I418, 4 SEPTEMBRE, MONT-SAINT-MICHEL
Vidimiis par Laurent le Grant, sénéchal du Mont-Saint-Michel, d'un acte de Charles VI, daté de Paris le 3 août précédent, autorisant l'abbé et les religieux du Mont, qui ont dépensé plus de 10,000 francs pour, creuser une grande citerne en roche vive et pour se défendre contre les attaques des Anglais occupant les alentours avec des forces considérables , à prendre sur les vicomtes d'Avranches, de Coutances, le receveur des aides d'Avranches et le maître particulier de la monnaie de Saint-Lô, une somme de i,5oo livres tournois destinée au payement des gens d'armes et de trait de la garnison du dit Mont.
A tous ceulx qui ces lettres verront Laurens le Grant, seneschal du Mont Saint Michiel ou péril de la mer, salut. Savoir faisons que, l'an de grâce mil quatre cens et dix huit, le iiii^ jour du mois de septembre, veismes et dilligeanment regardasmes unes lettres du roy nostre sire, en simple queue, scellées de cire jaune, avecques , unes lettres de messeigneurs les generaulx conseillers et commissaires du dit seigneur sur le fait et gouvernement de toutes ses finances, atache'es es dictes lettres soubz l'un de leurs singnés, desquelles lettres les teneurs ensuivent.
Charles, par la grâce de Dieu roy de France, a noz amez et feaulx les generaulx et commissaires ordonnez sur le fait de toutes noz finances, salut et dilleccion. Receue avons l'umble supplicacion de nos amez les religieux, abbé et couvent du Mont Saint Michiel ou péril de la mer contenant que, comme iceulz supplians, pour la très grant neccessité et defFaulte qu'ilz avoient d'eaue doulce au dit lieu du Mont Saint Michiel, lequel est assis en mer es fins et extremitez de nostre pais de Normendie, aient fait faire, puis un an ença, en icelluy lieu une grant citerne i en roche visve pour retenir eaues et pour résister a rencontre de noz anciens ennemis et adversaires d'Angleterre qui de jour en jour s'efforcent de usurper nostre seignourie, nous et noz subgez grever a leur povoir, aient fait pluseurs autres grans euvres et reparacions pour la seurté du dit lieu, et aussi leur ait convenu faire pluseurs provisions de vivres et autres choses neccessaires et tenu un grant nombre de gens d'armes et de trait au dit lieu, pour la garde et deffence d'icelluy, a leurs propres coustz et despens, sans avoir de nous aucune ayde, esquelles choses les diz supplians ont fraie et emploie plus de dix mil frans ou environ, tant des biens de leur dicte église comme par empruns, et tant que pour le présent il n'est pas a eulz aucunement possible de plus soustenir, gouverner ne souldoier les diz gens d'armez, attendu qu'ilz n'ont ne perçoivent un seul denier des rentes et revenues a eulx appartenans, lesquellez sont toutes entièrement situées es pais que iceulx noz ennemis tiennent et occuppent, se sur ce ne leur est pas nous pourveu de remède convenable, si comme ilz dient, requérant humblement icelluy. Pour ce est il que nous, ces choses considérées, voulans aucunement
I. Ce passage prouve, contrairement à l'opinion généralement reçue, que l'une au moins des citernes du Mont-Saint-Michel est antérieure à Guillaume d'Estouteville et aux travaux exécutés en 1460 (Corroyer, Description de l'abbaye du Mont-Saint-Michel, p. 193). Sir John de Asshton, bailli du Cotentin, adressait de Coutances à Henri V, le i5 juin 1420, une lettre confidentielle, en anglais, oh. l'on trouve les lignes suivantes relatives à la citernfe mentionnée en 1418 : « Yair {y est pour th) cisterne in ye qwich yair water is wonte to be kepped ys broston so yat for takke of water, and of wode yai myght abide noon gret distresse and sege were layde about yàim. » (Mém. de la Soc. des Ant. de Norm., XXIII, 254, n» 1376.)
PIÈCES DIVERSES 8g
supporter les diz supplians des charges qu'ilz ont eues et ont a cause de la dicte garde, et aussi pour leur aider a résister a nos diz ennemis anciens et adversaires d'Angleterre qui en grant puissance se sont logiez environ le dit lieu du Mont Saint Michiel a l'entencion de prendre et dommagier icelluy lieu, que Dieu ne vueille I a iceulx supplians avons ordonné et ordonnons avoir et prendre- pour ceste fois la somme de quinze cens livres tournois sur les vicontez du dit lieu d'Avrenches i, de Coustances 2, le receveur des aides au dit lieu d'Avrenches et le maistre particulier de la monnoie de Saint Lo 3^ pour icelle somme convertir et emploier ou paement des diz gens d'armes et de trait et autres choses neccessaires pour la deffense d'icelluy. Si vous mandons et commettons par ces présentes que incontinent et sans delay vous faites veoir et visiter les estas des receptes des diz vicontes, receveur et maistre particulier de la dicte monnoye bien et dilligenment ; et, sur ce que par la fin d'iceulx estas apparra par eulx estre a nous deu, faites paier, baillier et délivrer incontinent aus diz supplianz jusquez a la dicte somme de quinze cens livres tournois a eulx par nous ainsy ordonné estre prise sur ce, comme dit est, et ad ce les faites contraindre et aussi a moustrer les diz estas, tout par la fourme et manière qu'il est acoustumé de faire pour noz propres debtes, ausquelz nous par ces mesmes
1. Ce mandement de Charles VI est du 3 août 1418, et à cette date le Conseil du roi de France ignorait sans doute encore l'entrée des Anglais dans Avranches dont la capitulation est du 14 juillet précédent (Mém. de la Soc. des Ant. de Norm., XXIII, 33, n» 21 5). Henri V avait même nommé quelques-uns des principaux fonctionnaires de la vicomte d' Avranches avant la reddition de cette ville, puisque quelques-unes de ces nominations sont datées des 12 mai (Ibid., 21 et 22, n' 141) et 6 juillet {Ibid., 3i, n" 209) 1418.
2. La garnison de Coutances, placée sous les ordres de Nicolas ou Nicole Paynel, chevalier, seigneur de Bricqueville, avait capitulé dès le 16 mars 1418 (Méin. de la Soc. des Ant. de Norm., XV, 267). Le 3i août de cette année, Jean Hune, vicomte de Coutances pour le roi de France, était à Rennes, en Bretagne, où il s'était réfugié, laissant dans le château de Régneville les papiers de sa recette qui étaient ainsi tombés entre les mains des Anglais (Arcfi. du dép. de la Manche, série H, n» 15344).
3. Saint-Lô, défendu par une garnison que commandaient Jean Tesson et Guillaume Carbonnel, chevaliers, s'était rendu le samedi 12 mars 1418 à Humphrey, duc de Gloucester, frère de Henri V (Mém. de la Soc. des Ant. de Norm., XV, 267, 268).
go CHRONIQUE DU MONT-SAINT-MICHEL
présentes mandons que ainsy le facent. Et de ce faire vous donnons povoir, auctorité et mandement especial. Mandons et commandons aussi a tous noz justiciers, officiers et subgez que a vous, vos commis et depputez, en ce faisant, obéissent et entendent dilligenment. Et, par rapportant ces présentes ou vidimus d'icelles fait soubz seel royal avecques quittance sur ce des diz supplians, nous voulions que tout ce qui baillé aura esté par les diz vicontes, receveur et maistre particulier de la monnoye, soit alloué en leurs comptes et rabatu de leurs receptes par noz amez et feaulx gens de noz comptes a-Paris ausquelz nous mandons et enjoingnons expressément que ainsy le facent sans aucun contredit, car ainsy nous plaist il estre fait, non obstans quelconques ordonnances, mandemens ou deffenses ad ce contraires. Donné a Paris le ni" jour d'aoust l'an de grâce mil quatre cens et dix huit, et de nostre règne lexxxviii". Ainsy signé : par le roy. N. du Quesnoy.
Item, ensuit la teneur des lettres des diz commissaires.
Les generaulx conseillers et commissaires ordonnez par le roy nostre sire sur le fait et gouvernement de toutes ses finances, a Guillaume Biote i, salut. Veues par nous les lettres du • roy nostre dit seignour ausquelles ces présentes sont atachées soubz l'un de noz signez, faisant mencion des religieux, abbé et couvent du Mont Saint Michiel ausquelz icelluy seigneur, pour les causes es dictes lettres contenues, a octroie la somme de quinze cens livres tournois a icelle prendre sur les vicontes d'Avrenches, de Constances, le receveur des aidez au dit lieu d'Avrenches et sur le maistre particulier de la monnoie de Saint Lo, pour icelle somme convertir et emploier ou paiement de certaines gens d'armes et de trait et autres choses neccessaires pour la deffense du dit lieu du Mont ; nous, pour acomplir le contenu es dictes lettres, vous mandons que incontinent, ces lettres veues, vous vous transportez par devers les diz vicontes, receveur et
I. Guillaume Biote, écuyer, habitant d'Avranches, seigneur de la Roche au Beuf (Arch. Nat., P 290 ', n°5 24 et 35), ne tarda pas à se rallier aux envahisseurs et fut nommé par Henri V, en récompense de sa soumission, vicomte de Carentan, le 11 mars 1432 {Mém. de la Soc. des Ant. de Nom., XXIH, 23o, n» i3i7)
maistre particulier de la dicte monnoie et les estas de leurs receptes veez et visités et, sur ce qui par la fin d'iceulx estas vous apparra par eulx estre deu au roy nostre dit seigneur, faites paier, baillier et délivrer incontinent et sans aucun delay aus diz religieux, abbé et couvent la dicte somme de quinze cens livres tournois, et ad ce les contraignez et faictes contraindre par la fourme et .manière qu'il est acoustumé a faire pour les propres debtez du roy nostre dit seigneur. Ausquelz vicontez, receveur et maistre particulier nous mandons que ainsy le facent. De ce faire vous donnons povoir, mandons et commandons a tous a qui il appartendra que a vous et a voz commis, en ce faisant, soit obey pour les causes, et tout par la fourme et manière que le roy nostre dit seigneur le veult et mande par ses dictes lettres. Donné a Paris le vii<= jour d'aoust l'an mil cccc et dix huit. Ainsi signé. G. Gente.
En tesmoing de ce, nous avons mis ad ce présent transcript ou vidimus le grant seel aux causes de la dicte seneschaussée du dit lieu du Mont, en l'an et jour premier dessus diz. Collacion faicte aux lettres originaulx par moy G. Biote et par moy Dieulefist.
(Arch. du dép. de la Manche, série H, n» i5343.)
141g (n. st.), 17 FÉVRIER, PONTORSON
Jean, seigneur d'Arundel et de Maltravers, délivre une lettre de sauvegarde à Michel de la Tiiise, de Carentan '.
Jehan, seigneur d'Arondel et de Maltravers, conservateur
I. Cette pièce, dont nous publions le texte d'après un vidimus de Julien Caruel, garde du scel des obligations de la vicomte de Carentan, en date du 24 octobre 1419, nous offre la formule de ces « bullettes » ou « bullettes de ligeance » que tout Normand devait se faire délivrer, pour n'être pas inquiété par les Anglais et pour obtenir la restitution de ses biens englobés dans la con-
des trieves i en ceste partie, a toux ceulx qui ces présentes lettres verront ou orront, salut. Savoir faisons nous avoir prins et mis en nostre protteccion et sauvegarde de nostre souverain seignour le roy Henry, par la grâce de Dieu roy de France, d'Engleterre, duc de Normendie et seigneur d'Irlande, Michiel de la Tuise, de la parroisse de Carenten, qui est son homme lige juré en fourme deue, avecques toux ses héritages, femme, famille et biens quelxconques. Donné a Pontorsson 3 le xvii^ jour de février l'an mil inic et xviii.
(Bibl. Nat., Quittances, t. 52, n°5438.)
1419 (n. st.), 5 MARS, COUTANCES
Lettres de sauvegarde délivrées par Jean Assheton, chevalier, capitaine de Couiances, bailli du Cotentin, à Colin Bataille, de Carentan.
Sachent tous nous Johan Assheton 3^ chevalier, cappitaine de Coustances, bailli de Costentin et commissaire du roy
fiscation en masse, décrétée par Henri V le 9 février 1419, de toutes les propriétés privées de la Normandie fMém. de la Soc. des Ant. de Norm., XXIO, 53, n^ 297).
1. Par acte daté de a cité royale de Bayeux le 7 mars 14 18, Henri V avait institué Jean Arundell de Lichet Maltravers et Roland Leyntale, chevaliers, ainsi que maître Jean Stokes, docteur en loi|, conservateurs des trêves conclues avec Yolande d'Aragon, reine de Jérusalem et de Sicile, et Louis, fils de Yo-
andc, duc d'Anjou (Mém. de la Soe. des Ant. de Norm., XV, 289, col. i).
2. En décembre 1418, Jean Arundell de Maltravers, qualifié notre cousin (( noster consanguineus » par Henri V, avait succédé comme capitaine des château et ville de Pontorson à Jean Gray {Ibid., XXHI, 117, n» 711). Le mandement, dont nous publions le texte, prouve que la nomination de Jean, seigneur d' Arundell, comme capitaine de Pontorson, rapportée par Bréquigny au mois de décembre 14 19, doit être reculée d'un an et remonte à la fin de 141 8. Dès le 12 juin 1419, Arundell fut remplacé dans la capitainerie' de Pontorson par Guillaume de la Pôle, comte de Suffolk (Ibid., 99, n° 610).
3. Par acte daté de la cité royale de Bayeux le 14 mars 141 8, Henri V
PIÈCES DIVERSES qS
nostre souverain seigneur, avoir prins et mis en la proteccion et sauvegarde d'icellui seigneur Colin Bataille, de Carenten, homme rendu juré lige et subget du roy nostre dit seigneur, aveques tous ses bienz, famille, choses et possessions quelxconques. Donné a Coustances le chinquime jour de mars l'an mil iiiic et xviii. H. le Bret.
(Bibl. Nat., Quittances, t. 5-2, m" 5526.)
141 g, l3 NOVEMBRE, BOURGES
Le dauphin Charles , régent du royaume , duc de Berry, de Touraine et comte de Poitou, autorise Robert, conseiller du roi, abbé du Mont- Saint- Michel , à lever pendant trois ans une aide de 20 sous tournois sur chaque queue de bon vin, de 10 sous sur chaque queue de vin du crû du pays, de 5 sous sur chaque queue de cidre, débitée dans la ville du dit Mont, de 2 0 sous sur chaque queue de bon vin, de 10 sous sur chaque queue de menues boissons débarquée au havre du dit Mont, afin d'employer le produit de cette aide à la mise en état de défense de la forteresse devant laquelle les Anglais viennent tous les jours.
Charles, filz du roy de France, régent le royaume, daulphin de Viennois, duc de Berry et de Touraine et conte de Poictou, a tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Savoir faisons nous avoir receu l'umble supplicacion de nos-
avait nommé sir John de Asshton, chevalier, bailli du Cotentin {Ibid., XXIII, 61, n" 326; Bibl. Nat., Quitt., t. 5i, n° 5299). Suivant la judicieuse remarque de M. Léopold Delisle (Ibid.. XIX, 109), Bréquigny s'est trompé en rapportant la nomination de sir John de Asshton, comme bailli du Cotentin, à l'année 1419. A défaut d'autres preuves, la mention de Bayeuxd-'oii cette nomination est datée suffirait pour établir que l'acte est de 1418. Sir John de Asshton avait rempli auparavant les fonctions de sénéchal de Bayeux que Henri V lui avait confiées par acte daté de sa ville de Caen le 20 septembre 1417 {Ibid. XV, 275, col, i).
tre amé et féal conseillier de mon seigneur et de nous Robert i, abbé du Mont Saint Michiel ou péril de la mer, ou pais de Normandie, contenant que, comme la ville et chastel du dit lieu du Mont Saint Michiel soit assis en port de mer, en frontière des anciens ennemis et adversaires de mon dit seigneur et nostres les Anglois, estans a présent ou dit pais de Normandie, et pour ce soit besoing de fortiffier, garder et emparer icelle ville et chastel si et par tele manière que par deffault d'emparement, garde et fortifficacion, elle ne chiee es mains des diz ennemis, laquelle chose, obstant la grant guerre que font les diz anciens ennemis au dit suppliant et par especial es rentes, revenues et appartenances appartenans au dit lieu et lesquelles ou au moins grant partie et revenue d'icelles ilz détiennent , prennent et occuppent, et aussi es bourgois, manans et habitans et autres gens retrayans en icelle, dont le dit suppliant et aussi les diz bourgois, manans et habitans sont moult diminuez et apovris de leurs chevanches, il ne pourroit ne n'auroit de quoy garder, fortiffier, ne emparer icelle place des emparemens et fortifficacions qui y faillent et sont a présent neccessaires , sinon par aucvm aide, ait advisé, pour le bien de la dicte place et de tout le pais d'environ, et pour icelle tousjours entretenir en l'obbeissance de mon dit seigneur et nostre et éviter les grans [griefs] qui par deffault des dictes reparacions se pourroient ensuir en la dicte ville, mesmement que les diz anciens ennemis sont et viennent chascun jour devant icelle 2,
1. Robert Jolivet, né à Montpinchon (Manche, arr. Coutances, c. Cerisy-la- Salle), abbé du Mont-Saint-Michel après la mort de Pierre Le Roy survenue à Bologne le 14 février 141 1, avait été maintenu, comme son prédécesseur, dans la capitainerie du Mont, en ,vertu de lettres patentes de Charles VI du 18 juin de cette année (Dom Huynes, II, 98 à 100). La bulle du pape Jean XXIII, instituant Robert Jolivet abbé du Mont-Saint-Micliel, est datée du 22 mars Tan premier de son pontificat, c'est-à-dire du 22 mars 141 1, puisque Balthazar Cossa, élu pape à Bologne le 17 mai 1410, ne fut sacré et couronné sous le nom de Jean XXIII que le 2 5 mai de cette année. Robert Jolivet prêta serment au roi, comme abbé du Mont-Saint-Michel, le 18 juin 141 1 (Arch. Nat., P 267 2, n" 549).
2. On peut inférer de ee passage que les défenseurs du Mont-Saint-Michel, qui avaient réussi à reprendre aux Anglais Avranches et Pontorson vers la mijuin 1419 (Méfft. de la Soc. des Ant. de Norm., XXIII, 100, n'' 617; Lobineau, Hist. de Bret., Preuves, col. 965), avaient déjà perdu leurs avantages et se trouvaient de nouveau réduits à la défensive au mois de novembre suivant.
estre mis et assis en la dicte ville un aide jusques à trois ans prochainement venant, c'est assavoir sur chascune queue de bon vin vendue a détail en la dicte ville vint solz tournois, sur chascune queue de vin du creu i du pais dix solz tournois, sur chascune queue de sydre cinq solz tournois, sur chascune queue de bon vin descendue ou havre de la dicte ville vint solz tournois et sur chascune queue de menuz boires dix solz tournois. Et lequel aide sera prins, levé, receu et exigé sus tous les vendeurs, tant nobles, gens d'église comme autres, ce que le dit suppliant n'oseroit bonnement faire, combien que ce feust pour emploier et convertir en ce que dit est, sans avoir sur ce de nous congié et licence, si comme il dit, requérant humblement iceuls. Pour ce est il que nous, ces choses considérées et les bons et agréables services que le dit suppliant a faiz a mon seigneur et a nous a la garde et defFense de la dicte place et l'obéissance de lui et de nous, fait chascun jour et espérons que encores face ou temps advenir, et aussi que nous voulons et desirons icelle estre, attendu le lieu où elle est assise, fortiffiée et emparée si et par tele manière que par detFault d'emparement et fortifficacion elle ne chiee es mains des diz ennemis, et que nostre entencion n'est pas d'empeschier le bien et prouffit de la chose publique, au dit suppliant avons octroie et octroyons par ces présentes, de l'auctorité royal dont nous usons, que d'ores en avant, de cy a trois ans prouchain venans, il puisse lever et mettre sur le dit aide ou impost dessus declairé, ou içellui baille a ferme au plus offrant et derrain enchérisseur..., et que tous les deniers qui en ystront soient convertiz et emploiez es dictes fortifficacions, reparacions et emparemens et non ailleurs, car ainsi nous plaist il et voulons
estre fait Donné en nostre ville de Bourges le xiii<= jour de
novembre l'an de grâce mil cccc et dix neuf. Par monseigneur le régent daulphin, a la relacion du Conseil. Alain. (Or. se.)
(Arch. du dép. de la Manche, série H, m» i534j bis.)
I. On est en droit de conclure de cette mention du cru du pays, non-seulement que l'on récoltait du vin dans FAvranchin en 141 9, mais encore que ce vin était l'objet d'un commerce assez important pour devenir ce qu'en terme de finance on appelle une matière imposable. Seulement, en opposant le vin du cru au
Jean de Harcourt, comte d'Aumale, lieutenant du roi et du régent, et ayant la garde des abbaye, forteresse et ville du Mont- Saint-Michel, en l'absence de l'abbé et en présence des religieux, fait prendre en la trésorerie de la dite abbaye un certain nombre de joyaux ci-dessous énumérés appartenant aux dits religieux et à Jacqueline, veuve de Nicole Paynel, chevalier et seigneur de Bricqueville ,
Nous Jehan d'Harecourt, conte d'Aubmalle i, lieutenant de nostre seigneur le roy et de monseigneur le régent et ayant la garde des abaye et forteresse et ville du Mont Saint Michel, avons fait prendre en la trésorerie de la dicte église certains biens cy après desclairés, ad ce presens aucuns des religieux d'icelle en l'absence de l'abbé 2 du dit lieu, c'est a savoir six hanaps 3 d'argent a pié dorés et esmaillés, pesans
bon vin et en le soumettant à des droits moitié moindres, la chancellerie royale indique clairement la médiocre qualité du produit des vignobles bas-normands.
1. Jean VIII de Harcourt, comte d'Aumale et de Mortain, seigneur d'Auvers, né le 9 avril 1 396, était fils de Jean VII, comte de Harcourt, et de Marie d'Alençon.
2. Cet abbé est Robert Jolivet qui, d'après les historiens du Mont-Saint-Michel, n'aurait quitté son abbaye pour faire sa soumission au roi d'Angleterre qu'en 1420. Il est certain que, dès le 9 mai 141 9, Henri V, qui se trouvait alors au château de Vernon, délivra des lettres de sauf-conduit « pro Roberto Jolesfeit {lise^ : Jolivet), abbate Sancti Michaelis, usque ad presenciam régis cum XX personis veniendo. » {Mém. de la Soc. des Ant. de Norm., XXIII, 221, n" 1261, art. 25). Cette démarche avait été sans doute provoquée par la donation à Jean Skelton, le 3o mars précédent, des biens de Robert Jolivet et de ses frères Jean, Richard et Guillaume, fils de feu Jean Jolivet, ch" (Ibid., 65, n" 346 ; Reg. des dons, p. 81). C'est par erreur que les deux savants éditeurs des extraits de Bréquigny ont imprimé « Tolivet », au lieu de Jolivet. — D'un autre côté, dans une lettre ci-dessus mentionnée, en date du i5 juin 1420, adressée par sir John de Asshton, bailli du Cotentin, à Henri V, on lit ce qui suit : « Also yat abbot of ye Mount has sent for safe condute for to corne to zour obeysshans... » (Ibid., XXIII, 264, n» iSyô.)
3. La lettre du bailli de Cotentin au roi d'Angleterre contient, au sujet de cette prise de possession par le duc d'Aumale d'une partie du trésor du Mont- Saint-Michel, les plus curieux détails : » Moste hegh and myghty prince, like
chascun trois mars demye once ou environ, deux cens escuz en or, une coupe d'or pesante... mars trois unces, sur laquelle il avoit ung baloy et plusieurs perles avec un eguiére d'or pesant neuf unces et demye, desquelles couppe et eguiére il appartient, comme l'en dit, certaine porcion a dame Jaq- [uemine] ', veufve de feu monseigneur NicoUe Paisnel, jadis chevalier et seigneur de Briqueville 2 ^ et l'autre porcion avecques autres biens dessus desclairés sont et appartiennent a la dicte église du Mont. En tesmoing desquelles choses, nous avons mis nostre seel a ces présentes, pour leur valloir descharge et quittance, les en acquiter en garentie vers touz et contre tous ou temps advenir. Donné au dit lieu du Mont Saint Michel le xxi^ jour de moy l'an mil iiiic vingt. Ainsy signé ; par monseigneur le conte et lieutenant. N. de Friboys.
(Arch. du dép. de la Manche, série H, ji" i535o.)
Jean de Harcourt, comte d'Aumale, lieutenant du roi et du régent, gardien des abbaye, ville et forteresse du Mont- Saint-Michel, en présence des seigneurs d'Auj^ebosc, des Biards, de messire Jean d'Annebault, de Colin Boucan et autres, confirme les privilèges des religieux, en récompense de leur fidélité éprouvée et en révérence de cette sainte place.
Jehan de Harcourt, conte d'Aubmalle, lieutenant de mon-
zow {■{, devant une voyelle, est pour y) to witte yat after yat ye erle of Aumadl and ye frenssh men, yat weren wit him, were departed out of ye Mounte, and hadde taken wit yaim ye tresour yat yer... in departynge of y is good emonge yaim, yer fel gret debate and was gret figlhe, and yat yay kepe ye good emonge yam selven and bien avysed to sende yat Dolfyn no parte yerof... « (Jbid.)
1 . Jacquemine ou Jacqueline de Varennes, veuve de Raoul Tesson, seigneur du Grippon, remariée en 1396 à Nicolas Paynel, seigneur de Bricqueville.
2. Auj. Bricqueville-sur-Mer, Manche, arr. Coutances, c. Bréhal.
seigneur le roy et de monseigneur le régent le royaume, daulphin de Viennois, et garde des abbaye, ville et forteresce du Mont Saint Michiel, a tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Comme pour obvier a la malice, dampnable propos et entencion des Angloiz, ennemis anciens de monseigneur le roy, de mon dit seigneur le régent et de ce royaume, lesquelz ennemis ont par plusieurs foiz et divers moyens essayé de entrer es dictes abbaye, ville et forteresce, et la occupper et tenir en l'obéissance des diz ennemis, nous y soyons n'a gueres venuz et, moyennant la grâce de Nostre Sire, y sommes entrez, et soit de présent du tout en la bonne obéissance de monseigneur le régent, et pour et ou nom de lui en ayons prins la garde et y mis certaine provision de gens d'armes, de trait et deffensables, pour la tuicion, garde et deffense d'icelle, et a ce que elle puist plus seurement estre gardée, conservée et tenue en l'obéissance de mon dit seigneur ; et il soit ainsi que les dis religieux nous ayent supplié et requis que, pour occasion de ces choses, leurs drois, nobleces, privilèges , prérogatives et anciennes libertez ne puissent estre deperiz ou aboliz, savoir faisons que nous, ces choses considérées et le très grant et bon vouloir que les dis religieux ont tous] ours eu et ont a mon dit seigneur, ainsi qu'ilz l'ont bien monstre par effeit, et en révérence de ceste saincte place et du divin service qui par prérogative de especial faveur doit estre soubstenu, conservé et augmenté, nous, en tant que faire le povons, avons voulu, octroyé et declairé et par ces présentes voulons, octroyons et declairons les dis religieux estre et demourer, joir et user des anciens droiz, privilèges, prérogatives, franchises, noblesces, honneurs et libertez dont ilz ont acoustumé joir et user es temps passez, après la fin et conclusion des dis ennemis, sans ce que les choses dessus dictes leur puissent ne doyent porter préjudice aladiminucion de leurs diz privilèges, noblesces et droiz ne autrement, sauf et réservé en touz cas la provision et ordonnance de mon dit seigneur le régent. En tesmoing de ce, nous avons fait mettre nostre scel a ces présentes. Donné au Mont Saint Michiel le xxvii^ jour de may l'an mil cccc vingt. Par monseigneur le conte et lieutenant, presens les sires d'Ausbosc »,
i. Louis d'Estouteville, fils aîné de Jean II, sire d'Estouteville, alors prison-
des Biars i, messire Jehan d'Onnebaut 2, Colin Boucan 3 et autres. N. de Fribois.
(Or. se.) (Arch. du dép. de la Manche, série H, n° i534g.)
nier en Angleterre, et de Marguerite de Harcourt, s'intitulait alors sire d'Auzebosc; il ne prit le titre de sire d'Estouteville qu'après la mort de son père arrivée avant le 9 février 1436. Dès le 26 mars 1418, Henri V avait donné à Jean Harpedenne, chevalier, les seigneuries de Chanteloup, d'Appilly et de Créances confisquées sur Jeanne de la Champagne, belle-mère du seigneur d'Auzebosc, « que fuerunt Johanne de Champayn, que fuit uxor Nicholai Paignel adliuc absentis », et valant 800 écuspar an [Mém. de la Soc. des Ant. de Norm., XXIII, 19, n" 79). Le 10 avril 1419, le roi d'Angleterre concéda à Jean de la Pôle, chevalier, les fief et seigneurie de JMoyon et de « Maynusseron » (sans doute Mesnil-Ceron, Manche, arr. Saint-Lô, c. Percy), sis au bailliage de Cotentin et évalués à 1000 écus de revenu par an, « que fuerunt Nicholai Paynell, chivaler jam defuncti, et que Ludovicus de Fouleville {lise^ : d'Estouteville}, chivaler adhuc rebellis, ut de jure uxoris sue, Jilie predicti Nicholai, nuper tenuit » {Ibid., 6g, n» ^^3).
1 . Guillaume le Soterel, baron des Biards (Manche, arr. Mortain, c. Isigny), marié à Marguerite du Plessis. Après avoir défendu son château contre les Anglais, vers la fin de 141 8, avec une énergie dont la légende populaire a conservé le souvenir (Sauvage, Légendes normandes, 2» éd., p. 82 et 83), cet intrépide chevalier était allé s'enfermer dans le Mont-Saint-Michel pour y continuer la lutte contre les envahisseurs. Aussi, le 19 avril 1419, Henri V avait confisqué tout ce que le baron des Biards possédait dans le bailliage de Cotentin, évalué à 800 écus de revenu annuel, et l'avait donné à Thomas Bowet [Mém. de la Soc. des Ant. de Norm., XXIII, 77, n" 432). Le i5 juin 1420, le bailli du Cotentin mentionne la présence de Guillaume le Soterel dans la ville du Mont-Saint-Michel dont les remparts récemment élevés formaient la première ligne de défense de l'abbaye : « be nethe in ye toun (du Mont-Saint-Michel) ys ye baron of Byars » (Ibid., 254, n» l'ijbi). Dans Tarrangement intervenu en 1420 entre le comte d'Aumale et les religieux du Mont-Saint-Michel, que l'on a rapporté par erreur à l'année 1440, le baron des Biards est aussi l'un des trois commissaires désignés pour faire observer cet arrangement dans la ville du Mont [Ibid., XV, 21 3, col. i).
2. Jean d'AnnebauIt, fils de feu Raoul, seigneur d'Annebault, (auj. Appeville dit Annebault, Eure, arr. Pont-Audemer, c. Montfort-sur-Risle) et de Catherine le Bouteiller, dont le douaire se composait de fiefs sis à Maisy en la vicomte de Bayeux {Ibid., XXIII, 28, n" 188). Jean d'AnnebauIt avait été l'un des courageux défenseurs de la Roche-Guyon et s'était fait délivrer, après la reddition de ce château, un sauf-conduit pour se rendre en France [Ibid., 221, n" 1261), Le 16 janvier 142 1, Henri V donna à Jean Bourghop, écuyer, les fiefs dits d'Oenville et de Manteville, « que fuerunt Johannis d'Enebaut et Guillelmi Paviot, militum, hue usqueinobediencium» [Ibid., iby, a." 916). Le le^mai 1418, le fief d'AnnebauIt, dans la vicomte de Caen (Calvados, arr. Pont-1'Evêque c. Dozulé), avait été donné à Thomas Cuappel, écxiytr {Ibid . , 18, n" I25), qui en fit aveu à Henri V le 26 novembre suivant {Arch. Nat., P 3o6, n" 3o).
3. Le 5 mai 1419, Henri V donna à Robert Seguin les terres confisquées de
1420, 3l MAI, AVRANCHES
Procès-verbal de l'exécution, par ordre de Guillaume Gautier, vicomte d'Avranches, d'un certain nombre de « brigands » y dénommés, qui ont été livrés au dit vicomte, du 4 novembre 141g au 23 avril 1420, par Edmond Charles, écuyer, lieutenant du comte de Suffolk, seigneur de Hambye, de Bricquebec, amiral de Normandie et capitaine d'Avranches.
A touz ceulx qui ces présentes lettres verront, Guillaume Gautier, viconte d'Avrenches, salut. Savoir faisons que par noble escuier Esmon Charles, lieutenant de monseigneur le conte de Suffolk, seigneur de Hambuye i, de Briquebec, admirai de Normendie et cappitaine d'Avrenches, nous ont esté baillez et livrez es prisons du roy nostre sire pluseurs larrons et brigans, prins et amenez au dit lieu d'Avrenches
Nicolas Boucan, absent, sises au bailliage de Cotentin et rapportant 100 écus par an (Me?M. de la Soc. des Ant. de Norm., XXIII, 89, n" 533; Reg". des dons, 93). Nicolas Boucan tenait du seigneur du Grippon le fief noble de Misouard, situé alors en Lolif et aujourd'hui en Montviron (Manche, arr. Avranches, c. Sartilly). Deux lieux dits de Subligny, le rocher Boucan et la Boucanière, semblent conserver le souvenir de la famille, éteinte depuis longtemps, à laquelle appartenait Nicolas (LeHéricher, Avranchin monumental, l\, i34, 658).
I. Par acte daté ds sa cité de Bayeux le i3 mars 1418, Henri V avait donné à son très-cher cousin Guillaume ou William, comte de Suffolk, les châteaux et domaines de Hambye et de Bricquebec, évalués à 35oo écus de revenu annuel, qui avaient appartenu à feu Fouques Paynel, en son vivant chevalier banneret et seigneur des dits lieux (Mém. de la Soc. des Ant, de Norm., XV, 254). Cette donation était faite au mépris des droits de Jeanne Paynel, fille unique et héritière de Fouques Paynel et de Marguerite de Dinant que Ton dit (La Chenaye - Desbois , Dict. de la noblesse, xi, 234) avoir été fiancée dès 141 6 au trop fameux Gilles de Laval, baron de Rais, et être morte la veille de ses noces. Jeanne Paynel fut confiée pendant sa minorité à la tutelle de Jacqueline Paynel sa tante, remariée à Jean de Fayel, vicomte de Breteuil, et dame de Chantilly du chef de Pierre d'Orgemont son premier mari. La tante et la nièce étaient toutes les deux enfermées dans le château de Chantilly où elles avaient tenu jusqu'alors le parti du dauphin Charles, depuis Charles VII, lorsque, par l'entremise de Jacques Paynel, écuyer, seigneur d'Olonde, le seul membre de la famille des Paynel qui se fût rattaché au parti anglo-bourguignon, la garnison de ce château fit sa soumission à Charles VI, c'est-à-dire à Henri V, au mois de novembre 142 1 {Arch. Nat., JJ 172, n" 358),
par les aucuns Engloiz d'icelle garnison, affin d'en faire justice, c'est assavoir : Yvori Paien, Guillaume le Févre, natifz du pais de Bretaigne , lesqueulx , pour leurs démérites et ce qu'il fut trouvé qu'ilz estoient larrons et brigans, furent le iiii^ jour de novembre derrain passé exécutez et penduz ; Guillaume Hamelin, de la paroisse du Mesnil Beufx i, lequel, pour tant qu'il fut trouvé par sa confession qu'il avoit esté et chevauchié en la compaignye des brigans, fut icelui iiii'* jour de novembre condampné a faire en la dicte viconté l'office de la haulte justice du roy nostre souverain seigneur ; Jehan Herpe, du Grippon, 2 lequel pour ses démérites fut escolleté le xvii^ jour du dit moys de novembre; item, Michiel Toubon, de Saint Senier 3^ Michiel Soutif , de la paroisse de On 4, qui semblablement, le xiiii" jour du moys de février prouchain ensuyant, pour leurs démérites furent escolletez et mis a execucion ; item, Jehan Megret, de la parroisse de Quernet 5, lequel pour ses démérites fut exécuté et pendu le xx^ jour du dit moys ensuyant; item, Macé le Bas, de Cherencé le Héron 6, Perrin de Holleville, natif de Boullongne sur la mer, Guillaume de la Fresnoye, de Saint Jame de Bevron, Guillaume Jamet, de Saint Jehan du
Gouroil 7, Jehan Poytevin, de Tirepied 8, Peppin, de la
Chése Baudouin 9, et Pierres d'Aunoy, d'icelle parroisse de la Chése, touz lesqueulx, le xxix'' jour du moys de mars derrain passé, furent pour leurs démérites exécutez et penduz, exexpté le dit Macé le Bas qui fut escolletté ; item, Laurens de Querville, dit le Boullengier, de la parroisse de Brecteroville 'o, Perrin le Hagueron, de Hambuye, et Guillaume le Sachier, de Sacé", qui semblablement le Tpenulletier (sic)
i. Le Mesnil-Bœufs, Manche, arr. Mortain, c. Saint-Sauveur-Lendelin.
2. Auj. hameau de la commune des Chambres, Manche, arr. Avranches, la Haye-Pesnel,
3. Saint-Senier-sous-Avranches, Manche, arr. et c. Avranches.
4. Auj. Saint-Martin-d^On, Calvados, arr. Vire, c. le Bény-Bocage.