‹ Chronique de Rimouski [microforme] (volume 2)Chapitre 41 sur 45 · A. TALBOT · texte numérisé non relu

A. TALBOT

“ G, A. BizLy, « F, M. DÉrRoMe.

“ Saint-Germain de Rimouski, le 16 mai 1867.”

‘“ Messieurs les membres du Barreau de Saint-Germain de Rimouski,

‘ Il m'est particulièrement agréable, à mon arrivée dans le lieu de ma résidence épiscopale de recevoir d'un corps aussi distingué et aussi éclairé que celui du Barrcau, une adresse couchée en tormes si flatteurs

et si propres à consoler le cœur d’un évêque.

‘ Appelé par état à défendre les principes du droit, vous sentez que les lois humaines n’ont de base solide qu'autant qu’elles sont le reflet de la loi éternelle et divine. Avec une sincérité et une hardiesse qui vous honorent, vous vous offrez à aider à la propagatlon de la vérité et du bien parmi toutes ïes classes de la société ; vous mettez vos efforts et votre voix au service de la sainte cause de l'Eglise. Messieurs, j'accepte vos offres avec empressement et bonheur, et je vous dirai avec une franchise égale à la vôtre, que j'attends beaucoup de votre légitime influence pour la moralisation du peuple, et que j'aurai toujours le plus vif plaisir à vous voir lui donner l'exemple d’une foi profonde, jointe à la pratique de toutes les bonnes

œuvres.

‘ En finissant, je souhaite, messieurs, que toujours

vous soyez persuadés que le salut du peuple canadien

dépend de son union intime avec son clergé, de son respect pour ses prêtres, de son attachement inviolable à la religion de ses pères. Tous mes actes auront pour but de cimenter de plus en plus cette belle union qui a fait notre force dans le passé et qui nous conser-

vera dans l’avenir comme nation.

À la suite du Barreau, les militaires de la compagnie des Chasseurs de St.-Germain voulurent prendre part à la joie générale et protester aussi de leur obéissance à la hiérarchie ecclésiastique. Excellente tenue, beaux hommes, bons supérieurs, j'ai rarement rencontré dans le cours de ma vie d'’offcier, un corps volontaire

mieux discipliné et mieux commandé.

Monseigneur,

‘“ Aujourd’hui que toute la population de St.-Germain de Rimouski accourt en foule auprès de Votre Grandot: pour lui manifester les sentiments sympathiques qui l’animent, nous, les Officiers et soldats de la Compagnie des Chasseurs Canadiens, nous nous estimons heureux de venir déposer aux picds de Votre Grandeur nos respectueux hommages, nos plus sin-

cères félicitations, et lui exprimer toute la joie, toute

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la satisfaction que nous ressentons, en voyant monter pour la première fois, sur le trône épiscopale de St. Germain de Rimouski, un prélat dont les vertus et les qualités éminentes nous promettent pour l'avenir un bonheur sans mélange

‘ Oui, Monseigneur, nous nous livrons en ce jour à la plus vive allégresse, en voyant apparaître Votre Grandeur au milieu de nous; car la renommée nous a déjà appris qu’elle a toujours favorisé les actions grandes et nobles qui élèvent les nations et soutiennent les empires. Nous savons combien Elle s'intéresse à ce mouvement patriotique qui a fait prendre les armes à l'élite de la jeunesse canadienne; nous savons combien Elle l’a encouragé ; les éloges prodigués aux élèves de l'Ecole Normale dans les journaux publics, touchant leurs progrès dans la science des armes,

parlent assez éloquemment.

“ Nous espérons donc avoir une part à l'intérêt et au bienveillant encouragement de Votre Grandeur, dans nos efforts pour nous perfectionner dans cet art

si nécessaire à l’époque où nous vivons.

‘“ Comment, en effet, ne pas tout espérer désormais do Votre Grandeur, sachant que la Religion et la Patrie

sont sœurs ! Notre Patrie, nous l’aimons : nos armes

en font foi. Notre Religion, nous l’aimons! Mais des faits conviennent mieux que des paroles, et nous espérons, Monseigneur, que notre conduite sera telle, que Votre Grandeur puisse toujours nous dire : Je

suis content de vous.”

“ Que Votre Grandeur daigne agréer les faibles expressions de nos sentiments, et qu'Elle daigne aussi

répandre sa bénédiction sur nous ct sur nos armes.

‘ Capitaine E. MARTIN, “ Lieutenant E. LEPAGE, ‘“ Enseigne ABRAHAM LEPAGE.

(41 sous-officiers et soldats.) “ Rimouski, le 15 mai 1867.

« Officiers, sous-Officiers et soldats des Chasseurs

Canadiens de St.-Germain de Rimouski,

“ Votre évêque a du plaisir à recevoir votre chaleu-

reuse adresse, si pleine de sentiments d’un véritable

patriotisme et d’une religion sincère.

‘“ Vous aimez votre patrie terrestre, vous lui offrez

le secours de vos bras ; au besoin, vous seriez prêts à

renouveler les hauts faits de vos valeureux ancêtres.

PS

Mais, mos amis, vous n'oubliez pas qu'il est une autre patrie, encore plus noble, encore plus belle, la patrie céleste, et que, pour en faire la conquête, il faut soutenir des combats quelquefois bien rudes contre les passions et les tentations. Jeunes gens de Rimouski qui formez cette belle compagnie volontaire, vous êtes l'espérance de cette paroisse ; son avenir est en grande partie entre vos mains. Tout en vous montrant soldats bravos ct intrépides, soumis et disciplinés, vous avez surtout à cœur d’être constamment des chrétiens fervents, des catholiques exemplaires, Ayez confiance dans votre évêque, donnez-lui votre affection ; il veut être pour chacun de vous, un père plein de sollicitude

et d’indulgence.

“ Vous avez bien voulu, mes enfants, faire allusion à l'intérêt que j'ai pris aux progrès de l’art militaire dans l'institution que je dirigeais. C’était un devoir pour moi, un devoir d'état, un devoir de patriotisme : car j'avais vu avec satisfaction, chez notre jeunesse si vaillante, cette ardeur guerrière qui distinguait nos pères et qui semblait sommeiller depuis quelques années. Puissiez-vous n'avoir jamais occasion de la déployer sur un champ de bataille ! Mais, à votre tenue si remarquable, à votre apparence si martiale,

je ne doute pas que si la patrie vous appelait jamais à

sa défense sous vos chefs habiles, vous ne fissiez hon-

neur à votre pays et à votre nom.

& La bienvenue venait d’être donnée à Monseigneur

par la population qu'il allait désormais guider vers le jugement de Dieu. Il ne lui restait plus qu’à se rendre dans la salle du réfectoire, pour assister au banquet qui l’y attendait. Les écoliers, dirigés pur le goût distingué de M. l'abbé Colfer, avaient contribué

eux-mêmes à l'érection des dômes de verdure qui décoraient l’entrée du collége et à son ornementation ; la salle du repas était merveilleusement décorée, ses murs offraient à l’œil de délicates peintures à fresques, exécutées par un des élèves, M. Bouillon, un véritable artiste, celui-là, et, au milieu de toutes ces féeries, le doyen du clergé du nouveau diocèse, M. l'abbé Marceau, s'avançant au nom de ses confrères, félicita Monsei-

gneur de son élévation à l’épiscopat.

Le clergé à Sa Grandeur Monseigneur Jean Langevin, Evéque de Rimouski.

‘“ Monseigneur,

“ Ence jour solennel, où tous les cœurs semblent venir à vous pour vous féliciter de votre heureuse

arrivée au milieu de nous, il n’est pas moins flatteur

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se

qu'honorable pour moi, d’être, à cause de mon âge avancé, chargé de présonter à Votre Grandeur les hommages et les vœux du clergé de Rimouski ; et le tribut de vénération que nous nous empressons de vous rendre, n’est qu'une faible expression de notre zèle et de nos désirs. Quelle satisfaction pour nous, quel bonheur pour la paroisse de Rimouski et pour tout le peuple de recevoir aujourd’hui, au milieu des acclamations et des bénédictions publiques, son père, son évêque ; un évêque tel que St. Paul le demandait dans la ferveur de la primitive église, qui, par ses vertus, son zèle pour notre sainte religion et sa science, a été jugé digne et très-digne, par tous les Evêques de la Province, d’ètre élevé à la gloire de l’épiscopat, et d'occuper le nouveau siége épiscopal de St.-Germain de Rimouski !

% Oui, Monseigneur, c’est cet esprit de piété et de zèle pour le culte de Dieu qui vous à conduit aujourd’hui au milieu de nous, pour prendre possession de votre nouveau diocèse, et, comme le bon Pasteur, pour y conduire et paitre le troupeau qui vous a été confié. Vous serez donc pour nous le modèle de toutes les vertus, que vous ne cosserez de nous recommander. Vos paroles, toujours dictées par la bonté et la sagesse,

seront pour nous des oracles. Et notre vénération et

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notre confiance vous répondent d'avance de notre souscription. Hourcux, Monscignour, si nous pouvons nous flatter d'obtenir votre approbation, et d’avoir part à votre estime, autant que nous sommes jaloux de la

mériter.

“ IL est bien vrai que ce n’est pas sans regrot que nous avons été séparés de l’archidiocèse de Québec, là où nous avons nos sympathies, nos amis, et la maison charitable qui nous a donné notre éducation, mais surtout nos vénérables Evèques, de qui nous avons reçu l’onction sacerdotale, et dans les mains desquels nous avons tant de fois renouvelé nos promesses cléri-

cales et reçu d’eux le baiser d'amour et de paix.

“ Mais rendons grâces aux soins aimables d'une providence attentive et bienfaisante, qui veut bien consoler notre douleur, en nous accordant un nouveau Pontife selon le cœur de Dieu et selon le nôtre, qui a eèté formé, comme nous, par les dignes prélats que nous regrettons et qui en sera au milieu de nous une

image vivante.

“ Soyez done le bien venu, Monseigneur ; si le commencement d'un nouveau diocèse vous paruit pénible et dificile, nous espérons cependant que

celui de Rimouski vous donnera quelque consolation.

Vous trouvez ici une magnifique Eglise qui sera votre cathédrale, un collège qui déjà promet beaucoup par le zèle et l’activité de ses jeunes fondateurs, et qui prospérera davantage sous votre direction, un couvent bien fondé qui fait honneur aux citoyens do Rimouski et aux dames chargées do l'Education des élèves. Vous trouverez un peuple bien formé, qui s’est toujours montré docile à la voix des vénérables pasteurs qui l'ont conduit jusqu’à présent dans los voies du salut, un clergé, excepté l’humble serviteur qui vous parle, jeune et vigouroux, et assez nombreux à présent pour les besoins de votre diocèse, et qui s’efforcera, j'espère,

d’alléger votre fardeau.

‘ Puissent, Monsocigneur, ces vifs sentiments d’amour et de confiance nous mériter toujours l'honneur de votre bienveillance et de votre protection! Puisse le ciel exaucer nos vœux et prolonger au gré de nos désirs votre règne et vos années, pour la gloire de

Dieu et notre bonheur.

“ Messieurs les membres du clergé de Rimouski, “ Parmi les adresses que je reçois à l’occasion de

ma promotion à ce siège épiscopal, aucune ne saurait

m'être plus agréable que celle de mon vénérable clergé. Rien, en effet, ne peut autant réjouir le cœur d’un évêque, que d’entendre ceux qui doivent être ses collaborateurs et ses auxiliaires dans la grande œuvre du salut des âmes, l’assurer de leur respect et de lour confiance, et faire des vœux ardents pour le succès de son administratien. Plût au ciel, Messieurs, que je ne méritasse les éloges que vous me donnez avec tant de bienveillance et de délicatesse, par la voix de votre digne et respectable doyen ! Mais ils ne me font que mieux comprendre ce qui me manque.

‘“ Les hommes du monde n’envisagent souvent que l'extérieur des choses. Apercovant l’évêqueenvironné de beaucoup de pompe et de splendeur, l’objet de bien des hommages et dos égards, ils se laissent prendre à ces dehors brillants, et s’imaginent que l’épiscopat est une position toute d’honnour et digne d'envie. Mais vous, Messieurs, vous, hommes de Dieu, hommes de foi, vous voyez d’un œil bien différent, la situation du Pasteur chargé de la conduite de tout un diocèse. Vous sentez qu'à côté de l'honneur est la responsabilité, l'immense, l’épouvantable responsabilité. Sans doute, ilfaut compter sur le secours de Dieu, et c’est bien là le seul, l’unique motif d'encouragement. Ah !

Messieurs, comme de charitables Cyrénéens, aidez-moi

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à porter la lourde croix qui vient de m'être imposée. Travaillons tons ensemble à nous sauver en sauvant

nos frères.

“ Vous rogrettez avec raison d’être soustraits à la douce, à la paternelle direction de votre bien-aimé Evèque de Tloa. Personne cependant n’a plus de raison de le regretter que moi-même. Combien je suis peu préparé à le remplacer vis-à-vis du clergé et des fidèles ! Mais adorons les décrets de la Providence, acceptons généreusement les services qu’elle nous demande, et tâchons, par notre fidélité à nos devoirs réciproques, de mériter qu’elle ne se serve de nous que

pour procurer la gloire et le bonheur de son Eglise.

Il était bien naturel que les élèves vinssent après les maîtres, et l’on jugera avec quelle heureuse modestie et quelle exquise délicatesse, les traits princi-

paux de la carrière de leur prélat furent rappelés.

“ Monseigneur,

Les représentants des divers ordres do la société viennent de vous exprimer à l’envi les sentiments de

bonheur que leur cause l'arrivée de Votre Grandeur

asc

dans ce nouveau diocèse : comme diocésains, nous avons applaudi de tout notro cœur à ces sentiments si justes, si légitimes. Maïs, dans une fête de famille, après les aînés, vient le tour des cadets; c'est à ce titre que nous demandons la liberté d'approcher de Votre Grandeur; c’est comme élèves du collége de Rimouski que nous venons vous présenter nos hommages, et redire tout ce que nos jeunes cœurs ressentent de vive allégresse, en ce jour mille fois béni, et qui fera epoque dans les annales de cette institution.

‘ Enfants d’une maison que nous aimons, nous ne pouvons demeurer étrangers à tout ce qui peut contribuer à son développement ; or, votre élévation à la dignité de prémier pasteur de ce nouveau diocèse a fait briller sur cette jeune institution les premières lueurs d’une prospérité nouvelle. Commencée, il y a à peine cinq ans, elle ne s’est maintenue que par l'énergie, le zèle et le dévouement infatigable de celui qui a présidé à sa fondation, et par l’encouragement que lui a donné, dès son début, celui que naguère encore, dans notre reconnaissance, nous appelions notre père, et que l’archidiocèse de Québec est si fier d’avoir pour premier Pasteur. Aujourd’hui, il est heureux d’avoir encouragé cette maison, et plus heu-

reux encore de confier, entre des mains si habiles, ce

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grain de senevé qui doit, sous votre vigilance pastorale, devenir un arbre vigoureux qui, nous l’espérons,

portera bientôt d'heureux fruits.

Nous avons remarqué, Monseigneur, en étudiant l’histoire, que la divine Providence prépare d'avance ceux qu’elle destine à de grandes choses. Elle les conduits, pour ainsi dire, par la main, jusqu’à l’entier accomplissement de ses décrets éternels, et c'est ce que nous voyons aussi en parcourant les différentes phases de la vie de Votre Grandeur. Destiné par Dieu à la sublime fonction de premier Evèque de ce diocèse, où vous auriez tout à organiser, il vous prépare à ce poste éminent par les diverses charges que vous avez eues à remplir, et où, qu’il nous soit permis de le dire, vos talents administratifs, vos vertus sacerdotales et civiles ont toujours brillé du plus vif éclat: le vénérable séminaire de Québec, les paroisses de Ste. Claire et de Beauport, et surtout l’Ecole-Normale, sont les glorieux témoins de ce que nous avancons. Aussi, Monseigneur, soyez en persuadé, votre promotion à l’épiscopat n’a surpris personne, si ce n’est vous-même. Tous, dès que la division du diocèse fut un fait accompli, vous

désignaient comme devant être le premier Evèque.

Et ici, c’est bien le cas d'appliquer cet adage dont

on abuse si souvent: ‘“ Vox populi, vox Dei.” Cette voix de Dieu n'a pas tardé à se faire entendre; elle s'est manifestée par le choix qu'a fait de Votre Grandeur l’Immortel Pie IX, qui occupe si glorieusement la chaire de Pierre, et qui sait si bien découvrir le vrai mérite, quelque soin qu'il prenne de se cacher. Vous êtes donc l'Elu de Dieu, l’oint du Seigneur. Hâtons-nous de vous dire comme tel: Benedictus qui

venit in nomine Domini,

‘ Sans doute, Monseigneur, l'Episcopat estun fardeau redoutable; et si vous n’eussiez écouté que vos goûts pour la vie cachée, si l’obéissance au Chef-Suprème de l'Eglise n'eut pas été chez vous la première des vertus, vous eussiez refusé cette charge sublime; mais Dieu le voulait, ct dès lors vous avez fait un généreux sacrifico de vos goûts et de votre volonté, comptant, avec droit, sur la protection divine etsur l’amour, le respect et l’obéissance d’un peuple qui vous appelait de ses vœux.

‘# Pour nous, Monseigneur, sur qui votre sollicitude Pa....sle voillera d’une manière spéciale, nous nous efforcerons de nous rendre dignes de cette faveur par la pratique constante des vertus, par notre application

à l'étude, par notre respect et notre amour filial.

Nous en prenons aujourd'hui le solonnel engagement.

Parmi les inscriptions qui décorent aujourd'hui cette salle, il en est une qui nous a vivement frappés : Habebitis hanc diem in monumentum ! Oui, Monseigneur, il sera pour nous à jamais mémorable le jour qui nous donne dans votre personne sacrée un protecteur, un ami, un père ; il sera mémorable le jour qui nous fait voir l’inestimable avantage de rencontrer, dans cette enceinte, celui que cette maison est si heureuse de considérer comme son fondateur ; il sera mémorable le jour qui nous procure le bonheur €: connaître d’illustres prélats dont le front brille de lu double auréole de la science et de la vertu, et qui, en ce jour, sont heureux de notre bonheur. Enfin, il sera mémorable ce jour qui nous permet d’unir nos voix à celles de tant de vénérables prêtres, et de vous dire avec eux, dans un concert unanime : Soyez heureux ! Vivez longtemps pour le bien de la religion et le bonheur de ce diocèse ! Et, pour couronner dignement un si beau jour, daignoz nous accorder une bénédiction spéciale, que nous vous demandons

instamment.

Messieurs les élèves du collége de Rimouski,

‘ Ce n’est pas sans une vive émotion que Je reçois votre affectueuse adresse ; j'y reconnais les chaleureux kentiments de jeunes cœurs, que le contact du monde

u’a pu encore refroidir.

‘“ Vous augurez, mes chers enfants, de mon arrivée au milieu de vous, une ère nouvelle de prospérité pour l'Institution où vous vous instruisez : j'ignore ce que ia divine Providence jugera à propos d'accorder de succès à mes efforts, mais je puis du moins vous promettre que je n’épargnerai rien pour assurer l’aveni: de cette maison, pour y rendre les études de plus en plus fortes ot solides, en un mot pour vous faire avancer d’un pas ferme et rapide, sous la sage conduite de vos maîtres, dans la voie de la science et de la vertu. Je n’ose m’engager à remplacer en tout, à votre égard, le saint et digne prélat qui a veillé, avec tant de bonté et de sollicitude, sur le berceau de cet établissement : le Seigneur ne repartit pas également ses dons ; mais, dans la mesure de mes forces, avec l’aide du ciel, je tâcherai de contiñuer son œuvre, je cultiverai avec amour l'arbre qu’il a planté, et prions tous ensemble

pour que Dieu lui donne l’accroissement,

“ Dans votre adresse, vous rappelez ma carrière

passée. Il semble en effet que la Providence m'ait destiné à m'occuper spécialement de l'Education de la jeunesse, puisqu'elle a voulu que je vinsse à consacrer vingt années de ma vie à l’enscignement. Un tel passé & dû avoir une grande influence sur ma nature et mes goûts. Vous ne screz donc pas surpris, mes bons enfants, si, pour me délasser des travaux de ma charge pastorale, je prends plaisir à venir ici, de temps à autre, me reposer au millieu de vous, ou à visiter

les autres maisons d'éducation du Diocese,

“ En ce jour où un évéque vient pour la premiére fois résider parmi vous, oui, mes enfants, je vous bénis dans vos études, je vous bénis dans vos parents et vos familles, je vous bénis dans vos projets et votre avonir. Puissiez-vous croître chaque jour en âge et en sagesse

devant Dicu et devant les hommes.”

‘ Comme on le voit, prêtres, hommes do robe, miliaires, paysans, bourgeois, étudiants, tous s'étaient donné la main pour tomber ensemble aux pieds de Monscigneur Langevin, et reconnaître en lui non: seulement lex saints attributs de sa puissante di. gnité, mais encore sa science, sa modestie et son énergie au travail; sa jeunesse consacrée à l'étude

et aux rudes travaux du sacerdoce, son âge mûr

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consacré à une tâche favorite sans lo nom de laquelle, son nom ne peut plus aller maintenant, l’éducation — sa vicillesse qu'il allait donner tout entièro à la terrible responsabilité de l’épiscopat, tout cela semblait réagir puissamment sur la pensée de l’auditoire, et rien d'étonnant que des paroles de dévouement sublime et d’admiration si vraie soient tombées si spontanément do toutes ces âmes loyales. Les pensées s’étaiont élevées à la hauteur des battements du

noble cœur auquel elles étaient destinées.

‘“ Pondant que toutes ces cérémonies grandioses s'accomplissaient, que ces joies et cos félicitations s'échangeaient, l'heure du départ était arrivée. Monseigneur nous bénit une dernière fois, nous dit à chacun une de ces bonnes paroles, comme lui seul sait les trouver, et bientôt l’Advance, penchée sous unc forte brise de vent d'est, filait lestement vers Québec, où nous arrivâämes en vingt heures, après avoir débarqué sur la jetée, nos camarades de la Rivière-du-

Loup.

‘“ Le temps, qui s'était maintenue froid et couvert pendant tout le voyage, s'était un pou remis au soleil, En ma qualité do frileux, je m'étais réfugié sur la

dunette, à la recherche d’un rayon égaré, une brochure 9 Y sue,

du comte de Montalembert sous le bras, et ma pensée, arrêtée sur cette foule de prêtres qui encombrait le gaillard d'avant, s’'amusait à se demander quel effet pourrait produire sur: un libre penseur l’imposant spectacle dont je venais d’être témoin, lorsque tout à coup mes yeux tombèrent sur ce sublime passage de

Donoso Cortès, cité par son illustre biographe :

‘“ Je suis purement catholique ; je crois et professe ce que professe et croit l’Eglisc catholique, apostolique, romaine. Pour savoir ce que je dois croire et ce que je dois penser, je ne regarde pas les philosophes, je regarde les docteurs de l'Eglise ; je ne questionne pas les sages, ils ne pourraient me répondre. J’interroge toutes les femmes pieuses et les enfants, deux vases de bénédictions, parce que l’un est purifié par les larmes,

et que l’autre est embaumé des parfums de l'innocence.

‘ Si tous nos esprits forts avaient toujours présente à la mémoire cette magnifique définition de la foi, bien des fronts orgueilleux ne viendraient plus se briser sur le granit de la Chaire de Pierre, car ils sauraient bientôt que, tant que ces deux colonnes fondamentales, la piété de la femme et l'éducation chrétienne des enfants, seront appuyées sur les bases

inébranlables de l’épiscopat, le Christ sera avec elle,

‘Or, partout où descend le Crucifié, Là est la vérité.” “ FAuoHER DE SAINT-MaURICE.”?

Voici l'acte notarié de la prise de possession :

“ Le 17 Mai 1867, le Notaire public, soussigné, par Mgr. Langevin, comme il appert par l'acte de consé-

cration, en date du premier mai dernier ; le clergé et

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le peuple ayant été convoqués à la Cathédrale, le dit

Evèque Langevin s’est rendu à la Cathédrale prendre

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possession personnelle du diocèse, cathédrale et évêché de Rimouski, avec les cérémonies voulue. accompagné de Mgr. Horan, Evèque de Kingston.

“ A laquelle cérémonie furent présents Mor.

Horan, Evèque de Kingston, le Vicaire-Général, le curé, Edouard Martin, maire municipal.”

“ [ei, suivent les signatures au nombre de treize.

(Signé) ‘“ Ls. GAUVREAU, N. P.”

Un des premiers soins de Mgr. de Rimouski, après son installation dans son diocèse, fut de demander à la Chambre Législative une explication de l'acte concernant l'incorporation des Evêques Catholiques Romains de cette province, sanctionné le 5 avril

Voici cet acte :

“ Acte pour expliquer la section septième de l'acte

douzième Victoria, chapitre cent trente-six, concernant l’incorporation des Evêques Catholiques

Romains de cette province.

“ Attendu que par l’acte douzième. Victoria, chapitre cent trente-six, l'archevêque catholique romain de Québec, l’évèque catholique romain de Montréal, et l'évêque catholique romain de Bytown, ont été constitués en corporation avec certains pouvoirs et sous certaines restrictions, et que l'intention du dit acte était de pourvoir, par la septième section d’icelui, à la constitution en corporation des archevêques ou évêques catholiques romains des diocèses qui seraient formés plus tard ; attendu que sur la foi du dit acte les évèques catholiques romains des diocèses de Saint- Hyacinthe, des Trois-Pivières et de Saint-Germain de Rimouski, ont de fait et de bonne foi pris et exercé et exercent encore les attributions de corporation telles que celles conférées pour les dits diocèses de Québec, Montréal et Bytown, mais que des doutes se sont élevés sur la légalité de ces corporations ; et attendu qu'il est expédient de lever ces doutes et de déclarer

la légalité des dites corporations et de pourvoir plus

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clairement À la constitution en corporation des archevèques où évêques des diocèses qui pourront être formés à l'avenir ; à ces causes, Sa Majesté, par et de l'avis et du consentement de la Législature de Québec,

déclare et décrète ce qui suit :

“1. D’après l'intention et le sens véritable de la septième section de l'acte douzième Victoria, chapitre cent trente-six, chacun des évêques catholiques romains des diocèses de Saint-Hyacinthe, des Trois- Rivières et de Saint-Germain de Rimouski, a, du moment de sa nomination comme évêque, constitué et constitue encore une corporation civile et légale, possédant tous les mêmes pouvoirs et attributions, et sujette aux mêmes restrictions et limitations que celles conférées ct imposées aux dits archevèques de Québec, et évêques de Montréal et de Bytown, et a exercé, et exerce encore les pouvoirs de telle corporation, sous le nom de corporation épiscopale romaine du diocèse de Saint-Hyacinthe, des Trois-Rivières, ou de Saint- Germain de Rimouslii, suivant le cas, et tous les actes qu'ils ont pu faire ou qu'ils pourront faire ci-après, respectivement, comme telle corporation, sont et

seront valides ct effectifs en loi, à toutes fins quelconques.

2, La septième soction de l’acte douze Victoria,

ra,

chapitre cent trente-six, a, et a toujours ou, le même sens, la même portée et les mêmes effets en loi que si

elle avait été et était rédigée comme suit :

“ Et qu’il soit statué que, quand on jugera à propos d'ériger canoniquement aucun diocèse catholique romain dans le Bas-Canada, l'archevêque ou l’évèque de tel nouveau diocèse et ses successeurs seront et constitueront chacun par le fait de telle érection canonique et de sa nomination comme évêque, une corporation distincte et séparée dans leurs diocèses respectifs, de fait et de nom, sous le nom de ‘“ La Corporation Archiépiscopale (ou épiscopale suivant le cas) Catholique Romaine de (mentionnant le nom du diocèse) ” et auront les mêmes droits, pouvoirs et priviléges et seront sujets aux mêmes restrictions et limitations que ceux qui sont conférés ou imposés par le présent acte aux dits archevêque de Québec et

évèques de Montréal et de Bytown respectivement.”

3. Le présent acte n'affectera aucune cause pondante ni aucune action ou procédure commencée, ni aucun jugement rendu dans aucune cour de justice

dans cette province.”

Liste des vrdinations faites à Rimouski, depuis l'érection

du diocèse, par Mgr. Jean Langevin.

Jessé Pérusse, né à Lotbinière, le 31 août 1845, tonsuré le 19 juin 1864, minoré le 21 décembre 1867, sousdiacre le 26 janvier 1868, diacre le 7 mars 1868 et prêtre le 8 mars 1868. M. Pérusse est le premier ordonné dans le diocèse de Rimouski et le premier prêtre que Mgr. Langevin ordonna dans sa

cathédrale.

Tobie Théberge, né à St.-Simon, le 29 mai 1840, tonsuré le 19 septembre 1863, minoré le 17 décembre 1864, sous-diacre le 21 décembre 1867, diacre le 7 mars 1868 et prètre le 8 octobre 1868.

Louis Arpin, né à St.-Simon, (diocèse de St.-Hyacinthe) le 30 avril 1842, tonsuré le 21 août 1864,

minoré le 13 octobre 1867, sous-diacre le 19 septembre 1868, diacre le 20 septembre 1868 ct prêtre le 8 octobre 1868,

Jean-Josué Lepage, né à Rimouski, le 13 avril 1841, tonsuré le 8 octobre 1865, minoré le 14 octobre 1866, sous-diacre le 6 juin 1868, diacre le 20 septembre 1868 ct prêtre le 7 février 1869. M. Lepage

est le second prêtre né à Rimouski. Le premier

on

prêtre ne à Rimouski est M. Antoine Gauvreau, curé de St.-Nicolas (diocèse de Québec).

M. Léonard, né à Montréal le 4 octobre 1873, tonsuré le 17 décembre 1865, minore lo 2 février 1869, sousdiacre le 7 février, diacre le 20 févricr et prètre le 15 mai 1869.

Ferdinand-Elzéar Couture, né à Rimouski, le 28 novembre 1842, tonsuré le 7 octobre 1866, minoré le 12 octobre 1867, sous-diacre, le 6 juin 1868,

diacre, le 3 février 1869, et prêtre le 25 août 1869.

Joseph-Octave Simard, né à St.-Roch de Québec, le 27 décembre 1843, tonsuré le 19 février 1867, minoré le 11 octobre 1868, sous-diacre, le 20 février 1869, diacre, le 15 mai 17369, et prètre le 25 août

Augustin Duval, né à SL-Joseph de la Beauce, le 30 mars 1841, tonsuré le 27 septembre 1867, minoré le 11 octobre 1868, sous-diacre, le 20 février 1869, diacre, le 16 janvier 1870 et prètre le 23 janvier 1870. M. Duval a été ordonné prètre à St.- Hyacinthe.

Charles Guay, né à St.-Joseph de Lévis, le 23

janvier 1845, tonsuré le 13 octobre 1867, minoré le

26 mai 1870, sous-diacre le 5 juin 1870, diacre le 11

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