V. 1064. Molinet, ch. ccxxviii, sous l'an
V. 1065. Maximilien qui, dans ses idées chevaleresques, songeait à entreprendre une croisade , s'efforça d'exciter l'enthousiasme des seigneurs aile-
120 RECOLLECTION.
Deux cent cinquante livres ,
Montaignes traversant ; Du ciel , par ung tonnoire , 1070 Comme il me fut compté, Cheut ceste pierre noire En Ferret la Comté.
J'ay mis en retenues
Ce qui n'advient souvent , 1075 Homme ravy aux nues
Par tourbillon de vent ;
De Bruges en Zéelande ,
Droit devant Zéricsé ,
En moins d'une heure grande 1080 Vif se trouva versé.
J'ay veu Charles huytisme , Roy sacré des François Pour cause légitime CoeiUir gens à son chois ;
mands , en annonçant divers prodiges , preuves de l'intervention divine, telle qu'un* pierre de 250 livres , tombée du ciel près d'Ensisheim , dans la haute Alsace. Ce récit et d'autres du même genre ont passé pour des fables , jusqu'à ce que des événemens récens et des recherches exactes en aient démontré l'authenticité. La pierre d'Ensisheim a été analysée par un chimiste français , et il en est question dans la première partie des Transactions philosophiques ^ année 1802.
Tite-Live avait déjà mentionné des pluies de pierres, et, en 1513, Martin Dorpius , dans un discours prononcé à l'université de Louvain , parlait de ces pluies comme d'un fait avéré. Mais l'abbé de Nelis , qui a commenté ce discours, se moque de l'orateur, et le savant sceptique de la fin du XVIIIe siècle se trouve moins avancé en physique sur ce point que le poète ignorant du XVe et le rhéteur crédule du XVIe. Quatrième mémoire sur l'université de Louvain , 73 , 74.