‹ Chronique du règne de Charles IXChapitre 81 sur 103 · LES JEUNES FILLES · texte numérisé non relu

LES JEUNES FILLES

Sophie , Sophie , que tous les saints te bénissent ! Bey de Moïna, que tous les saints te bénissent! Puissiez-vous avoir douze fils tous beaux , tous blonds , hardis et courageux ! Le soleil baisse , le bey attend seul sous son pavillon de feutre : Sophie, hâte-toi, dis adieu à ta mère , suis le kuum ; ce soir tu reposeras sur des carreaux de soie ; tu es l'épouse du riche bey de Moïna.

L*ERMrrE.

Qui ose tirer un coup de feu près de ma cellule ! qui ose tuer les daims qui sont sous la protection de saint Chrysostome et de son ermite! Mais ce n'est point un daim que ce coup de feu a frappé; cette balle a tué un homme , et voilà sa jument noire qui erre en liberté. Que Dieu ait pitié de ton âme, pauvre voyageur ! je m'en vais te creuser un tombeau dans le sable auprès du torrent.

vm.

SOPHIE

O! mon seigneur, que vos mains sont glacées ! ô mon seigneur, que vos cheveux sont humides! Je

LJL BELLE SOPHIE. 447

tremble dans votre lit malgré vos couvertures de Perse. En vérité, mon seigneur, votre corps est glacé; j*ai bien froid, je frissonne, je tremble; une sueur glacée a couvert tous mes membres. Ah! sainte mère de Dieu , ayez pitié de moi! mais je crois que je vais mourir.

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