Eure, arr. de Les Andelys
6. Les forteresses du Vexin furent évacuées, comme nous venons de le dire, en août 1359, en vertu du traité de Pontoise. L'auteur anonyme des Grandes Chroniques (VI, 160) constate l'empressement que mirent les Anglo-Navarrais à abandonner ces places; peut-être, comme le dit la Chronique normande, faut-il attribuer cet empressement à un motif moins désintéressé que le désir d'exécuter le traité; le pays étant épuisé, ces brigands n'étaient sans doute pas fâchés d'aller chercher fortune ailleurs.
7. Le siège de Saiut-Valery commença vers le 15 mars 1359 ; la place était entre les mains des Français le 29 avril ; c'est ce qui résulte des actes réunis par M. Luce (Froissart, V, xliv, n. 6).
8. D'après la Chronique des quatre premiers Valois, qui donne de grands détails sur le siège et la prise de Saint-Valery (pp. 89-93), Le Baudrain de la Heuse, amiral de France, ne vint devant Saint-Valery que vers la fin du siège, appelé par le connétable de Fiennes, qui craignait avec raison que, s'il s'attardait, Philippe de Navarre n'arrivât au secours de la garnison.
9. Saint-Valery se rendit avant le 29 avril 1359. Voir plus haut.
rejette sur le Vermandois et l'Artois et pousse jusqu'à Doullens, puis jusqu'à Saint-Quentin ^. Les Picards, qui ont quitté le siège de Saint- Valéry, le poursuivent sans les Normands, et l'atteignent à Torgny2, près de Saint-Quentin. Moreau de Fiennes retarde l'engagement et laisse échapper l'ennemi, qui regagne à marches forcées ses forteresses de Normandie^ (Pages 142-144).
Vers le même temps la garnison anglaise de la Herelle* occupe Blangy^, place située sur la rivière qui sépare la Normandie et le Vimeu ; un certain nombre de chevaliers normands et picards essayent, mais en vain, de la reprendre; parmi eux figurent le sire d'Harcourt, Mouton de Blainville, Le Baudrain de la Heuse, Guillaume Martel, Hue de Ghàtillon et Raoul de Raineval*' (Page 144).
1. D'après Froissart (V, 144-146), Philippe de Navarre, voyant qu'il était arrivé trop tard pour secourir Saint-Valery et apprenant que les Français le poursuivaient, se réfugia au château de Long (Somme, arr. d'Abbeville, cant. d'Ailly-le-Haut-Clocher), qu'il quitta presque aussitôt de peur d'y être assiégé.
2. Thorigny, Aisne, arr. de Saint-Quentin, cant. de Le Càtelet, comm. de le Haucourt.
3. Notre chroniqueur blâme ici la conduite de Moreau de Fiennes, qui laissa échapjier les Anglo-Navarrais. Le rédacteur de la Chronique des quatre premiers Valois (pp. 94-95) a employé au contraire toute son érudition et toute son éloquence à justifier la conduite du connétable. Il est à remarquer toutefois que Moreau de Fiennes montra la même impéritie quelques années plus tard dans ses campagnes contre les routiers qui ravageaient le Languedoc et qu'il laissa plus d'une fois échapper leurs bandes.