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dressé. Les pistes des ennemis que nos chasseurs
découvrent de temps en temps, quelques cris d’Iro-
quois qu'on assurait avoir entendus et l'assurance
qu'un Jongleur, avec qui j'ai eu diverses prises, don: |
nait que nous serions bientôt attaqués, nous ayant
réduits en cet état. Ce fut là que ce méchant homme
ayant voulu faire un festin qu'ils appellent agouma-
goucian, je fus contraint pour interrompre une mau-
vaise chanson qu'il avait commencée, de ramener
toutes les femmes et les petits enfants, que je fis prier
Te
Dieu à haute voix, proche de l'endroit où le festin se faisait ; cela les surprit extraordinairement, ct les obligea à se taire, chacun s'étant retiré dans sa cabane. Je m'informai d'un des initiés de ce qui s’y était passé ; et lui, m'ayant avoué franchement que ce partisan du démon, avait parlé au désavantage de la prière, après avoir eu recours à Dieu, je fus l’attaquer en présence de tous ceux de sa cabane, et lui ayant dit tout ce que N. S$. m'inspira, pour lui donner de l’horreur de sa faute, j'eus la consolation de voir tous nos chrétiens indignés contre lui. Je dis dans toutes les cabanes, que le démon se voulait servir de ce malheureux, pour les perdre. Ils ont tous conçu de l'horreur contre lui. Ayant quitté ce poste, le premier jour de carème, nous sommes arrivés le quatorzième de mars, au bord de la Grande-Rivière, où nous sommes demeurés depuis, attendant un temps favorable pour passer dans quelques Iles, pour y être à couvert des Iroquois, jusqu’à l’arrivée des chaloupes de Québec.”
Relat. 1674. Ch. IL.
On voit par cette lettre qui ne manque pas d'intérêt,
les souffrances auxquelles étaient exposés ces pauvres
missionnaires, dans leurs courses apostoliques.
Ce grand lac sur les bords duquel, ce saint prètre, pas-
sa les fètes de Noël avec ses sauvages, est, croyons-nous,
ET 3e
le Lac Métis qui se trouve à dix ou douze lieues de la
mer, dans l'intérieur des bois, [1].
Lorsqu'en 1759, la flotte anglaise remontait le fleuve, la majorité des habitants de Rimouski gagnérent la profondeur des bois pour se soustraire à un ennemi plus haï que redouté. Cependant quelques uns des plus braves ct des plus vigoureux allèrent se poser en embuscade à la Pointe au Père, sur les bords du fleuve. Après quelques jours d'attente, par une belle matinée, ils apperçurent une frégate de la flotte anglaise remonter lentement Île fleuve et jettant l'ancre à l'extrémité Est de l'Ile St. Barnabé. Une escouade sous les ordres d’un officier supérieur se dirige aussitôt vers laterre pour examiner les lieux. L’officier debout sur le devant de la chaloupe, commandait avec arrogance et semblait défier par sa voie acerbe et pleine d’acrimonie les paisibles habitants du lieu, lorsque soudain il est frappé à la tête par une balle partie de
terre. Il s’affaisse sur lui-même et roule dans la mer,
(1) La tradition rapporte, parmi les sauvages, que sur une des Iles de ce lac, a été enterré, il y a déjà plus d’un siècle, les restes d’un missionnaire, noyé en revenant de ses missions et en route pour Québec. En employant ici le mot de mer en parlant du fleuve, on s’accommode à la manière populaire de parler, venant sans doute de ce que l’eau est salée dans le bas du fleuve comme sur les bords de la mer.
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Ses compagnons le retirent avec précipitation, (mais
déjà il n’était plus,) et s'empressent de retourner à la frégate.
Uno autre escouade futenvoyée en mème temps sur l'ile St. Barnabé. Sur cette île vivait alors un hermite du nom de Toussaint Cartier, qui, sans inquiétude du bruit des hommes, était demeuré seul dans sa petite maison. Après quelques vaines recherches sur l'Ile, les Anglais la croyant inhabitée, regagnèrent la frégate sans avoir découvert la maisonnette du pieux solitaire.
Le phare que l'on voit à la Pointe au Père fut construiten 1861, devint la proie des flammes en avril 1867 et fut reconstruit lamêmeannée. Cette puissante lumière, par l'éclat de ses nombreux réverbères, cest comme une vigilante sentinelle pour avertir le vaisseau étranger qu’il aura besoin d’un guide puissant et éclairé s’il veut toucher heureusement au terme de sa course maritime. Près de 180 milles lui restent encore à faire pour jeter l'ancre dans le port de notre ancienne
capitale, notre cher Québec.