V. 985. Molinet, ch. ccliii, année
V. 996. Grenade fut conquise en 1492 par Ferdinand et Isabelle, et la puissance des Maures fut ainsi détruite en Espagne après environ 800 ans. (Buchon.) Molinet, chap. ccxl.
V. 1001 . Elle fut d'abord fiancée à Charles VllI, qui la renvoya pour épouser Anne de Bretagne , fiancée de son côté avec Maximrlien d'Autriche. En se rendant près de Jean , prince d'Espagne , qui mourut l'année de son mariage avec elle, une tempête violente l'assaillit, et se voyant près de mourir, elle se composa cette épitaphe à l'âge de 17 ans :
Ci-gît Margot, la gente damoiselle, Qu'eut deux maris, et si mourut pucelle.
(Buchon.)
Nous avons publié dans la première partie des Notices et extraits des ma-
116 RECOLLECTION.
Et du povre et du riche En France plus amer 1005 Que d'or une montaigne ; Mais ce bruyt s'accoisa, Car l'Anne de Bretaigne Son amy espousa.
L'Anne qui fut , pour juste , 1010 Pour le roy des Rommains,
miser ils de la bibliothèque de Bourgogne le poème latin composé par Corn. Graphaeus , sur la vie de cette intéressante princesse. L'année que Charles VIII renvoya Marguerite, afin d'épouser Anne de Bretagne , fut si pluvieuse, que les raisins ne purent venir à maturité , de sorte que les vins furent extrêmement verds et incommodes à l'estomach , ce qui produisit quantité de coliques. Un jour, comme l'archiduchesse était à table, ses maitres d'hôtel se mirent sur cette matière, cherchant la raison pourquoi les vins étaient si malfaisans. « Pourquoi s'étonner, dit Marguerite, si les vins sont verds et de méchant effet cette année , puisque les sermens (sarmens) n'ont rien valu ? » Mém. sur Charles FUI, Arch. cur. de l'hist. de France, I, 197,
Un petit poème intitulé le Malheur de France, dont l'original est à la bibliothèque de Bourgogne, et dont la miniature a été copiée pour le dixième volume de notre édition de l'histoire des ducs de Bourgogne, a été imprimé dans le recueil de Douxfils (Lille, 1748 , in-12). C'est une diatribe sur la mauvaise foi de Charles VIII et l'injure qu'il avait faite à la maison d'Autriche. Sur un feuillet de garde, une main de femme a écrit ce distique où respire une indignation bien vive, mais exprimée avec une crudité qui paraîtrait grossière aujourd'hui :
Vive Bourgogne et Charollois
Et bran de chien pour les François.
M. E. Munch a composé nouvellement en allemand la vie de Jlarguerite. Comme il nous a fait l'honneur de nous dédier cet ouvrage , nous ne pouvons convenablement exprimer le jugement que nous en portons, f^oir l'Introduction de notre édition deVanderVynckt,etr//îsfoïre de la Toison-d'0r,p.^7(î.
V, 1004. Variante. En France et plus amer, les imprimés.
V, 1006. S'accoisa, s'appaisa, trouva fin.
V. 1010. Anne de Bretagne avait été épousée par procuration, en 1489, par
RECOLLECTION. 117
L'impérial Auguste, Ailleurs tendit ses mains ; En Françoise garite La couronne porta , 1015 Et nostre Marguarite Bonne paix apporta.
Mais le chef de vaillance , Roy Maximilian, Espousa dame Blanche, 1020 Sœur du duc de Millan; Royne fut couronnée En triumphant arroy.
D'honneur environnée La receupt le bon roy.
1025 J'ay veu en hault estaige Des Cordes le seigneur,
Maximilien; mais malgré cet engagement, elle épousa Charles VIII en 1491 , et, en 1498, Louis XII, après la mort de Charles VIII. (Buchon.)
Molinet, ch. ccxxxviii et ceci. Pourjutte , qui est dans tous les imprimés, est certainement une faute, et il nous semble qu'en y substituant pour juste nous avons rétabli le vrai sens de l'auteur.
V. 1013. En française garite (guérite), dans la maison de France.
V. 1016. Bonne jmix , Charles VIII fit la paix avec Maximilien en 1493.
V. 1020. Maximilien, archiduc d'Autriche, roi des Romains et puis empereur, épousa en premières noces Marie de Bourgogne, fille unique de Charles le Téméraire , et acquit ainsi les Pays-Bas et la Franche-Comté. Il épousa en secondes noces Blanche Sforce, sœur de Galéas, duc de Milan. A la mort de Marie , en 1478 , ses états passèrent à Philippe le Beau , son fils , je même dont le curieux voyage en Espagne a été écrit par Antoine de Lalaing. (Buchon.) Molinet, chap. cclxix.
V. 1026. Des Cordes. Molinet, ch. cclxx , Hist. de la Toison-d'Or, p. 175.
Povre de son portaige , Mais puissant gouverneur; Il tint en sa demaine 1030 Des fleurs de lys le neud :
Puis le temps Charlemaine Homme si grand bruit n'eut.
GXXX.
Les oyseaulx s'espautèrent , Son corps mis à l'estrain ,
1035 Les fleuves en saultèrent
Hors de leur commun train ; Les gros vents tant soufflèrent , Tant grésilla, et plut, Que vignes engellèrent,
1040 Dont fort il nous desplut.
, Et à Paris sur Seine, Je vis img garnement Blasmant , de foi mal saine , Le divin sacrement ;
Molinet a aussi composé en latin l'épitaphe de Philippe de Crèvecœur , seigneur d'Esquerdes , ou des Querdes, mort en 1494.
Orbis honor non improbitatis cordiger auctor Dignus homo non damnificandus nunc recubans est, Francigenarum flos uitidus , etc.
Ces vers latins ne valent pas mieux que ses vers français, quand il veut étaler les finesses de l'art des équivoques.
V. 1033. S'espautèrent , c'est ainsi qu'il faut écrire, et non pas s'espantèrent , comme dans les imprimés, f^oir V. 419.
V. 1034. Son corps misa l'estrain, à l'époque où son corps fut mis sur la paille, fut enseveli.