‹ Chronique du Mont-Saint-Michel (1343-1468)Chapitre 100 sur 115 · I450, 26 JUILLET, COUTANCES · texte numérisé non relu

I450, 26 JUILLET, COUTANCES

Guillaume le Coq, lieutenant d'Arthur de Montauban, bailli du Cotentin, mande au vicomte de Coutances de payer sur les deniers levés en la dite vicomte pour le fait du siège de Cherbourg 4 livres tournois à Guillaume Bernier et à Sevestre Dur sent, messagers à cheval, qui sont allés par ordre d'Arthur de Richemont, connétable de France, es parties de Carences, Saint-Pair, Gr anville et la Haye-Pesnel, requérir des charrettes attelées, des maçons, des charpentiers, des scieurs de long, pionniers et autres manœuvres * pour le siège mis par le dit connétable devant les château et ville de Cherbourg.

(Bibî. Nat., Quittances, t. 88, n° Ô23o.)

I45o, AOUT, ÉCOUCHÉ

Confirmation par Charles Vil du traité de capitulation conclu le 12 août précédent entre les comtes de Richemont et de Clermont, d'une part, et Thomas Gower, écuyer, capitaine de Cherbourg, d'autre part, stipulant la reddition de la dite place de Cherbourg au roi de France.

Charles, par la grâce de Dieu roy de France , savoir fai-

1. On a conservé des quittances de quelques-uns de ces manœuvres en date des 26 novembre et Ier décembre 1450 fQuitt., t. 88, n"s 6256 et 6268J. A la date du 26 juillet, les places dAvranches, de Tombelaine et de Domfront étaient encore au pouvoir des Anglais.

sons à tous presens et avenir que, comme n'a gaires ait esté fait, passé et accordé certain traictié et appoinctemeut entre noz très chiers et amez cousins les conte de Richemont, connestable de France et le conte de Cleremont, nostre lieutenant gênerai sur le fait de la guerre ou bas pais de Normandie, d'une part, et Thomas Gower, escuier anglois, soy disant cappitaine de Chierebourg, d'autre, par le moien duquel appoinctement la dicte ville qui au temps du dit appoinctement et aucuns jours paravant avoit esté et estoit assiégée par nos dis cousins et autres noz cappitaines et chiefz de guerre ait esté et soit redduicte et mise en nostre obéissance, et pour ce nous aient humblement fait supplier et requérir les bourgois, manans et habitans d'icelle ville de Chierbourg que, pour greigneur seureté, il nous plaise leur octroier noz lettres de ratifficacion et approbacion du dit appoinctement duquel la teneur est telle :

Par appoinctement fait entre monseigneur le conte de Richemont, connestable de France, et monseigneur le conte de Cleremont, tenans le siège devant Chierbourg de par le roy, d'une part, et Thomas Gower, Anglois, cappitaine de par le roy d'Angleterre du dit Chierbourg, d'autre part, est promis et accordé entre autres choses : premièrement, que rendra le dit Thomas Gower au roy ou à mes dis seigneurs, le connestable et conte de Cleremont, les ville, chastel et dangeon de Chierebourg, dedans le douziesme jour de ce présent mois d'aoust, avecques tous les prisonniers et arteillerie qui appartiennent au roy et à la ville. Item, que tous ceulx qui vouldront demourer ou party du roy auront grâce et abolicion sans ce qu'il leur soit riens reprouché de tout le temps passé, ne donné charge, empeschement ou reprouché, ou leur faire aucune action ou demande de quelconques choses qu'ilz aient tenues ou possidées ne dont ilz s'estoient entremis en quelque manière que ce soit, lesquelx, en faisant le serement, joyront de tous leurs heritaiges, terres et biens quelconques à eulx appartenans. Item, se aucuns des dessus diz, qui s'en vouldront aler, ont heritaiges de leur propre acquiz ou fieuffez, les pourront vendre ou donner où il leur plaira. Item, et au regart des gens d'église, présentez paravant le jour d'ui à aucuns beneffices par gens estans en la dicte place, soit par procura-

PIÈCES DIVERSES 2 3g

cion, seellez ou autrement, dont ilz ont eu collacion par le diocésain, demourront paisibles. Et aussi s'aucuns, estans en la dicte place, qui demourer vouldront, ont droit de présenter à aucun beneffice, faire le pourront comme paravant. Et les autre gens d'église, benefficiez par autre voye, retourneront à leurs bénéfices. Et pour seureté de faire et acomplir les choses dessus dictes, le dit Thomas Gower et ceulx estans dedans la dicte place bailleront des à présent hostaiges souffisans jusques au nombre de six, telz qu'ilz seront advisez par mes dis seigneurs le connestable et conte de Clermont et le dit Gower, lesquelx hostaiges, incontinant après que les dictes ville, chastel et dangeon seront en la main de nies dis seigneurs, seront mis à la délivrance franchement. Et aussi, pour seurté de faire et acomplir cest présent appoinctement, mes dis seigneurs le connestable et conte de Clermont et autres telz que le dit Gower vouldra bailleront leurs seellez. Et se entend ce présent appoinctement sans fraude, barat ou mal engin. Donné soubz noz seaulx cy placquez le xnme jour d'aoust l'an mil CCCG cinquante. Ainsi signé : par mes seigneurs les contes et connestable. Milet.

Nous, le dit traictié et appoinctement avons loué, ratiffié et approuvé, louons, ratifiions et approuvons par la teneur de ces présentes... Donné à Escoché, ' ou mois d'aoust l'an de grâce mil CCCC cinquante, et de nostre règne le vint huitiesme. Ainsi signé : par le roy, monseigneur le conte du Maine, le conte de Tancarville, messire Theaulde de Valpergue, maistres Jehan Bureau et Estienne Chevalier presens. Rolant.

(Arch. Nat., sect. hist., JJ i85,n° y5.)

i. Auj. Ecouché, Orne, air. Argentan. Le 14 août 1450, Charles VII adressa de Malherbe une lettre missive à I'évêque et au chapitre de Notre-Dame de Paris pour leur annoncer la reddition de Cherbourg, en date du 12 août, et ordonner des processions générales dans toutes les églises métropolitaines de son royaume le 14 octobre suivant, processions que Ton devrait renouveler à l'avenir tous les ans le 20 août (Arch. Nat., sect. hist., LL 2ig,f» 814).

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