Voir plus bas ce que nous disons du siège d'Angoulême
n'arrivant pas , le château de La Réole est rendu aux Anglais (Pages 69-70).
Siège et prise d'Angoulême par Jean de Normandie ' , qui y
1. Dès 1344, le duc de Normandie était venu en Agenais. Le sénéchal Robert d'Houdetot autorisa cette année les consuls d'Agen , Condom, Bazas, Marniaude, La Réole, Sainte-Foy, Penne, Puymirol, Villeneuve, Tournon, Monflanquin, Villeréal, Castillonés, Port-Sainte-Marie, Montréal et autres à s'assembler à Agen pour délibérer sur ce qu'il convenait de faire à l'arrivée de ce prince (Arch. municipales d'Agen, BB 15). Le 3 septembre 1344, le duc était à Montauban. d'où il mandait au receveur d'Agenais de donner à Pierre de Beaumont, chevalier, « mareschal de nos guerres, » un poulain confisqué sur le Bour de Balaus (Bibl. nat. ; Pièces orig., vol. 247, dossier Beaumont, n° 8). Le 18 du même mois, il était à Agen ; à cette date il renouvela pour cinq ans l'autorisation de lever les droits de souquet et de barrage, applicables à la construction des remparts de la ville et à la réparation du pont (Arch. municip. d'Agen, CC. 39). En 1345, le duc de Normandie vint également en Languedoc {Hist. de Languedoc, éd. in-folio, IV, p. 257), puis il retourna dans le Nord et séjourna en Poitou, Limousin, Angoumois, Touraine et Berry. Au mois d'octobre 1345, il était à Angoulême (Bertrandy, Études sur Froissart, pp. 265, 266, 268, 269); en novembre, à Angoulême, à Caunay, à Lusignan et à Châtillon-sur-Indre, où il demeura jusqu'à la fin de décembre {Ibid., pp. 269, 270, 271, 280, 282, 283, 284). Au mois de janvier et février 1346, nous le trouvons à Loches et à Châtillon-sur-Indre {Ibid., pp. 285, 286), au mois de mars à Cahors et à Montauban (pp. 288, 289, 306) et enfin le 5 avril à Agen (p. 300). On voit par cet itinéraire qu'il est impossible (|ue Jean de Normandie ait assiégé .\ngouléme au commencement de l'année 1346. Froissart mentionne également une ville d'Agolem ou Agolent, dont le duc de Normandie aurait fait le siège. M. Luce (Froissart, III, p. xxx) a voulu y voir Agen, à fort croyons-nous, puisqu'.\gen était en ce moment aux mains des Français ; le siège de cette ville offre d'ailleurs encore plus d'impossibilités que celui d'Angoulême. Nous proposerions de résoudre ces diflîcultés de la manière suivante. Angoulême aura été pris vers le mois de décembre 1345 par un parti anglais; la distance entre Périgueux, qui fut inquiété à plusieurs reprises par les ennemis, et Angoulême est assez faible pour autoriser cette supposition (19 lieues). Remarquons que la Chronique normande fait co'incider le siège d'Angoulême et les derniers moments de la résistance du châtelain de La Réole ; ces deux événements seraient donc de janvier 1346. Qu'y a-t-il d'impossible à ce que Jean de Normandie ait fait assiéger Angoulême par un de ses lieutenants, tandis que lui-même s'occupait de rassembler son armée à Châtillon-sur-Indre ? La Chronique normande dit que le duc séjourna à Angoulême le 2 février; la date est fausse, mais nous verrons tout à l'heure qu'il put y venir à la fin du même mois, au moment de se mettre en route pour le Midi
séjourne cinq semaines et y tient sa cour le jour de la Chandeleur (2 février) 1345-13^i6. Il marche ensuite sur Bergerac et trouve le comte Derhy près de cette ville. Défaite des Anglais par l'avantgarde française commandée par le comte d'Eu, connétahle de France, le sire de Montmorency, maréchal, etLe Galois de la Baume, maître des arbalétriers. Noms des seigneurs qui accompagnent !e duc de Normandie : le duc de Bourgogne, son fils Philippe, comte de Boulogne, le duc de Bourbon et son frère Jacques, les évêques de Beauvais^ et de Tournai 2, les comtes de Foix et de Montlezun, le marquis de Montferrat, etc. Retraite des Anglais vers Aiguillon 3. Prise de Montségur par les Français'*. Défaite de la garnison de Port-Sainte-Marie et prise de cette ville ^ par Philippe de Bourgogne". Le comte Derby laisse à Aiguillon Gautier de Manny et Alexandre de Caumont avec 1500 hommes, met garnison à Tonneins'^ et à Damazan^ et se retire à Bordeaux avec les comtes d'Arundel et de Glocester^ (Pages 70-72).
Situation d'Aiguillon entre la Garonne et le Lot. Combat entre Alexandre de Caumont et le connétable de France; prise du sire
1. Jean de Marigni, évêcfue de Beauvais, puis archevêque de Rouen en
2. Jean Desprez, évêque de Tournai, mort en 1349 {Gallia christiana, III, 227).
3. Aiguillon, Lot-et-Garonne, arr. d'Agen, cant. de Port-Sainte-Marie.
4. Monségur, Lot-et-Garonne, arr. de Villeneuve-sur-Lot , canl. de Monflanquin.