CHAPITRE CCCXX
Comment le roi et Je duc , après plusieurs préparatoires de guerre, par l'enhort des gens de bien, firent parlementer de la paix.
Or avoit le roi sa puissance toute preste à l'aul tre lez; et approcha cà bas pour résister au duc Charles; et estoit tout son effort et son préparement de fier encontre. Et combien que, au lez vers Bretagne et Normandie, il avoit à pourveoir puissance en pareil comme ici , toutefois si amena-il tel effort par dechà et de si grand espoir pour livrer guerre au duc Charles, que la pilé eust été criminelle, si l'effect en fust ensievy. Dont, et pour ce qu'envers ce lez et du costé de ce duc de Bourgogne, tout l'aguet du roi pendoit et de son bien et de son mal , ce
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savoit bien , et que làdevoit avoir principalement son œil ly-mesmes, y voult transporter sa personne etsoy approcier d'autant près qu'il estoit possible et faisable. Et là qu aultre part il pouvoit guerroyer entre son frère par commission de capitaines tels et tels , ici il voloit quérir et prendre son adventure en sa propre personne; car lui sambloit bien qu'il lui faisoit son besoing, et que c'estoit le lieu et Tomme là où il convenoit que tout se monstrast ce que avoit en ly de sens et de vertu , mesmement en tous les endroits de fortune prospère et adverse. Car por venir à la guerre , si ne pooit-il à nul lez trouver dur à faire que ici. Si séoit bien donques et lui sembloit bien juste chose, qu'en ung tel lieu, là où pendoit toute la gloire et tout le poids de son royaume , et là où il savoit ung tel homme devant son front digne de susciter et de commovoir un monde par son ost , que ly-mesmes meneur d'ung ost deffendeur, présentas t sa personne là où il considéroit la gloire ou la ruine de son royaume. Et combien toutefois que la guerre çà et là y estoit délibérée, à l'estroit venir , et que en tel appareil si prochain l'ung de l'autre chacun fust assez réconforté en ce qui lui en pooit tourner à péril, les deux parties nientmoins, le roi et le duc, espoir par divine inspiration et par fréquent enhort aussi des sages et preud'l^ommes , premier que venir à confliction ne à l'aspérité du meschietV, se misrent en devoir d'envoyer Tu ng vers l'autre, et d'essayer par paroles si leurs deux contraires animacions et
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felletés se poroient mitiguer et ung peu radoucir par moyens. Dont, se chacun de sa part voloit ung peu entendre à raison pour ung bon comenchement, les moyens poroient devenir cause d'une fructueuse joyeuse fin, entre les deux parties, salutaire. Et estoit en partie ceci principale cause pour laquelle le roi se vint tenir à Noyon , afin d'estre tant plus près pour les ail an s et venans entre deux. Gar par le consentement des deux princes, la place de parlementer ensemble estoit ordonnée à Han en Vermandoisj ville appartenant au connestable , qui icy laboroit et veilloit de tout son sens.