‹ Chronique du Mont-Saint-Michel (1343-1468) (volume 2)Chapitre 32 sur 144 · Ce traité de trêves fut signé à Tours le 20 mai · texte numérisé non relu

Ce traité de trêves fut signé à Tours le 20 mai

5. Robert Jolivet, né à Montpinchon (Manche, arr. Coutances, c. Cerisy-la-Salle), qui avait succédé le 18 juin 1411 à Pierre le Roy comme abbé du Mont-Saint-Michel, mourut à Rouen le 17 juin 1444 et fut enterré dans l'église paroissiale de Saint-Michel de cette ville (Gall. Christ., XI, 528).

6. La reine Marie d'Anjou, femme de Charles VII, vint en pèlerinage au Mont-Saint-Michel et y fit ses dévotions, du lundi 19 au 25 juin 1447, en compagnie de la princesse Eléonore d'Ecosse et de plusieurs ducs et duchesses.

7. Ici commence l'extrait de la chronique du Mont-Saint-Michel

Nostre Dame marcesque ^, vint nommé sîre Françoys TArragonnois tenant le party des Anglois, en sa compaignie bien quatre ou cinq cens Anglois, conprins ce que encore duroient les trêves d'entre le roy nostre sire et le roy d'Angleterre, esquelles estoient comprins le duc de Bretaigne et le duc de Bourgoigne : iceulx Angloys prindrent d'eschelle sur le duc de Bretaigne la ville de Foulgierez, pourquoy les dittes trêves furent rompues. Et dedens six sepmaines après, Floquet, capitaine françoys, print sur les diz Anglois le Pont de l'Arche ^ ; item, bientost après Couches ^, parquoy les Anglois s'esbahyrent , pour ce que ilz cuidoient que les François eussent prins le Pont de l'Arche pour faire rendre la ville de Foulgieres. Et en cel temps, le roy envoia par tout son royaulme faire savoir aux garnisons que certaine partie se rendist a Louviers et Evreux qui pour lors et au devant des dittes trêves estoient franchoises ; l'autre partie se rendist es marches de Bretaigne , connestable et aultres plusieurs du party du roy, qui furent illecques de-

que notre savant maître, M. Léopold Delisle, a publié dans son Histoire du château et des sires de Saint-Sauveur-le-Vicomte, Valognes, 1867, in-8, p. 268.

1 . La Notre-Dame marcesque ou en mars, c'est l'Annonciation. La prise de Fougères par François de Surrienne , dit l'Aragonais, eut lieu en effet le lundi 24 mars 1449 (n. st.), veille de l'Annonciation. Dom Morice, Preuves de l'histoire de Bretagne, II, 1475.

2. Du 7 au 22 avril 144g, Floquet, bailli d'Evreux et l'un des conservateurs des trêves , aidé de Jacques de Clermont, fit une tentative contre la ville de Mantes occupée par les Anglais (Dom Morice, Preuves, II, 1475); et le 16 mai suivant, il s'empara par surprise de Pont-de-l'Arche où lord William Falconbridge, l'un des plénipotentiaires du roi d'Angleterre, fut fait prisonnier (Ibid.,

3. Conches-en-Ouche, Eure, arr. Evreux. Avant le 28 juin 1449, Gonches et Gerberoy (Oise, arr. Beauvais, c. Songeons) tombèrent au pouvoir des Français (Ibid., 1477 et 1478.,

puys la prinse de Foulgieres ^ jucquez à l'entrée du duc en Normendie. Et entretant furent prins les chasteaulx de Saint Jame de Bevron ^ et de Mortaing qui avoient esté reparez par les Anglois durant les trêves.

Item, pendant le temps du siège de Foulgieres, furent prins les chasteaux deCondé sur Noireau ^ et de Thury '', partie d'emblée et partie de force, par les gens des garnisons de Mortaing et de Thorigney ^.

1. François, duc de Bretagne, et le connétable Arthur de Richemont, entrèrent en campagne pour reprendre Fougères [Arch. Nat., Jj 179, n^î 327 et 354) en avril ei mai 1449. Dès le 3 mai, ils avaient mis le siège devant Avranches où ils firent donner toute l'artillerie de Bretagne (Dom Morice, Preuves, II, 1445 et 1446). Cette ville n'était défendue que par une garnison de cent soixante à deux cents Anglais, et le 12 de ce mois, François, duc de Bretagne, donna à Pierre de la Marzelière, chevalier, son chambellan, la maison sise es faubourgs d' Avranches, qui avait appartenu à a Jehan Lampet, lors capitaine d'ilecq. » Ibid., i520 et

2. Auj. Saint-James, Manche, arr. Avranches. Les travaux de fortification, exécutés par les Anglais à Saint-James et à Morta'in depuis la trêve conclue à Tours le 20 mai 1444, avaient été considérés par le Conseil du roi de France comme une violation de cette trêve; et le 20 juin 1449 à la conférence de SaintOuen, Guillaume Cousinot s'en plaignit au nom de Charles VII (Ibid., 1464 et 1465). Les négociations entre les ambassadeurs français et anglais furent rompues à l'abbaye de Bonport le 4 juillet (Ibid., i5q6 à i5o8), et les Français surprirent Verneuil le 19 de ce mois. D'un autre côté, un traité d'alliance offensive et défensive entre François, duc de Bretagne, et Charles VII avait été signé à Rennes dès le 17 juin précédent (Ibid., 14b i à 1454) et confirmé par le roi de France aux Roches-Tranchelion en Touraine (rendez-vous de chasse dans la forêt de Crissay) le 27 du même mois (Ibid., i5io). Les Bretons, comme nous l'avons vu, étaient déjà entrés en campagne par le siège de Fougères et d'Avranches. Ils s'emparèrent de Saint-James, du 12 au 18 août 1449.

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