Saint-Maur-des-Bois, Manche, arr. Mortain, c. Saint-Pois
aussi en bas aage, despourveu de tous les biens de ce monde, voiant la douleur comme son dit père estoit mort et la cause pourquoy, quant il eut cognoissance et sens de le cognoistre, délaissa l'obéissance des diz Anglois et s'en vint demourer en nostre obéissance, pour moustrer et garder sa loyaulté envers nous, et fist guerre à nos diz ennemis, en les grevant de tout le mieulx qu'il povoit, en la compaignie de noz autres loyaulx subgiez, et derrenierement à la recouvrance de nostre pays et duchié de Normandie où il s'est emploie de tout son povoir et depuis a demouré au dit pays comme nostre vray subget et comme ung des frans archiers de nostre bailliage de Caen dont il estoit l'un. Or est ainsi que, le jeudi d'après la Saint Martin d'esté derrenierement passée, le dit Robin Montmirel, voulant vivre loyaument, se mist à faucher en ung de ses prez où il faucha tout au long du jour jusques à deux ou trois heures après nonne ou environ que il alla en la parroisse de Clinchamp T demie lieue près d'ilec ou environ, cuidant parler à gens à qui il avoit promis aler parler ilec avecques eulx pour certaines choses qui estoient entre eulx. Et pour ce que il ne les trouva point, après qu'il les eut attenduz longuement, s'en retourna à son dit hostel en la dicte parroisse de Saint-Manvieu, entre nuit et jour, bien affamé, pour ce qu'il n'avoit gaires mengié la journée et qu'il estoit grant chierté ou pays. Et quant il arriva à son dit hostel, fut nuit, et trouva sa femme qui vouloit couchier en une chambre en hault sur son celier où l'en aloit par une eschelle, et luy dist qu'elle lui voulsist donner à soupper et qu'il soupperoit très voulentiers et que il avoit grant fain. Et elle luy respondi qu'il n'y avoit que soupper, se ce n'estoit du lait qui estoit en ung pot, et que elle mesmes n'en avoit voulu menger pour ce qu'elle y avoit trouvé une yraigne, et disoit qu'elle n'avoit point souppé à icelle cause, et qu'il en prensist,s'il vouloit, et qu'elle n'en avoit point d'autre. Et adonc il luy dist qu'elle descendist pour luy faire à soupper. Et elle respondi chaudement qu'elle n'en descendroit meshuy, et il luy dist plusieurs foiz que si feroit. Et elle, mal contente de luy, cuidant qu'il venoit de ribauderie, lui dist que ne feroit, pour puissance qu'il eust et maugré
i. Clinchamps, Calvados, arr. Vire, c. Saint-Sever.
son visage, et il luy dist que si feroit par plusieurs foiz... Si donnons en mandement par ces présentes aux bailliz de Caen, Coustantin.... Donné à Taillebourg ou mois d'aoust l'an de grâce mil cccc cinquante et ung, et de nostre règne le xxixme. Ainsi signé : par le roy, l'evesque de Magalonne, l'admirai, le sire de Montsoreau, maistre Estienne Chevalier et autres presens. De la Loere.
(Arch. Nat.^sect. hist., JJ i85,na 168.)
GCXCV
Guillaume Lecoq, lieutenant général de Jean, sire de Montauban et de Landal, bailli du Cotentin, fait délivrance à Maurice de Lesnerac, écuyer, des fiefs de Villebaudon, Beaucoudray, Bouillon et Lengronne que le dit Maurice tient du chef de sa femme Perrine de la Haye.
A tous ceulz qui ces lettres verront, Guillaume le Coq, lieutenant gênerai de noble et puissant seigneur Jehan, sire de Montauban et de Landal, conseillier et chambellan du roy nostre sire et son bailli de Costentin, salut. Savoir faisons que es assises de Coustances illec tenues par nous lieutenant dessus nommé le xxnir8 jour d'apvril l'an mil 1111e cinquante deux, se comparu noble homme Morisse de Lesnerac, escuier, seigneur, à cause de damoiselle Perrine de la Haye sa femme, des fiefz, terres et seigneuries de Villebaudon ', Beaucouldrey2, du fief de Bouillon 3 et du fief de Lenge-