MM. les contracteurs et les ingénieurs.
Après cette démonstration de joie générale, M. Worthington remercia la nombreuse assemblée de son empressement à venir prendre part à une démonstration essentiellement patriotique, et il fit l'éloge de nos hommes d'Etat, qui avaient mené à bonne fin cette grande œuvre nationale.
Evèché actuel. — Chapelle de Ste.-Aiinc à la ruinte-au-Père. — Bénédiction de la première pierre.
§ 1. Evêché actuel.
Les traviiux de l'évèché commencèrent au printemps de 1869, et «c terminèrent le printemps suivant.
M. le Grand- Vicaire en prit possession, au nom de Mgr. de Eimouski, qui se trouvait alors au Concile du Vatican.
Cet évêché n'est que temporaire ; aussi il est à désirer que Monseigneur puisse bientôt avoir les moyens nécessaires pour construire son palais épiscopal.
§ *2. Chapelle de Stc-Anne à la Polnte-au-Père,
La Pointe-au-Père se trouve à l'extrémité est de la paroisse de lîimouski ; c'est une large pointe de terre
qui s'avance dans la mer et qui préseule un coup d'œil ravissant.
On a donné le nom do Pointe-au-Père à cet endroit, comme nous l'avons dit dans notre premier volume, en mémoire d'un de nos hommes apostoliques, le père Henri Nouvel, Jésuite, qui, pour la première fois, célébra la sainte messe en ce lieu, le jour de l'Immaculée Conception, 1663. '
Une chapelle est en voie de construction en cet endroit ; les travaux en ont été commencés au printemps de 1873, sous l'habile direction de M. P.-C.-A. Winter, curé de la Cathédrale.
Mgr. de Eimouski, en permettant l'érection de cette chapelle sous le vocable de Ste.-Anne, a eu certainement en vue d'y voir établir un lieu de pèlerinage en l'honneur de cette grande sainte.
§ 3. Bénédiction de la première pierre.
Le 14 septembre 1873, la Pointe-au-Père fut le théâtre d'une imposante cérémonie religieuse. On voyait les fidèles arriver de tous côtés et se diriger vers un édifice élégant, quoiqu'encore inachevé et que l'on avait décoré de drapeaux et de verdure.
Les avenues étaient bordées d'arbres et un air de juie et de boniieiir semblait briller sur toutes les ligures.
Peu de temps après les vêpres chantées à la Cathédrale, Mgr. de Eimouski et le clergé se transportèrent vers l'emplacement de la nouvelle bâtisse.
Sa Grandeur, revêtu des habits pontificaux, récita les prières du Pontifical, bénit le lieu oi^i devait être élevé l'autel et plaça la pierro fondamentale dans l'angle du côté de l'évangile.
Sous cette pierre fut déposée une fiole en cristal renfermant un parchemin sur lequel se trouve l'inscription suivante :
'' Cette pierro angulaire des fondations de la cha- •• pelle érigée en l'honneur de Ste.-Anne, mère de la " Sto. -Vierge, au lieu appelé la Pointe-au-Père, a été " posée par l'Ill. et Kév. Mgr. Jean Langevin, évêque " de St. Germain de Kimouski, le 14 septembre, 15e " dimanche après la Pentecôte, en la fête de l'Exalta- '' tion de la Ste.-Croix de N. S., l'an MBCCCLXXIII, " vingt-septième du Pontificat de K S. Père le Pape " Pie IX.
" Messire P.-C.-A. Winter étant curé de Saint-
*' Germain, et J.-Blo. Martin, éciiyer, maire de la " miinicipa,lité.
" Le terrain a été donné par les veuves Pierre " Eoiileau et Louis Canuel et leurs ftimilles.
•' Les syndics pour la construction de l'édifice " étaient MM. P. Koulcau, L. Côté, E. Heppcll, L. •' Canuel et G. Banville."
Après avoir accompli la cérémonie solennelle au milieu d'un peuple très-nombreux. Monseigneur adressa la parole à l'assistance pour lui faire connaître sa satisfaction, indiquer l'avantage d'une chapelle en ce lieu, féliciter les promoteurs du projet, les donateurs du terrain et les conducteurs des travaux.
• Sa Grandeur, après avoir déposé son offrande sur la pierre, invita les personnes présentes à venir oifrir leur contribution, les y engageant par le motif d'établir un lieu particulier de dévotion en l'honneur de la grande Ste.-Anne, patronne des navigateurs et thaumaturge insigne du Canada.
Hospice des Sœurs de la Charité à Rimouski et leur noviciat.
§ 1. Hospice des Sœurs de la Charité à BimousJd et leur noviciat.
L'hospice des Sœurs de la Charité fut fondé par Mgr. do Rimouski, le 22 septembre 1872.
Les Sœurs, après leur arrivée à Rimouski, allèrent dans l'après-midi présenter leurs respectueux hommages à Sa Grandeur, et par une heureuse coincidence, on célébrait en ce jour le cinquantième anniversaire de la naissance de Monseigneur et il y avait grande réunion des membres du clergé à TEvêché.
Le 21 novembre, jour de la rénovation de leurs vœux, Monseigneur célébra pour la première fois, la sainte messe, dans la jMense et modeste chapelle de la nouvelle institution.
Comme le tabernable n'était point encore terminé, ces bonnes Sœurs ne purent conserverie St.-Sacrement que le 20 novembre de la même année.
Les premières Sœurs envoyées dans cette nouvelle maison furent : P. Lavignon, Supérieure, dite Sœur Youville, Henriette Pouliot, dite Sœur St.-Paschal, assistante ; C. Bégin, dite Sœur Marie de l'Enfant Jésus, économe ; E.-D. Brochu, dite Sœur Ste.-Anastasie.
Ces Sœurs sont appelées à faire beaucoup de bien, car déjà les malades qu'elles ne cessent de visiter sont nombreux.
Monseigneur vient de leur procurer à Rimouski, un noviciat qui sera la maison-mère ])our le diocèse.
Etendue du diocèse de St.-Germaiu de Kimouski et sa population.— Œuvres diocésaines. — Grande démonstration à Riraouski en l'honneur de Sa Sainteté Pie IX. — Procession solennelle dans la Cathédrale de Rimonski.
§ 1. Etendue du diocèse de St.-Germaîn de RimousU et sa 2)opidatio7i.
Lors de ravrlvé de Mgr. Langevin, le diocèse de Rimonski comprenait une étendue de côtes d'environ 400 lieues.
Les catholiques dispersés au nord et au sud du Golfe, ainsi que le long de la Baie-des-Chaleurs, étaient an nombre de 60,000. •
Le bien spirituel de cette pojnilation, composée en grande partie de pêcheurs, demandait impérieusement la présence d'un Evêquc au milieu d'elle.
Il n'y avait pour desservir cet immense territoire que quarante-six prêtres ; un grand nombre étaient chargés de plusieurs missions, et ne pouvaient suffire aux besoins spirituels de leurs ouailles.
Le diocèse comprenait :
lo. Le district de Gaspé tout entier, formé des comtés de Gaspé et de Bonaventure ;
2o. Le comté de Rimouski, dans le district du même nom ;
3o. Le comté de Témiscouata, excepté les paroisses de St.-Patrice de la Rivière-du-Loup, de St.-Antonin et de Notre-Dame du Portage;
4o. La côte nord du fleuve, depuis la Rivière Portneuf jusqu'au Blanc-Sablon y compris llie d'Antieosti.
^ 2. Œuvres diocésaines.
Un des premiers soins de Monseigneur de Rimouski fut de favoriser les conférences ecclésiastiques, en établissant dix arrondissements, dans les àiiférontes parties de son vaste diocèse, et en présentant pour discussion plusieurs sujets d'Ecriture Sainte, do Théologie dogmatique et morale, de Rubrique, de Rituel et de Cérémonial.
Monseigneur obtint de la fabrique St.-Germain, peu de temps après son arrivée, des terrains pour
l'Evèché, le Couvent des Dames de la Congrégation et le Séminaire.
Sa Grandeur régla la discipline tant par ses ordonnances que par son synode, et s'eftbrça de raviver les œuvres diocésaines : Propagation de la foi, Sainte- Enfance, Denier de St.-Pierre, Fonds de l'Evèché, Fonds du Séminaire, Société Saint-Michel, etc., etc.
Monseigneur s'est employé activement à donner une nouvelle imj^ulsion à la société de tempérance et à l'établissement de bibliothèques dans toutes les paroisses.
Il a rétabli les archiprôtres (1 novembre 1807), et a favorisé de tout son pouvoir l'envoi des zouaves à Eome.
Il a commencé, dès 18G8, à visiter les 23aroisses de son diocèse et a continué tous les ans, excepté lorsqu'il s'en est trouvé empêché par le concile œcuménique du Vatican, auquel il a assisté.
Le premier de tous, il a promulgué les décrets de ce concile dans son Synode et a adressé à tout le diocèse un mandement pour faire connaître les constitutions dogmatiques.
Voici les œuvres de charité que Monseigneur a particulièrement encouragées.
En 1868, les colons de la Rivière-Rouge ;
En 1870, les incendiés dii Saguenay ;
En 1871, les victimes de la guerre de France ;
En 1872, les Sœurs de la Charité de la Rivière McKenzie, la reconstruction de l'église St.- Anne de Beaupré, les missions de la Compagnie de Jésus, en Syrie, le Séminaire des missions étrangères à Paris, etc., etc.
Monseigneur a montré son grand attachement au Saint-Siège, non-seulement en encourageant les zouaves, mais encore en adressant au diocèse des lettres pastorales à l'occasion du 50e anniversaire de la prêtrise de Pie IX (10 mars 1869) ; en prescrivant des prières publiques pour le concile (8 décembre 1868) ; en promulguant les lettres apostoliques adressées aux protestants et autres non catholiques par le Souverain Pontife (26 avril 1869) ; en annonçant le Jubilé à l'occasion de la célébration du concile œcuménique (12 mai 1869) ; en annonçant de Rome l'ouverture du concile (8 décembre 1869) ; en pu. bliant les réponses de la Sacrée Congrégation de la Propagande sur l'instruction publique, pendant qu^il était encoi'e à Rome (24 avril 1870) ; en proclamant les grâces obtenues durant son séjour à Rome (1er
juillet 1870) ; à l'occasion de la prise de Eome par les soldats du royaume d'Italie (23 septembre 1870) ; par la continuation des prières publiques même après la suspension du concile (G mars 1871) ; en établissant dans son diocèse le cérémonial romain autant qu'il l'a pu ; en donnant la retraite ecclésiastique à son clergé tous les ans, comme le Saint Père l'a tant de fois recommandé aux Evêques ; en se prévalant, autant que les circonstances le permettent, de pouvoir donner la bénédiction Papale, avec indulgences ; en favorisant les démonstrations publiques en faveur du Souverain Pontife, etc., etc., etc.
Monseigneur a procuré des reliques à presque toutes les paroisses et les communautés de son diocèse (octobre 1870).
§ 3. (rrande démonstration à Rimouslù en V honneur de Sa Sainteté Pie IX.
Lo 21 juin 1871, les catholiques de St.-Germain de Rimouski, sur l'invitation de leur digne Evêque, chômèrent le vingt-cinquième anniversaire du glorieux règne de Sa Sainteté Pie IX.
La Cathédrale remplie d'une foule émue et atten-
tive, offrait un superbe coup d'œil. Plus de trois mille fidèles étaient réunis dans sa vaste enceinte pour témoigner de leurs profondes sympathies au Souverain Pontife, écrasé sotis le poids des plus douloureuses humiliations, et protester en même temps contre l'usurpation des Etats Pontificaux,
La Cathédrale était parée comme aux grands jours de fête; le chant et la musique, exécutés avec art par les élèves du Petit-Séminaire, ne laissaient rien à désirer.
Les paroles éloquentes de Sa Grandeur et de M. le curé de Rimouski eurent pour effet de porter dans les âmes, la conviction que les catholiques de Eimouski comprenaient les malheurs qui accablaient, en ce moment, le chef vénéré de la sainte Eglise, et qu'ils n'étaient pas demeurés les impassibles spectateurs de ses souffrances.
xiprès l'évangile M. le curé fit l'historique de la fête qui réunissait les paroissiens de Rimouski en un concert unanime de joie et de reconnaissance, prenant pour texte ces paroles :
'' Yoici le jour que le Seigneur a fait; qu'il soit pour vous une occasion de réjouissance et d'allégresse."
Il rappela que SL-Pierre, après av^oir établi 8on .siège à Rome, avait eu le plus long pontificat de tous les papes, puisqu'il était mort l'an GT ; que d'après une croyance populaire aucun autre Souverain Pontife ne devait dépasser 25 ans de règne. Puis il ajouta qu'il était réservé à Pie IX d'atteindre la même époque et d'avoir un autre caractère de ressemblance avec St.-Pierre, car comme lui, il était captif. Dieu lui réservait-il la gloire du martyre comme au chef des apôtres ? S'il ne verse pas son sang, on peut dire avec vérité qu'il en subit toutes les tortures.
Mgr. de Rimouski fit ensuite en termes des plus éloquents, le récit des souffrances du chef de la chrétienté, des persécutions qu'on exerçait contre Sa Sainteté, et des malheurs réservés à cette j)auvre Italie, si ses enfants rebelles persistaient dans leurs mauvais principes. Il ajouta qu'il était à espérer que Dieu se laisserait toucher par les ferventes prièi,:es de ses fidèles serviteurs, et que la Divine Providence mettrait bientôt un terme aux angoisses de notre Pontife, pour qu'il puisse voir, avant de quitter cette terre de larmes et d'épreuves, le glorieux triomphe de l'Eglise.
Ces paroles projioncées avec conviction et sympa-
thic arrachèrent des larmes à tuut l'audi luire, et pruduisircnt la plus vive sensation.
Immédiatement après la messe, la tbtile nombreuse et recueillie se forma en ordre de procession et accompagna dévotement les Saintes Reliques qui avaient été temporairement déposées à l'évèché ; elles furent transportées à la cathédrale.
Les diilérentes institutions et sociétés, entre autres les élèves du Petit-Séminaire, du Couvent des Dames de la Congrégation et de l'école élémentaire do la ville, les Zouaves Pontiticaux, les sociétés de Saint- Vincent de Paul et de la Ste,-Famillej précédées de leurs bannières respectives, assistaient et contribuaient pour beacoup à donner à la procession cette pompe qui jette tant d'émotion dans les cœurs catholiques.
Lestrues St.-Germain et du Marché, dans tout leur parcours, et la place de la Cathédrale avaient été bordées de superbes allées de sapins et de peupliers et pavoisées d'un grand nombre de drapeaux, banderoles, pavillons et portraits religieux du meilleur goût.
Des arches de verdure avaient été érigées de dis-
tance en dislance et ornées de tableaux et d'in^^criptions en harmonie avec la solennité que l'on célébrait. En face du portique de la Cathédrale, une arche grandiose avait été construite par les membres de la Société de Persévérance.
Plus loin, devant l'Evêché, une deuxième arche, par les soins de M. le Grand-Vicaire Langevin, unissant les doux côtés de la rue, avait été érigée avec beaucoup de goût et d'élégance, et était ornée d'un magnifique portrait de Pie IX, entouré de ses armes et d'étendards portant l'inscription suivante :
'' Jubilé de Pie IX." " Yidit annos Pétri."
Ces deux inscriptions étaient surmontées d'un superbe dra])eau pontifical.
Les façades de l'Evêché et du Presbytère étaient décorées avec élégance, On y voyait des fleurs naturelles et artificielles, et dans toutes les fenêtres des inscriptions travaillées avec art et pleines d'actualité ; les dames n'étaient pas étrangères au maniement et au placement de ces articles, avec ce goût exquis, qu'elles seules savent trouver en pareille circonstance.
Dans la même rue et en face du vieux Séminaire, où les professeurs et les élèves de cette belle insti-
tuljuu avaient rivalisé do zèle et d'ardeur, pour ne pas rester en arrière de leur.s émules en cette circonstance, se voyait une troisième arche aux proportions gigantesques, sur laquelle se lisaient ces inscriptions : " Tradiderunt corpora sua in morteui ne servirent idolis." •' Cum palnia ad regnuni pervenerunt Sancti." " Vive le Pape Pie IX."
Le tout était surmonté d'un portrait de Pie IX, au jour de son couronnement, et d'un drapeau pontifical.
A quelques pas plus loin, on lisait sur la façade du vieux couvent des J)ames de la Congrégation de longues et belles inscriptions, sur fond rouge ; en voici quelques-unes ;
" La barque de Pierre peut être agitée, mais non pas périr." " La barque de Pierre porte l'Eglise et ses promesses." " La mémoire du juste est bénie et éternelle." '' Vive Pie IX."
A une certaine distance de là, ou contemplait encore plusieurs arcs de triomphe dont les contours verdoyants et gracieux reposaient agréablement la vue et témoignaient de l'habileté et du goût de plusieurs braves citoyens de Eimouski.
M. Andre-Elz. Gauvreau, régistrateur, et M. le pro-
priétaire de la '• Voix du Golfo,*' avaient manifesté une fois de plus leur zèle bien connu pour tout c© qui touche aux solennités et aux grandes fctes de notre religion et de notre nationalité.
Do distance en distance avaient été déployés au haut des maisons et à travers les rues, un grand nombre de drapeaux aux vives et eplcndides couleurs.
La procession parcourut toutes les rues de la ville.
De retour à la Cathédrale, Monseigneur ^e Rimouski adressa do nouveau la parole à la foule réunie, et après avoir fait ressortir la beauté du culte des Saints, les honneurs que l'on rendait à leurs restes, et la conformité de cette doctrine avec la raison et renseignement évangéliquc, démontra à l'auditoire l'assurance des faveurs sans nombre que leur valait l'entrée des corps des .maints dans leur église et leur paroisse. Pais Sa (Trandour ônuméra les titres que chacun d'eux avait à leur confiance.
La première do ce> reliques et la plus précieuso
était une parcelle do la vraie croix trouvée par Stc.-
Hélène, mère de Ooustantiu ; puis un fragment du
voile qui a renfermé le manteau dô 8t.-Joseph, époux
de la très-sainte Vierge ; un os do St.-Gcrmain, évê-
qne, patron de la cathédrale ; de la poussière de la
prison de Stc.-BUindinc, martyre célèbre, qui a donné son nom à une mission voisine de Rimouski ; une parcelle du tombeau de St.-Louis de Gonzaguo dont on célébrait la fête le jour même ; de St.-François- Xavier, dont la neuvaine est établie dans la paroisse ; de St.-Stanislas Kostka ; des os de St.-Zénon et de quelques-uns de ses compagnons, dont l'un est désigné sous le nom de St.-Félix, représenté par une figure en cire renfermant des portions considérables de son corps, déposé sous l'autel St.- Joseph ; de Ste.-Sabacc et de St.- Anatole ; un fragment de l'autel en bois sur lequel St.-Pierre, chef des apôtres, a célébré la sainte messe, et un morceau de 2)icrrc détaché de la maison de St. -Jean l'évangeliste.
La tigure en cire de St.-Félix est très-remarquable et représente un guerrier portant une blessure sanglante au cou, étendu sur un lit de parade très-riche, et revêtu de la cuirasse et du glaive, ayant près de lui son casque, et portant à la main droite la palme du triomphe. Le brillant brancard sur lequel était placée cette magnifique représentation d'un des 10,203 martyrs des eaux salviennes, était porté par quatre prêtres et escorté par sept zouaves pontificaux revêtus de leur costume.
— 40o.— Cette procession fut des j^lus belles et des plus grandioses, et jamais les citoyens et les paroissiens de Sc-Gcrniain n'avaient assisté à une aussi splendido fête religieuse ; aussi laissa-t-elle dans toutes les âmes un souvenir de douces et saintes émotions.
Chaque famille y avait apporté sa part de dévouement, de générosité et do foi en démontrant par leur empressement à rorncmentation des rues, leur attachement à la personne de l'auguste pontife, chef de notre foi et de l'église catholique.
Le soir sur les huit heures et demie, do brillantes et vives lumières commencèrent à paraître en différents endroits. Bientôt elles augmentèrent en nombre infini, et l'illumination do chaque maison et édifice public devint générale.
Cette démonstration en l'honneur de Notre Saint Père le Pape Pie IX. demeurera à jamais gravée dans le cœur et la mémoire de tous; aussi en conserverontils longtemps le jn-écieux souvenir.
§ 4. Procession aolenneUe dans la cathehrak de JRimousId.
Le 0 du mois de novembre 1873, à l'issue do la grand'messe du dimanche, une grande démonstration eut lieu dans la cathédrale de Bimouski.
Une lettre pastorale do notre vénérable Evêquc, datée du 23 septembre dernier, avait publié IMllocution prononcée par Notre Saint Père le Pape, le 25 juillet de la même année, accordant une indulgence plénière pour le jour que chaque évèque désignerait dans son diocèse, afin d'obtenir que le Dieu de miséricorde abaisse ses regards sur les justes, qu'il se laisse toucher par les ferventes prières de ses serviteurs et qu'il mette fin aux maux sans nombre qui accablent l'Eglise en ce moment.
Le Chef de l'Eglise, dans sa foi admirable et dans sa sublime résignation à la volonté du ciel, prononçait ces belles et touchantes paroles.
" Bien qu'elles soient innombrables et terribles les tempêtes de persécutions et de tribulations qui fondent sur nous, ne perdons pas courage, mais confions-nous en celui qui ne permet pas la confusion de ceux qui espèrent en lui ; car telle est la promesse de Dieu, et elle ne passera pas : '' Parce qu'il a espéré en moi, nous dit-il,*je le délivrerai."
Mgr. de Rimouski, pour correspondre aux intentions du Souverain Pontife, avait désigné l'un des dimanches des mois d'octobre ou de novembre, comme celui où devait être fait dans chaque église, une pro-
cession solennelles avec les saintes reliques ou la statue de Marie Immaculée.
A la cathédrale où les ornements sont nombreux, la procession fut vraiment remarquable. Le clergé était précédé des membres des différentes associations et confréries avec leurs bannières respectives : les élèves du Séminaire et du couvent de la Congrégation, les enfants de Marie, les Dames de la Ste.-Famille, la société de persévérance, l'union de St.-Vincent de Paul et la société de tempérance. Cette dernière société était représentée par douze conseillers, tenant en mains leur croix noire, d'après l'invitation de Mgr. de Ei mou ski.
Les reliques portées par plusieurs prêtres revêtus des ornements sacrés étaient les suivantes :
La vraie croix; St.-Josepli, épouxde laSte.-Yierge ; 8t. -François-Xavier, apôtre des Indes ; St.-Louis de G-onzague ; de Stanislas Kostka ; Ste.-Blandine, martyre ; St.- Jean, apôtre et évangéliste ; St.-Pierre, chef de l'Eglise ; plusieurs compagnons de St. -Zenon ; St.- Anatole ; Ste.-Sabace, martyre ; Ste.-Anne, mère de la Ste.-Vierge ; St.-Zénon, martyr.
Toute la foule était vivement imiH'Cssionnée et priait avec ferveur ; l'on remarquait cela surtout
dans le chant des litanies des Saints, supplication sî imposante.
La même cérémonie et les mêmes prières eurent lieu dans toutes les églises ou chapelles du diocèse. Nous voudrions pouvoir rendre les expressions énergiques de notre Kvêque dans Tallocution qu'il adressa à son peuple ; reproduire le tableau saisissant des souffrances des ministres de Dieu dans presque tous les pays de l'Europe, des injustices, des spoliations inouïes, des iniquités de toute esj^èce que commettent les puissants de notre siècle, l'hypocrisie surtout du gouvernement subalpin qui, tout en prétendant garantir la liberté de l'Eglise do Eome par une loi, la persécute de la manière la plus horrible, dépouillant les églises, les monastères, chassant leurs paisibles habitants sans forme de procès et uniquement en vertu du droit du plus fort.
Sa Grandeur parla en termes vraiment éloquents, impressionna vivement son auditoire et termina son discours par ces paroles :
" Le jour de la rétribution viendra pour eux, et le Dieu patient leur adressera sans doute et bientôt l'apostrophe par laquelle il avait foudroyé les pharisiens : " C'est par le fruit qu'on connaît l'arbre : race
do vipères, comment pouvez-vous dire de bonnes choses, vous qui êtes ])ervers. Puissent les épreuves de l'Eglise approcher de leur terme ! Puisse surtout le vénérable pontife que la providence conserve d'une manière pour ainsi dire miraculeuse voir de ses yeux l'abaissement dos ennemis de Jésus-Christ et l'exaltation de son épouse, la Stc.-Eglise. Alors que le délai accordé par la miséricorde divine sera passé, les ennemis de l'Eglise seront balayés comme la poussière par un vent impétueux."
Acte pour incorporer la ville de St.-Germain de Rimouski. — Naufrages à Rimouski.
§ 1. Acte 2)onr incorporer la ville de St. -Germain (le Eimoushi.
La YiUe de St.-CTermain de Himouski fut incorporée sous ce titre, par un acte de la Législature, le 5 avril
" Attendu que les habitants d'une partie de la paroisse de Saint-Germain de Rimouski, dans le Comté de Rimouski, bornée comme suit, savoir : ••' En front " au fleuve Sl.-Laurent ; en arrière à une ligne droite '' tirée par un arpenteur, à angle droit sur la route de " l'Eglise, à une distance de^douze arpents du dit '• fleuve ; au sud-ouest à la terre de Germain Langis, '' et à l'emplacement et demeure de François-Magloire " Derome, écuyer, inclusivement ; au nord-est à la '* terre d'Hubert St. Laurent, aussi inclusivement," ont, vu l'accroissement de la population qui habite le
territoire ci-dessus désigné, et hi nécessité pour elle de former une corporation, demandé l'érection du dit territoire, comprenant le village de Saint-Germain de Eimouski, en une ville devant avoir et porter le nom de " Yille de Saint-Germain de Rimouski," et qu'il est à propos d'accéder à leur dite demande ; Sa Majesté, par et de l'avis et du consentement de la Législature de Québec, décrète ce qui suit :
•^ 1. A compter de la passation du présent acte, le territoire ci-dessus décrit sera et formera une ville sous la dénomination susdite de •• Ville de St.-Germain " de Eimouski," et les habitants résidant dans le dit territoire formeront un corps politique et incorporé distinct des municipalités du comté de Eimouski et de la paroisse de St.-Germain de Eimouski, et, comme tels, ils auront succession perpétuelle et un sceau commun, avec les pouvoirs et privilèges attribués aux municipalités de ville par le chapitre vingt-quatre des Statuts Eefondus pour le Bas-Canada ; et les dits pouvoirs et privilèges seront exercés par la Corporation de la dite Yille de Saint-Germain de Eimouski et en son nom.
" 2. La corporation sera représentée par un conseil composé de la manière prescrite par la loi ci-dessus
indiquée, et le dit conseil sera en conséquence appolo " Le conseil municipal de la ville de St.-Germain de " Eimouski," et exercera les pouvoirs attribués parla dite loi aux conseils de^^ autres municipalités de la province.
" 3. La première élection générale des conseillers de la dite ville aura lieu dans les limites d'icelle, pendant le mois qui suivra la passation du présent acte, après avis légalement donné, conformément aux dispositions du chapitre vingt-quatre des dits statuts refondus, et sera, par rapport aux élections subséquentes, considérée comme ayant eu lieu le second lundi de janvier mil huit cent soixante-et-neuf, et les élections générales suivantes, auront lieu aux époques, et en la manière prescrite par la dite loi.
•• 4. Le secrétaire-trésorier de la municipalité actuelle de St.-Germain de Rimouski, fournira, sous huit jours, au régistrateur du second district d'enregistrement du comté de Rimouski, sur demande par lui faite, une vraie copie dûment certifiée de la partie du rùle de cotisation de la dite municipalité qui contient les noms des francs-tenanciers et chefs de famille cotisés sur icelui, à l'égard des biens-fonds situés, en totalité ou pour partie, dans les limites de la dite
ville, et le montant do la valeuv cotisée de tels biensfonds, à raison desquels les dits francs-tenanciers sont respectivement cotisés au dit rôle : le dit extrait devant servir à la dite élection et à toutes autres tins de droit.
'• 5. La corj)oration de la dite ville sera chargée, conjointement avec la municipalité de St. -Germain de Rimouski, d'entretenir convenablement et de reconstruii'e quand il en sera besoin, à frais communs, le pont existant actuellement sur laEivièredeEimouski, lequel sera leur propriété commune ; et, il leur sera loisible de nommer des arbitres pour décider tous différends que leurs obligations respectives à cet égard pourront faire surgir entre elles.
" G. Bans le Cas où les dites deux municipalités ne s'accorderaient pas ensemble sur la nécessité d'un arbitrage, il sera loisible à l'une d'elles de nommer un arbitre et de requérir en même temps la municipalité qui s'y refusera, d'en nommer un de sa part, sous huit jours de l'avis qui lui aura été signifié à cet effet, accompagné de telle nomination faite par écrit.
" 7. Si la municipalité ainsi mise en demeure négligeait ou refusait d'agir, la municipalité, au nom de laquelle aura été faite ladite sommation, pourra, ledit
délai passé, ou au défaut de celle-ci, le secrétaire-trésorier en son nom, présenter à la Cour Supérieure siégeant 2)0ur le district, ou, en vacance, au protonotaire de la dite Cour, une requête duement signitiée au l)réalable à la partie intéressée, aux fins d'obtenir, sur l'allégué des faits, la nomination de l'arbitre refusé, pour l'objet susdit.
•• 8. Tous arbitres nommés, soit par le juge ou le protonotaire, ou par les dites municipalités, ellesmêmes, procéderont à rendre leur sentence arbitrale dans rintervalle de dix jours francs de la date de leur nomination, comme susdit ; ils auront, pour assigner les témoins à comparaître devant eux, s'il est nécessaire, et pour les y contraindre, s'il en est besoin, ainsi ([lie pour obtenir la production de tous documents ou papiers dont il leur serait expédient d'avoir communication, tous les pouvoirs et l'autorité des Juges en pareil cas, et ils prêteront serment, avant d'agir, entre les mains du dit protonotaire, ou d'un commissaire de la Cour Supérieure ; mais, pour le cas de partage d'avis, il leur sera adjoint par l'acte même de nomination provenant, soit du Juge, du protonotaire, ou des municipalités elles iiiêmes, un tiers-arbitre pour les dépai'tagcret s'entendre à la majorité des dits arbitres et tiers-arbitre.
" î). La scnlciicc des deux arbitres, ou celle de l'un deux et du tiers-arbitre, sera par eux immédiatement déposée au bureau d'un notaire résidant dans les limites de la dite ville, lequel gardera la dite sentence comme minute, à titre de dépositaire légal d'icelle, à l'effet d'en délivrer des copies dûment authentiquées, à demande, aux parties à ce intéressées.
" 10. vSi, après huit jours de la signification de la dite sentence arbitrale à la municipalité en défaut, cette dernière refusait ou négligeait de s'y conformer, il sera loisible en ce cas à l'autre municipalité, de faire exécuter les choses ordonnées et les travaux prescrits par la dite sentence, sauf à elle, son recours devant toute cour de justice compétente, contre la municipalité refusant d'agir, en répartition du coiitdc la part des dits travaux que celle-ci devait être tenue de parfaire à ses propres frais.
'' 11. Toutes significations d'avis, de demandes ou do papiers quelconques, par une municipalité à l'autre se feront par huissier ou par autre personne raison, nable, laquelle en fera rapport sous serment, si elle en est requise, et les dites significations, quand elles seront faites au maire ou au secrétaire-trésorier de la
municipalité à qui elles auront été adicssée^> le seront valablement et auront leur plein effet légal.
'' 12. Tout conseiller actuel de la iiiunicipalité de St. -Germain de Eimouski, qui réside dans les limites do la dite ville, cessera d'être conseiller à compter do la passation du présent acte, et les officiers du dit conseil no percevront aucune taxe imposée par lui pour la présente année, sur les immeubles ou parties d'immeubles situées dans les dites limites."
§ 2. J^auf rayes à Eimouski.
Le 3 décembre 1832, quatre gros vaisseaux, avec chargement complet pour l'Angletterre, furent saisis pai* la glace vis-à-vis de Eimouski, par une de nos froides nuits d'automne. La barque Mary Ami and Jane, le navire Moimtaner, le brig James Lungton et la harqne Emerald ; de ces quatre vaisseaux, un seul la Mary Ann and Jane, put se dégager de la glace, et arriver à bon port dans le mois de février suivant. Le nQ.\\YQ Mountaner lit côte au Cap-Chat et fut complètement perdu. Le brig James Lungton alla se briser sur la Poinle-au-Père, et la barque Emerald, après avoir été entraînée Jusqu'à Tartigou, remonta
s'échouer à Sto.-FIavic, vis-à-vis de rciidroit où est aujourd'hui l'église.
Trois des marins de cette derniè)-e barque voulant échapper à une mort certaine, débarquèrent sur les glaces pour atteindre le rivage de Sandy Bay. Mais malheureusement, comme ils étaient sur le point de mettre le pied sur la rive tant désirée, le vent s'éleva et sépara la glace du rivage ; ils essayèrent, mais en vain, de regagner le vaisseau. Il fallut donc se résigner et attendre une mort des plus affreuses et des plus cruelles. Ces trois pauvres malheureux passèrent ainsi six jours et six nuits sur la banquise, entraînés par les vents, jusqu'au Cap Chat. Le soir de la cinquième journée, le vent d'est s'étant pris à souffler avec violence, ils remontèrent jusqu'au Bic où ils furent sauvés le lendemain, ayant chacun les mains et les pieds gelés.
En juin 1837, la bai-quc United KingUorn, en chargement à Ilimouski, fut jetée à la côte par un fort vent du nord-est, et mise à flot quelques semaines plus tard ; elle n'avait éprouvé que peu de dommages.
En octobre 1840, un autre vaisseau, ayant nom Prince Georges, en chargement aussi à Eimouski, fut jeté à terre ]nu' une tempête du nord-est.
Il fut relevé et mis en hivernement au Euisseau à la Loutre (Ste.-Luce), d'où il repartit le printemps suivant pour l'Europe. Dans cette même tempête, un autre navire, British Mer chant, vint s'échouer près du Prince Georges, et devint la proie des flammes dans l'espace de deux heures, deux jours après son naufrage.
En novembre 1853, le navire J.-K.-L., engagé dans la glace depuis plusieurs heures, fut atterrit en dedans de l'Ile St.-Barnabé, après avoir été abandonné do son équipage. Il y hiverna et fut relevé le printemps suivant.
Dans la nuit du 1er novembre 1870, par une furieuse tempête, le navire Elxtrick, en chargement â Eimouski, fut jeté sur l'Ile St.-Barnabé, du côté nord et se perdit complètement.
Ces naufrages heureusement pou nombreux nous prouvent, une fois de plus, l'urgente nécessité d'un havre de refuge, soit à la Pointe-au-Père, soit à la Pointe-à-Pouliot. Il est à espérer que bientôt nous en verrons commencer les travaux. Un havre en ces endroits, sûr et commode, serait de la glus grande utilité pour les marins.