CHAPITRE CCCXL
Ici parle l'aucteur un peu des mœurs et estranges fâchons de faire
dudit roi de France.
Ceci ne dis- je poinct toutefois en charge du roy , pour parer le duc Charles , ne que je désire à condempner et déturper l'ung en sa cause , pour embellir l'aultre ; car dur m'est et amer que les temps et les personnes ne rendent ainsi que j'en puisse escrire en grant los , et que leurs fais ne se comportent entièrement à vertu, aussi-bien comme ils les tournent ambe-deuxà désolacion du monde ; c'est ce qui m'a donné et donne cuisance en cuer , et que les nobles excellentes personnes, introduis de la foy et des divins exemples n'entendent pareillement à baultes nobles euvres , en ensievant leur estât, comme ils font à toutes choses de ruyne et de reproche, pour obéir à leurs vicieux corrages. Uné*chose est , se vérité se seuffre escrire , ce roy Loys ici , sans touchier à sa conscience ne à ce qui estoit en l'omme par dedens , avoit beaucop d'estranges fâchons de faire, non de grand pris par dehors , et lesquels estoient si patentes et si communes, que mesme tous les princes de France s'en doloient,, et non moins les petits subjects ; et depuis tout le temps qu'il estoit devenu homme , on lise et quière ses fais , ses condicions et ses meurs,
l'on y trouvera plus de trouble beaùcop que de cler ; l'on y trouvera sédicions et ruyne partout où il est venu y vie volunlaire et desréglée , et qui s'est asservi de maisnie , de meismes , plustost que des biens moriginez. Son père, le roy Charles, en faisoit bon accroire, qui, par bien le cognoistre, lui donna tous ses tiltres ; Dieu scet comme fais.
Se doncques je déclaire ce que j'ai vu en l'omme par condoléance , et non pas par hay ne , et que je complains ses vices et povretés, dont tant de maux ensieuvent et tant de turbacions au peuple , et que je cognois et sçay qu'en ce faisant, je ne pèche point, et qu'il n'est point perpétuel ne que moy ; et que des roy s d'Israël, en temps passé on a escrit, et des roys de France tant moins on en a escrit ,. et qui bon et qui moins bon , et qui cler et de noble affaire , et qui de povre et de malvaise condicion , et n'en sont poinct les littérateurs venus pour tant à mort ne à perdicion d'ame , ne reprochiés ne tenus à suspect de faveur ne de hay ne , ne puis- je doncques, sauf honneur et salut, descrire les princes de mon temps, tels que je les treuve, et tels que tout le monde les perchoit,çl cognoitpar effect et par euvre. Certes, se les bien clers hommes méritent loenges par les bons vertueux exemples , ceux qui se desvoient doncques ets'aclinent à vicieux usages f s'acquirent aussi les tiltres confus. Dont, et afin qu'il ne me soit imputé que je veuille , ce sambleroit, détester les vices du roy, et moi taire de ceulx de ce duc
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Charles , par cremeur ou par faveur , comme qui seroie à ly , et non pas à l'aultre , et voudroye par ce moyen ,ce poroit sambler, justifier l'un g comme toul net, et l'aultre condamner obscur, sauve la l
de chacun; certes, ce je ne voudroie, ne
en moi ne fust oncques.
Mes tant en osè-je bien dire et maintenir: Se le roy se fust contenu de ses vices monstrer au duc Charles , et de les exercer en ly et contre ly , jamès ne se fust descouvert de nuls vices envers le roy , dont il eust deu faire plainte ; car ne lui eust ne formé ne meu jamès guerre ne rébellion , ne ne se fust porté envers ly , fors comme envers son souverain. Mes quant il a esté expert et appris de ses périlleuses conditions et meurs, et que ses subtils argus tendoient sur ly , il a usé du meismes tel qu'il y falloit allencontre , monstre barbe de respondre à qui usoit de manière de manace; et tant se peut dire de ly y mètre les vices qui a. . . . , qu'envers le roy n'a volu faire faulte ni user de déception ne de fraude ne de lascheté , ne de reproche, ne de nulle tricerie, ne mensonge; bien a volu garder son pas en la nature et qualité de traictié faict aveucques ly ; l'a observé de sa part, tant qu'il a peut; et quant le roy l'a enfraint, il s'en est dolu et esmeu, et le lui a mis en
i. Lacune.