‹ Chronique des ducs de BourgogneChapitre 56 sur 142 · CHAPITRE CCCXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCCXVI

Comment le duc, pour obvier aux voies qoises par le roy , il s'allia an roy d'Angleterre, contre cœur et nature.

Et pour ceste cause et plusieurs autres, et qui toutes dépendoient réalement de ceste variableté du roy et de ses passions , et dont le duc Philippe mort avoit eu fort à souffrir longuement, nonobstant ses bons services , et mesmes et en pareil ce duc Charles, s'il n'y eust remédié ; ce qu'il s'estoit allié au roy Edouard d'Angleterre, si etoit-ce maugré lui et contre son cœur et contre sa nature, ce savoit bien, pour soi deffendre contre ly ; car n'eust jamès quis ce chemin ne le baston qu'il empoigna, si n'eust esté parles dures et diverses voies que le roy avoit quises contre ly, ce disoit, tout de gré et volentiers pour le deffaire, et de quoi , élas! se du don de Dieu le roy se feust abstenu et eust monstre le contraire , comme de l'amer et de le bien traictier , ainsi qu'il séoit à un tel si jeusne et si puissant prince, et nouvel venu en règne, et fils d'un si grand père , et qui tant pooit et valoit en la félicité de ce royaume , il s'en fust servi et renforcié de la moitié de son fort ; le povre duc l'eust amé et honoré, doubté etcremu, feust demoré en l'incli-

046S) DE GEORGES CHÀSTELLÀttf. ifâ

nation de sa vraie nature originale franchoise , et ne se feust pas estors en aultre copulation, ennemie à la gloire de son propre front, et de quoi le roy véritablement par duresse, et par quérir en ly ce que ne séoit pas bien, selon le temps d'alors, estoit seul cause , et n'en devoit donner charge à nul, fors que à ly mesmes qui ainsi le voult et ainsi le trouva.

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