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Certain que vous vous rendrez tous à nos désirs, Nous vous bénissons très-affectueusement au commen-
cement de la nouvelle année, au nom du Père et du Fils et du St. Esprit.
Sera la présente Lettre Pastorale lue au prône le premier dimanche ou jour de fète après sa réception, et ensuite commentée le premier dimanche de Juillet
et de Janvier chaque année, jusqu’à nouvel ordre.
Donné à St.-Germain de Rimouski, le 27 Décembre 1868, sous notre seing et sceau, et le contre-scing de
notre secrétaire pro tempore.
“ + Jean, Évèque de St.-Germain de Rimouski.
“# Par Monseigneur,
“ JAcoB GAGNÉ, Eccl.”’
Personne ne peut s'empècher d'admirer la sagesse et l’habileté de Sa Grandeur à la lecture de css lignes. Au moyen de simples souscriptions prélevées dans le diocèse, Monscigneur a réussi à élever pour l’éduca. tion de la jeunesse un séminaire magnifique qui fera la gloire du pays entier. Cette légère contribution de quinze sous par communiant était le seul et unique moyen, mis entre les mains de Sa Grandeur, pour
mener à bonne fin les travaux de cette vaste entreprise;
aussi, est-il à espérer que tous continueront, comme
par le passé, à se rendre à la voix charitable de leur premier Pasteur qui a en vue la gloire de Dieu, le
bien de la religion et l'éducation de la jeunesse.
$ 3. Mandement d'institution canonique d'un Séminaire diocésain.
Monseigneur de Rimouski, toujours vivement préoccupédes intérêts deson Séminaire, l’instituait canoniquement le 4 novembre 1870, en lu fète de St.-Charles Borroméc, sous le nom de Séminaire de St.-Germain de Rimouski, lui donnant pour premier patron Saint- Antoine de Padoue, et pour patrons secondaires les
Saints Anges Gardiens.
Voici ce mandement :
“ Dès le 28reptembre 1863, Monseigneur Baillargeon, de sainte mémoire, alors évêque de Tloa et administrateur de l’Archidiocèse de Québec, établissait provisoirement et ‘ jusqu’à nouvel ordre de l'autorité ecclésiastique,” une corporation ‘ pour le règlement des affaires internes ” d’un collége que venait d'ouvrir à St.-Germain, avec son autorisation, et la coopération du curé, de la fabrique et des commissaires d'écoles, le Révérend Monsieur Georges Potvin, vicaire de cette
paroisse,
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préoniarles idin aint-
sa les
A notre arrivée ici, en mai 1867, Nous trouvâmes cet établissement dans un état prospère sous le rapport des études et du nombre des élèves, grâce au dévoue-
ment de ce monsieur, et de quelques confrères zélés.
“ Depuis ce moment, Nous n’avons cessé, comme le devoir de notre charge Nous y obligeait, et notre bienveillance particulière envers cette maison Nous y
engageait, d'y porter un intérêt de tous les instants.
‘“ Nous nous sommes appliqué particulièrement à fortifier et compléter le cours des études tant littéraires et scientifiques que théologiques ; à augmenter peu-àpeu, autant que nos faibles ressources l’ont permis, les bibliothèques cet les musées ; enfin à éteindre, avec l'aide généreuse du gouvernement, du clergé et du peuple, les dettes qu’on avait dû inévitablement contracter pour commencer cet établissement, ct l’instal-
ler dans la bâtisse où il est temporairement ouvert.
Mais aujourd’hui que, par la protection spéciale de la divine Providence, par les efforts incessants de Messieurs les Directeurs et Professeurs, et par la sympathie universelle que rencontre cette maison, elle a pris un essor considérable ; et que le développement assuré à cette ville naissante par l'érection d’un
Evèché, et la confection d’une voie ferrée intercoloni-
ale, promet à ce collége un accroissement de plus en plus rapide : Nous sentons, Nos Chers Frères, que le moment est venu de lui donner unc existence plus stable et plus régulière, surtout en vue d’un acte de notre Législature, qui va le reconnaitre comme corporation pour les fins civiles, et de la construction de nouveaux bâtiments plus spacieux, dont on vient de
jeter les fondations.
‘“ A ces causes, le Saint Nom de Dieu invoqué, et nous mettant sous la protection de la Sainte Mère de N.S$. J.-C. sous celle de $t.-Joseph et de St.-Germain ; après avoir pris l'avis de notre Conseil; Nous avons
statue et statuons comme suit :
“ 10, En vertu de notre pouvoir ordinaire, et pour nous conformer aux prescriptions du Saint Concile de Trente, dans sa 23e session, chap. 18, de Beformatione, Nous érigeons le Collége ou Séminaire déjà existant dans notre ville épiscopale, en Séminaire diocésain sous le nom de SÉMINAIRE DE ST.-GERMAIN DE RIMOUSKI, et l’instituons canoniquement comme tel par le pré-
sent Mandement.
“ 20. Il aurz pour but principal et essentiel de préparer les jeunes gens à l’état ecclésiastique, aussi bien.
que les cleres aux fonctions du saint ministère,
“ 30, Nous lui donnons pour premier Patron Saint Antoine de Padoue, et pour Patrons secondaires les
Saints Anges Gardiens.
« 40. Nous voulons et entendons que le dit Séminaire soit à perpétuité soumis à la juridiction et au contrôle immédiats de Nous-même et de nos Successeurs, et dirigé par les prêtres que nous appellerons à y remplir les diverses fonctions, selon la Constitution et les Règlements que Nous aurons donnés ou approuvés.
“ Que le Seigneur daigne répandre sur ce Séminaire
ses bénédictions et ses grâces : qu'il en remplisse les
maitres de l'esprit de sagesse, de science, de zèle et de
dévouement ; qu’il fasse avancer chaque jour üans la voie de la perfection les élèves du sanctuaire qui s’y prépareront aux redoutables fonctions du Sacerdoce ; qu'il inspire enfin aux jeunes gens qui étudiront dans cette maison les lettres et les sciences humaines, des sentiments de piété, de modestie et de docilité, l'amour constant du travail et l'exacte observance de la dis-
cipline.
& O Marie, aimable Reine du clergé, c'est sous vos auspices que Nous osons placer l'avenir de cet établis-
sement, dont le succès intéresse si grandemènt la Re-
doi
ligion dans le Diocèse qui est confié à notre faiblesse ; vous le protégerez, vous veillerez sur lui avec une bonté toute maternelle, vous lui obtiendrez de votre adorable Fils d’être véritablement une pépinière de
saints Prêtres, puissants en œuvre et en parole.
‘ Sera le présent Mandement lu au prône le premier dimanche après sa réception, dans toutes les pa-
roisses et missions de ce Diocèse.
DONNE en notre demeure épiscopale, ce quatrième jour de Novembre, fête de Saint Charles Borromée, mil huit cent soixante-dix, sous notre seing et sceau,
et le contre-seing de notre secrétaire pro tempore.
“ JEAN, Evêque de St.-Germain de Rimouski.
‘ Par Monseigneur, ‘6 J, GAGNÉ, $. D.
“ Secrét. pro tempore."
$ 4. Acte pour incorporer le Séminaire de St.-G'ermain
de Rimouski.
Monseigneur obtenait, le 24 décembre 1870, un acte de la Législature pour l'incorporation de son Séminaire, sous le titre : Acte pour incorporer le Sémi-
naire de St.-(fermain de Rimouski.
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En voici le texte :
“ Attendu que la Corporation Episcopale Catholique Romaine de Saint-Germain de Rimouski, représentée par Sa Grandeur Monseigneur Jean Langevin, Evêque de Saint-Germain de Rimouski, a demandé l'incorporation du Collége où Séminaire existant depuis quelques années dans la ville de Saint-Germain
de Rimouski ;
“ Et attendu que le dit Seigneur Evèque, en son propre nom, a signifié son intention de donner au dit Séminaire une certaine étendue de terre qu'il a acquise à cet effet: En conséquence, Sa Majesté, par et de l'avis et du consentement de la législature de Québec,
décrète ce qui suit :
“1. À dater de la passation du présent Acte, le Supérieur, les directeurs et les professeurs du dit Collége ou Séminaire, nommés de temps à autre par l'Evèque Catholique Romain de Saint-Germain de Rimouski, seront et formeront une corporation ou corps politique et incorporé sous le nom de ‘ Sémi-
naire de Saint-Germain de Rimouski.”
2, Les affaires de la dite corporation seront gérées
par un conseil. Ce conseil sera composé de sept
personnes au plus et de trois au moins choisies parmi
les membres de la dite corporation—Il se composera pour commencer, du Supérieur et de deux Directeurs connus sous le nom de Directeur du Grand-Séminaire et Directeur du Petit-Séminaire; d’autres membres pour compléter le dit nombre pourront être élus par les dits Supérieurs et Directeurs, avec le consentement du dit Evèque. Les membres du dit conseil continueront d'en faire partie jnsqu'à leur mort, résignation, où exclusion prononcée d'après les règles du dit Séminaire, approuvées par le dit Evèque ; et le quorum du dit conseil ne sera jamais de moins de
trois membres.
“#8. La dite corporation aura un sceau commun qu'elle pourra modifier de temps à autre, par une
résolution approuvée du dit Evèque.
“4, La dite corporation aura plein et entier pouvoir de faire et passer toutes règles, résolutions, règlements ou statuts, non contraires aux lois, qu'elle jugera à propos de faire et passer, pour régler les affaires de la dite corporation et en promouvoir les intérêts, et le quorum de la dite corporation ne sera
pas moins de cinq membres.
#5, Toutes les dites résolutions, règles, règlements
ou statuts de la dite corporation seront adop! es à la
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À la
majorité des voix des membres présents, celui qui présidera ne devant voter que dans le cas de partage égal des voix, entrées dans un régistre ad hoc, ct signées par le Supérieur ou, en son absence, par son assistant ou le plus ancien directeur présent, comme président. Ces résolutions, règles, règlements et statuts seront sujets au veto du dit Evèque pendant une année à dater du jour qu'ils lui auront été com-
muniqués.
“«G. La dite corporation pourra nommer par une délibération un procureur pour la bonne administration des affaires du dit Séminaire, suivant un règlemert approuvé par le dit Evêque. Elle pourra rece. voir des legs, dons et fondations. Elle pourra aussi acheter, acquérir, tenir, posséder, échanger, vendre, accepter et recevoir des biens fonds pour l'instruction de la jeunesse et l’usage, le soutien et les fins de la dite corporation, et toutes rentes constituées ou autres, et celle pourra les vendre et les aliéner et en acquérir d'autres, en vertu de quelque titre que ce soit—Pourvu toujours que les immeubles possédés par lu dite corporation, et dont elle retire un revenu, n'excèdent pas en valeur annuelle la somme de dix
mille piastres—et pourvu toujours que si les dits
immeubles, par quelque cause que ce soit, excédaient
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la susdite somme en valeur unnuelle—alors et dans ce cas la dite corporation, en autant que les dits immeubles excéderont la dite somme, sera obligée de
s'en défaire dans l'espace de douze mois.
“70. La dite corporation sera tenue de faire des rapports annuels au Lieutenant-Gouverneur ct aux
deux branches de la Législature, indiquant l’état
général des affaires de la corporation, lesquels dits
rapports seront présentés dans Ics premicrs vingt
jours de chaque session de la Législature.”
Mgr. de Rimouski vient de donner gratuitement et en pur don à la Corporation de son Séminaire une magnifique terre sur laquelle se construit le nouvel édifice. C'est un acte de munificence au-dessus de
tout éloge.
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Travaux du nouveau Séminaire de Rimouski et ses dimensions. — Bénédiction solennelle de la pierre angulaire.—Fermeture de la pierre angulaire.
S 1. Travaux du nouveau Séminaire de Rimouski.
Le 15 septembre 1870, Monseigneur de Rimouski, accompagné de son Grand-Vicaire, Messir® Edmond Langevin, et des élèves de son Grand et Petit-Séminaire, se rendait à l'endroit du nouveau Séminaire, pour y bénir les commencements des travaux. Sa Grandeur et ceux qui l’accompagnaient chantèrent l'hymne Ven: Creator, suppliant le Seigneur de répandre ses grâces sur cotte nouvelle maison. Mgr. enleva la première pelletée de terre et confia la direction des travaux à l'abbé Ferdinand Laliberté, qui s'en acquitta à la satisfaction de son Evêque et de
tous les intéressés.
Les dimensions de cette nouvelle maison sont les suivantes : longueur 384 pieds; largeur 50 pieds ;
hauteur 48 de carré.
Monseigneur de Rimouski,après avoir demandé à tous ses diocésains, la légère contribution annuelle de quinze sous par communiant, établit un comité, choisi dans le clergé du diocèse ct chargé d'activer les contributions en faveur de la construction du nouveau Séminaire.
Ce comité se composait de neuf membres élus au
scrutin secret.
Le dépouillement du scrutin donna le résultat
suivant :
Elus : Res Révérends P. Saucier, aujourd'hui curé de la Grande-Rivière ; Louis Desjardins, curé de Ste.- Cécile du Bic ; Edouard Guilmet, curé de $te.-Luce ; J.-Bte. Gagnon, curé des Trois-Pistoles ; J.-C. Cloutier, curé de St.-Gcorges de Cacouna ; A. Ladrière, curé de l’Ile-Verte ; O. Normandin, curé de St.-Bonaventure, et aujourd'hui curé de $St.-Arsène ; D. Morisset, curé de $Ste.-Angèle de Mérici ; C.-A.-P. Winter, curé de Rimouski.
Le mème jour, le comité s'assembla et nomma M. Winter pour son président.
M. Winter, jouissant de l'estime générale était cer-
tainement doué de toutes les qualités requises pour
cette charge.
Mgr. de Rimouski confiu ensuite les travaux de son Séminaire an Révd. D. Vézina en remplacement de
M. F, Laliberté, nommé alors curé de St. Sévérin.
Les travaux de maçonnerie furent dirigés par M. Lafrenaye, celui-là même, qui fut, employé dans la direction des travaux de la cathédrale ac-
tuclle.
S 2. Benediction solennelle de la pierre angulaire.
La fête du Cœur Très-Pur de Marie, le 27 août 1871, avait été choisie par Monscigneur de Rimouski, pour la bénédiction solennelle de la pierre angulaire
du nouveau Seminaire.
Quoique la pluie eût fait craindre, dans la matinée,
que l’on ne pût faire la cérémonie à l'heure indiquée,
néanmoins après un salut solennel chanté à la cathé-
drale par Sa Grandeur, et auquel assistaient le clergé, présent à la retraite annuelle, et un nombre considérables de citoyens de Rimouski et des paroisses environnantes, la procession fut organisée.
Les différents corps marchaient sous leurs bannières
respectives, et l’on remarquait à la suite du clergé des
personnes venues exprès des paroisses voisines pour
les représenter. On se rendit sur l'emplacement du nouvel édifice, en chantant des psaumes, et arrivé en face du corps principal, Monscigneur fit les prières ordinaires prescrites par le Pontifical. Apres avoir posé la pierre fondamentale, à l'angle droit de la partie centrale, Sa Grandeur monta sur une estrade ot adressa la parole à l'assemblée, lui rappelant l'établissement des maisons d'éducation en Canada, depuis le 17e siècle jusqu'à nos jours, depuis le premier collége des Jésuites, servant encore aujourd’hui de Caserne, jusqu’au Séminaire commencé dans la ville naissante de St.-Germain moyennant les contributions
du clergé et du peuple.
Monseigneur exprimu en termes chaleureux son attachement pour le Séminaire do Québec ct pour l’'Université-Laval, et, après un mot bienveillant à l'adresse de chaque maison, il se déclara convaincu que l'édifice dont on jetait les fondations, serait bientôt achevé et que l’on pourrait y poursuivre les œuvres déjà commencées.
Cet espoir était fondé sur sa confiance en la Divine Providence, en la protection du grand St.-Antoine de Padoue, premier patron du Séminaire, et qui était
appelé de son temps le marteau des erreurs. Appuyés
sur une base si solide, ainsi que sur le secours des S$S,. Anges Gardiens, choisis pour les patrons secondaires de l'établissement, l'enseignement et la direction ne pouvaient s'éloigner des vrais principes et de l'ortho-
doxie. Le prélat, se tournant alors vers la bannière St..
Antoine portée par les élèves, adressa quelques mots
d'encouragement à ceux qui avaient déjà commencé le cours classique, où qui, l'ayant terminé, se préparaient aux fonctions redoutables du sacerdoce par l'étude de la science théologique. Il exprima enfin le plaisir qu'il aurait eu à voir présent en cette circonstance un homme qui avait contribué pour une large part aux commencements du Séminaire, l'abbé Georges Potvin, actuellement procureur du collége
Ste.-Anne, (aujourd’hui curé de St.-Aubert).
Monseigneur lui avait adresse une invitation ainsi qu'aux anciens curés de la paroisse et à plusieurs
autres personnages distingués.
Sir N.-F Belleau, Sir John A. McDonald, MM. le docteur P. Fortin, J.-C. Taché, ancien député du comté, l'honorable P.-J.-0. Chauveau s'étaient excusés de ne pouvoir se rendre à cette cérémonie à cause de leurs fonctions qui ne leur permettaient pas de s’ab-
sentcr en ce moment.
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