M, Kervyn (Préface, I, p. xxxn) donne à ce manuscrit une
INTRODUCTION. Iv
c. Leyde, Bibliothèque de l'Université, ms. ayant appartenu à Meursius, papier, xv« siècle. Comprend comme le ms. a les chroniques de Baudouin d'Avesnes, la chronique abrégée et une continuation jusqu'au voyage de Charles VI à la cour de Clément VII à Avignon (1389) *.
4. Auteurs qui ont employé la seconde rédaction de la Chronique normande.
En examinant une à une toutes les chroniques écrites en Flandre jusqu'au commencement du xvi® siècle, on trouverait certainement dans la plupart trace de l'emploi de notre chronique ^ ; mais notre but est plus modeste, nous désirons simplement étudier les auteurs qui ont fait de cette chronique un emploi constant, ou qui tout au moins en ont copié ou traduit de longs passages. Ces auteurs sont, à notre connaissance, au nombre de quatre, le compilateur de la Chronique de Flandre, Jean de Noyai, abbé de S. -Vincent de Laon, l'auteur anonyme d'une chronique latine conservée à Berne, enfin Gilles de Roye.
A. Chronique de Flandre.
En 1562, Denis Sauvage, historiographe du roi Charles IX, publia la Cronique de Flandre (Lyon, fol.). Dans sa préface l'éditeur déclare avoir employé un manuscrit pos-
fin toute différente, mais nous nous en tenons au dire de M. Hagen ; M. Kervyn aura confondu avec un autre manuscrit.
1. Sur ce manuscrit, v. la préface de M. Kervyn de Lettenhove, I, pp. xxxr-xxxn.
2. V. notamment dans le Corps des Chroniques belges, de M. de Smet, I, la grande chronique latine, finissant en 1428.
Ivj INTRODUCTION.
sédé par la famille bourguignonne de Poupet, ms. aujourd'hui perdu, et qui, si jamais il se retrouve, sera facile à reconnaître; d'après l'éditeur, il se composait de feuillets de papier et de parchemin entremêlés. Le texte de Denis Sauvage est très fautif et, dans sa préface, l'éditeur avoue qu'il a corrigé la langue de son manuscrit, qui se fust trouvée rude aux délicates oreilles de ce temps. Le manuscrit du seigneur de Poupet s'arrêtait à l'année 1383 ; Denis Sauvage y joignit une continuation allant jusqu'à 1435, composée par lui-même au moyen d'extraits de Froissart et de Monstrelet ; il s'arrêta à cette année 1435, auquel an, dit-il, le signeur Olivier de la Marche commence aussi ses mémoires.
La chronique de Sauvage, souvent citée, n'a été republiée que de nos jours. Les auteurs du Recueil des historiens de France avaient donné des extraits de cette vaste compilation, dans leur tome XXII, paru en 1865, et revu le texte de l'éditeur du xvi^ siècle sur les manuscrits de la Bibliothèque Nationale*; mais c'est à M. Kervyn de Lettenhove que revient l'honneur d'avoir donné une édition sinon définitive, — le savant belge n'a point fait l'étude critique du texte qu'il réimprimait, — du moins lisible, de cette chronique, très importante pour l'histoire de la première moitié du xiv" siècle. Son édition forme deux volumes in-4° de la Collection des chroniques belges inédites ; elle comprend non seulement le texte édité par Denis Sauvage, mais encore différentes continuations, tirées des manuscrits de Paris et de Bruxelles, le texte de la Chronique normande remaniée, une partie de la grande Chronique latine de Berne, dont nous parlerons plus bas , enfin difîerents mor-
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ceaux historiques dont nous n'avons pas à nous occuper
Dans sa préface, M. Kervyn étudie à la fois la Chronique de Flandre et ses continuations et la chronique de Baudouin d'Avesnes. Des indications un peu vagues et surtout rangées sans aucun ordre, qu'il donne sur les manuscrits renfermant le premier de ces deux textes, il résulte que dans la plupart la chronique de Denis Sauvage s'arrête à l'an 1342, au milieu des guerres de Bretagne, d'où l'on peut conclure qu'elle fut rédigée peu après cette date^ Mais d'autres exemplaires renferment des continuations plus ou moins longues, s' arrêtant tantôt à 1350, tantôt à 1347, tantôt à 1383. Nous ne nous occuperons que du ms. qui va jusqu'à cette dernière date.
Remarquons d'abord que ce ms. est identique à celui que Sauvage avait employé; c'est le ms. fr. 5611 de la Bibl. Nat. à Paris (ancien Colbert 4153, Regius 10196 ^-^A.), volume in-4o, renfermant 168 ff. de parchemin à 2 col., écrit dans les dernières années du xiv^ siècle. Au f. 113 finit la chronique primitive ; le copiste, comme celui de l'exemplaire employé par Sauvage, transcrit ensuite toute la dernière partie de la Chronique normande remaniée (depuis la page 57 de notre édition) et donne à la suite l'un de l'autre deux récits différents de la guerre de Bretagne jusqu'après la mort de Robert d'Artois en 1342, marquant ainsi on ne peut plus exactement l'endroit où commence la continuation et où la soudure a été comme toujours maladroitement opérée. Au f. 139 v°, il quitte la Chronique normande aux mots et plusieurs autres prisonyiiers, derniers mots de la seconde recension de cet