AVRIL, TOURS
Jean de Harcourt, comte d'Aumale, donne quittance de 3 000 livres tournois qu'il reçoit en prêt des supérieur et religieux du Mont-Saint-Michel par la main de Geffroi Cholet, prieur de Villamer, religieux du dit Mont, son conseiller, et qu'il s'engage à rendre pour le terme de la Saint-Jean (24 juin) prochain.
Nous, Jehan de Harecourt, conte d'Aubmalle, congnoissons
'Nat., JJ 169, n»s 121, lôo, 200, 2 5o, 417, 493), l'héroïque défenseur du château de Falaise'^en décembre 14 17 et janvier 1418 {Mém. de la Suc. des Ant. de'Norm. XV, 25i, 253, 271 et 272),
et confessons avoir eu et receu de religieux et honnestes hommes et noz très chiers et bien amez en Dieu les supprieur et aultrez religieux du Mont Saint Michiel en péril de la mer, la somme de trois mil livres tournois i, monnoye courant, que les dis religieux nous ont fait délivrer et baillier en pur prest par la moin de nostre amé et féal conseillier mestre Geffroy Cholet, prieur de Villamers 2, et religieux du dit lieu du Mont, laquelle somme de trois mil livres tournois monnoie dicte noiis promettons rendre et poier ou faire rendre et poier bien et loyalment aux dis religieux dedens le jour de la feste Saint Jehan Baptiste prochain venant, sur l'obligacion de touz nos biens presens et advenir, en nous rendant toutes foiz ou a personne commise de par nous ceste présente obligacion laquelle pour tesmoing de ce nous advons fait seeller de nostre seel et signée de nostre saing manuel. Donné a Tours le huitième jour d'avril 3 l'an de grâce mil iiii'^ vingt ung après Pasques 4. (Arch. du dép. de la Maitche, série H, n° i5354.)
1. Il résulte d'une décharge, donnée le i5 avril 1426 aux religieux du Mont- Saint-Michel, par les doyen et chapitre de Notre-Dame de Bayeux, que le comte d'Aumale fit aussi argent d'une partie des joyaux de cette église renfermés avec des reliques dans trois caisses et appartenant au dit chapitre. Les religieux du Mont, à qui ces joyaux avaient été confiés à titre de dépôt, essayèrent en vain de s'opposer à ce qu'ils considéraient comme une profanation : « ipsi (religiosi) invicem congregati, sacras quandoque vestes induentes, processionem et missam sollennem, ad Dei et sanctorum quorum sunt reliquie veneracionem, célébrantes, aggredientibus inhibentes ex parte Dei et sancti Michaelis, ne sacra tangerent manibus prophanis, ipsos pluries ab inceptis arcuerunt ipsorumque ofScio multa preservata sunt. » [Arch. du dépmde la Manche, série H, n» i53i3).
2. Auj. Villamée, Ille-et-Vilaine, arr. Fougères, c. Louvigné-du-Désert. Le prieuré de Saint-Martin de Villamer, qui avait été donné par Mcen, évêque de Rennes, à l'abbaye du Mont-Saint-Michel d'où il est distant d'environ cinq lieues anciennes, était situé au diocèse de Rennes, près des sources du Beuvron.
3. Dix jours seulement avant la date de ce mandement, le 22 mars 1421, le comte d'Aumale avait pris une part glorieuse à la victoire de Baugé remportée sur les Anglais de Thomas Lancastre, duc de Clarence, par une armée francoécossaise. Le !«'■ octobre suivant, Jean de Harcourt était encore en Anjou où il passa une revue à Durtal ; il avait alors sous ses ordres cinq chevaliers bannerets, les mêmes sans doute qu'il avait commandés à la journée de Baugé, Louis d'Estouteville, sire d'Auzebosc, Charles de Mauny, sire de Lingèvres, Charles d'Esneval, Guillaume Martel, sire de Bacqueville, Louis Martel, et en outre 2 chevaliers bacheliers et 20 écuyers (La Roque, Hist, de la maison de Harcourt, IV, i683j.
4. Vidimus du 14 septembre 145 1, scellé du sceau de la vicomte d'Avranclies.
Montre de Nicole Paynel, chevalier banneret, 4 chevaliers bacheliers et 1.4 écuyers de sa chambre et de la compagnie d'Olivier de Mauny, sous la retenue des duc d'Alençon et comte , d'Aumale.
La monstre demessire Nicole Paynel i, chevalier banneret, quatre chevaliers bacheliers et quatorze escuiers de sa chambre, de la compaignie messire Olivier de Mauny, chevalier, soubz la retenue de messeigneurs les duc d'Alençon et conte d'Aubmale, receuz au Mont Saint Michiel le premier jour de may l'an mil cccc et vingt ung.
Et premièrement le dit messire Nicole, chevalier banneret. Messire Jehan du Homme 2, messire Guillaume de
1. Nicolas ou Nicole Paynel, seigneur de Bricqueville-sur-Mer, fils de Nicolas Paynel, mentionné plus haut comme mort (v. plus haut, p. 96) et de Jacquemine de Varennes, marié à Jeanne de Hunckerke. Nicole Paynel était gardien et capitaine de Coutances lorsque cette ville, assiégée par le comte de Huntingdon, l'un des lieutenants de Henri V, avait capitulé le 16 înars 1418. Dès le 5 avril de cette année, le roi d'Angleterre avait confisqué le château et la seigneurie de Bricqueville dont il avait gratifié son cousin Jean Holand, comte de Huntingdon {Mém. de la Soc. des Antiq. de Normandie, XXIII, 14, n» 99).
2. Le fief du Homme est en Poilley (Manche, arr. Avranches, c. Ducey). Le 24 avril 1419, -Henri V accorda un répit d'un mois pour lui faire hommage à Pierre de Catterton, écuyer, à qui il venait de donner les terres confisquées de Jean du Homme, écuyer, sises en la vicomte d' Avranches {Reg: des dons, p. 82 ; Mém. de ta Soc. desAnt. deNorm., XXIH, 2« livraison, supplément, p. 4, col.2^ Ce Jean du Homme, en sa qualité de seigneur du Mesnil-Drey (Manche, arr. Avranches, c. la Haye-Pesnel), devait aux religieux du Mont-Saint-Michel, à cause de leur baronnie de Saint-Pair, le service d'un chevalier, « en l'ost » du roi de France, duc de Normandie, pendant 40 jours. Marie du Homme, fille aînée et héritière de ce Jean du Homme, l'un des principaux défenseurs du Mont contre les Anglais, épousa Jean de la Perrière. En 1462, une autre Marie du Homme, sœur de Jean du Homme, était mariée à son cousin Guillaume du Homme, écuyer, qui tenait alors en parage de Jean de la Ferrière, son neveu par alliance, le fief du Mesnil-Drey (Arch, Nat., P 2893, n» 285).
PIECES DIVERSES I I t
Parcy ', messire Jehan de la Haye 2, messire Guillaume de Coulombiéres 3, chevaliers bacheliers. — Thomin de Perse 4, Jehan Gohier, le seigneur d'Esquiley 5^ Hervé The-
I. Si nous voyons figurer ici Guillaume et Thomin de Percy parmi les défenseurs du Mont-Saint-Michel, Robert de Percy, ch*'', seigneur de Soulles, et Jean de Percy, écuyer, tenant lief à Formigny, firent leur soumission à Henri V en 1418 et 1419 fMe'ffz. de la Soc. des Ant. de Norm., XXIII, 211, n» 1194; Ibid., 65, n" 344; Arch. Nat., P 3o6, n" 94).
3. Le 8 octobre 1420, le roi d'Angleterre concéda à Jean Clifton les terres confisquées, évaluées à 600 écus de revenu annuel, de Jean de la Haye, de Beaucoudray (Manche, arr. Saint-LC, c. Tessy), chevalier, et de sa mère Jeanne Grosparmy, c hue usque nobis inobedientes » (Mém. de la Soc. des Ant. de Norm., XXIII, 148, n° 870). Ce chevalier était seigneur de Villebaudon ^Manche, arr. Saint-Lo, c. Percy), relevant de la baronnie de Moyon, de Beaucoudray (Manche, c. Tessy), tenu en parage de Philippe de la Haye, cher, seigneur de la Haye-Hue (auj. la Haye-Bellefonds), frère aîné de Jean de la Haye, de Bouillon et de Lengronne, (Manche, arr. Coutances, c. Gavray), relevant de Montagu. Dans un aveu rendu le 24 avril 1452 par Maurice de Lesnerac, écuyer, marié à Perrine de la Haye, fille unique et héritière de Jean, on lit ce qui suit : « Pour ce que, en l'advennement des Anglois fait ou duchié de Normandie, pour lors qu^ilz vindrent usurper le dit duchié, deffunct messire Jean de la Haye, en son vivant chevalier et seigneur des dictes terres et seigneuries, père de la dicte damoiselle, s'estoit absenté et n'avoit pas voulu demourer en l'obéissance des dis Anglois, mais s'en estoit allé en l'obéissance du roy nostre dit seigneur euquel il estoit allé de vie à trespassement, et [avoit] delessié et abandonné ses dis héritages, terres et seigneuries qui pour cause de son absence avoient esté donnés par le roy d'Angleterre, c'est assavoir les dictes terres et seigneuries de Bouillon, de Beaucouldrey et de Lengeronne, à ung Anglois, surnommé Clifton, et la dicte terre et seigneurie de Villebaudon, à ung nommé Pierre Baille, qui tousjours durant l'occupation des diz Anglois les avaient tenues et occuppées. » [Bibl. Nat., Pièces originales, au mot La Haie).
3. Le 3 mai 1418, Henri V donna à Walter Cotford, écuyer, les manoir et seigneurie de Brucourt (Calvados, arr. Pont-1'Evêque, c. Dozulé), rapportant 3oo francs par an, confisqués sur Guillaume de Colombières, chevalier, « contra nos adhuc rebellis » (Mém. de la Soc. des Ant. de Norm., XXIII, 19, n'^ 129; Reg. des dons, 27).
4. Par acte daté de Mantes, en janvier 1423, Jean le Cler, originaire de la vicomte de Bayeux, serviteur de Jean Popham, naguères chancelier de Normandie, se fit donner les biens confisqués de Thomas de Percy, de Martin Henry et de Hennequin de Luce, rebelles {Arch. Nat., JJ 172, n" 223).
5. Jean de Sainte-Marie, écuyer, seigneur d'Équilly (Manche, arr. Coutances, c. Bréhal). Le g mars 1419, Jeande Asshton, bailli du Cotentin, avait été invité à exiger l'hommage de Jean de Sainte-Marie (Mém. de la Soc. des Ant. de Norm., XXIII, 219, n" 1249); et sur le refus de cet écuyer, le 7 septembre 1420, Henri V confisqua les terres de Jean, « hue usque nobis inobedientis, » et les donna à Jean, seigneur de Grey [Ibid., 147, n" 858). Jean de Sainte-
sart I, Olivier Roussel 2, Jehan de la Mote 3, Guillaume des Marestz, Jehan Piguace 4, Richart de Clinchamp 5, Colin de
Marie, écuyer, était possesseur, le 12 décembre 141 5, à cause de Guillemette de Méautis sa femme, d'un fief sis à Hébécrévon (Manche, arr. Saint-Lô, c. Marigny), tenu en parage de Jean de Méautis, écuyer, seigneur du Mesnil Amey '{Arch. Nat., P 3o4, n" gS). Jean de Sainte-Marie tenait aussi du seigneur de la Haye-Pesnel une franche vavassorerie sise au Tanu {Ibid., P 289 2, n" 169^
1. Le 19 juin 1418, Henri V donna congé à Louis Thesart, écuyer, sur les lettres de messire Guillebert d'Umfreville, chevalier, de jouir de ses terres et héritages, à condition qu'il irait devers le roi d'Angleterre en requérir don {Reg. des dons, p. 33). Le i3 mars 142 1, ce Louis Thesart fit aveu à Henri V du fief des Essarts sis en la paroisse de la Bazoque (Calvados, arr. Bayeux, c. Balleroy) {Arch. Nat., p. 3o6, n» 96). Hervé Thesart, écuyer, l'un des défenseurs du Mont-Saint-Michel, était peut-être le fils de Hébert Thesart, cher, dont la veuve, Perronnelle de Dampierre, que nous croyons être la mère de Hervé, tenait d'Olivier de Mauny, baron de Torigni, à la date du i5 novembre 141 3, le fief de Dampierre sis à Placy (auj., Placy-Montaigu, Manche, arr. Saint-Lô, c. Torigni) {Arch. Nat., P 3o6, no 3oi).
2. Olivier Roussel était l'un de ces Dou^e Pairs de la Terregatte, « duodecim Pares de Terra Vasta.), ainsi qualifiés dans le rôle de l'armée de Foix en 1272 {Hist. de France, XXIII, 763). Le 20 avril 1463^ Olivier Roussel, « tenant du fief anciennement appelé le haubert de la Terregatte » (auj. Saint- Aubin et Saint-Laurent de la Terre-Gatte, Manche, arr. Avranches, c. Saint-James), fit aveu au roi 10 du fief d'Astilly ou du Vueil sur le Loir, 20 du fief de Ferrières, 3o du moulin de Bailleul, 40 de l'aînesse de la Moinerie, 5o du fief Fauvel et de la Poincinière {Arch. Nat., P 2892, no 178).
3. Le fief de la Motte est en Bacilly (Manche, arr. Avranches, c. Sartilly). Le 2 janvier 1420, il y eut expédition du don fait par Henri V à Jean de la Motte, écuyer, de ses héritages et de ceux qui furent à Robert de la Motte, écuyer rebelle, son oncle, et l'on manda au bailli de Cotentin et au vicomte d' Avranches de le laisser jouir {Reg. des dons, p. î37). Jean de la Motte, écuyer, qui passa revue à Rouen le 12 octobre 141 5 (Bibl. Nat., Clairambault, t. 79, p. 1691), tenait aussi des religieux du Mont-Saint-Michel la vavassorerie de la Motte, à Saint-Planchers {Arch. Nat., P 289 3, no 285).
4. Le fief de Bouceel, qui appartenait alors aux Pigache, est en Vergoncey (Manche, arr. Avranches, c. Saint-James). Le 8 mars 1420, un délai d'un mois fut accordé à Guillaume Glasdall, chevalier, pour faire hommage des manoir et vavassorerie de Bouceel, en la vicomte d'Avranches, confisqués sur Jean
\et André, dits Pigasse, écuyers, rebelles {Reg. des dons, p. i5i). Le 12 août 1422, Henri V restitua à Olivier Mehubert et à Robine sa femme le fief de Bouceel détenu depuis quarante ans par Jean Pigache, Pierre Pigache, Guilaume et Nicolas de Verdun, « nobis nunc inobedientes et rebelles » {Mém. de a Soc. des Ant. de Norm., XXIII, 204, no 1 143).
5. Le 8 mars 1420, un délai fut accordé à Thomas Trollop, écuyer, pour faire hommage des terres, sises en la vicomte d'Avranches, dont il avait été gratifié et qui avaient été confisquées sur Richard de Clinchamp, écuyer, re-
PIÈCES DIVERSES 1 l3
Clinchampi, Robin de Fontenay 2 , Bertran de Mons3, Robert Roussel , Michiel de Plomb 4, escuiers.
(Bibl. Nat., Pièces originales, au mot Rouxel; document communiqué par M. Léopold Delisle.)
1421, l"' JUIN, MONT-SAINT-MICEEL
Revue ou montre de Guillaume des Biards, chevalier bannereî, i autre chevalier banneret, 2 chevaliers bacheliers et 16 écuyers.
La reveue de messire Guillaume des Biars, chevalier ban-
belle {Reg. des dons, p. iSi). Ces terres étaient situées sans doute en Précey (Manche, arr. Avranches, c. Ducey) dont la seigneurie appartenait aux Clinchamp dès le xv« siècle. Richard de Clinchamp et Colin de Clinchamp, qui suit, étaient frères et fils d'un premier lit de feu Guillaume de Clinchamp . Ce dernier, remarié à une nommée Robine dont il avait eu huit enfants, fit sa soumission aux Anglais [Reg. des dons, p. 128). L'un de ces huit enfants du second lit, maître Pierre de Clinchamp, était attaché à la maison de Jean Kempe, évêque de Londres ; il usa de son influence pour faire maintenir sa mère et ses frères et sœurs germains en possession de leurs biens (voyez le n" XLIII).
1. Colin de Clinchamp figure dans une revue passée à Villers, près Vendôme, le 4 août 142 1, parmi les 22 écuyers de la compagnie et de la chambre d'Olivier de Maimy, sire de Thiéville (Lobineau, Hist. de Bretagne, II, col. 979).
2. Robin de Fontenay, écuyer, était sans doute le fils de Robert de Fontenay, chevalier, rebelle, seigneur de Fontenay (Manche, arr. Valognes, c. Montebourg), dont le fief, s'étendant sur Ozeville et Lestre, avait été donné, le i*' mai 1419, à Jean de la Haye (Jdém. de la Soc. des Ant. de Norm., XXIII, 86, no 507).
3. Bertrand de Mons était, sinon le fils, au moins le très-proche parent de Raoul de Mons, ch", qui figure dans une montre passée à Villers, près Vendôme, le 4 août 142 1, comme l'un des 7 ch^rs bacheliers de la compagnie et de la chambre d'Olivier de Mauny, sire de Thiéville (Lobineau, Hist. de Bret., II, 979). Raoul de Mons tenait le fief de Mons, sis en Remilly (Manche, arr. Saint- Lo, c. Marigny), de Guillaume, seigneur de Montauban, de Remilly et de Marigny {Arch. Nat., P 3o6, no 55 1, fo 94), Le 27 décembre 1423, Henri VI donna les terres et seigneuries de ce chevalier, de sa femme et de Richard de Mons, prêtre, son frère, à un écuyer anglais, du comté de Wilts, nommé Walter Charleton {^rcA. Nat., JJ 172, n° 457).