Neufchàtel-en-Bray, Seine-Inférieure
9. Gournay-en-Bray, Seine-Inférieure, arr. de Neufchâtel-en-Bray.
rasins sous la conduite de Bertrand du Guesclin'. Les Compagnies se rendent à Avignon (Pages 178-179).
Affaires d'Aragon; excès de Don Pedro; mort de sa femme, belle-sœur du roi de France 2. Expulsion d'Henri de Trastamare. Celui-ci, accueilli par le roi Jean II, était entré à son service depuis longtemps 3 (Page 179).
1. Le 22 août 1365, du Guescliii s'engagea à conduire les compagnies hors du royaume de France; il renouvela cet engagement le 30 septembre de la même année (Froissart, VI, lxxx, note 3). Dès le mois d'octobre, il se rendit en Bourgogne auprès des chefs des compagnies pour leur proposer une expédition en Espagne; le roi de France, le roi d'Aragon et Henri de Trastamare devaient faire les frais de l'expédition et le pape lever l'excommunication qui pesait sur eux. Les routiers acceptèrent ces conditions et se mirent en marche au milieu d'octobre; ils étaient à Avignon vers le 15 novembre (ibid.); à Montpellier du 29 novembre au 3 décembre {Petit Thalamus, p. 369), à Barcelone au commencement de janvier 1366 (Zurita, Anales de la corona de Aragon, livre IX, ch. xli; Froissart, VI, lxxx, note 3).
2. Blanche de Bourbon, sœur de Jeanne de Bourbon, et fille de Pierre P^ duc de Bourbon, avait épousé don Pedro, roi de Castille, en 1353. Peu de temps après son mariage, don Pedro l'abandonna pour dona Maria de Padilla, sa maîtresse. Elle mourut en 1361, au château de Jerez, empoisonnée par ordre de son mari, s'il faut en croire Ayala (édit. de l'Académie royale, p. 328).
3. Henri de Trastamare, frère bâtard de don Pedro, tenta de pénétrer en France dès le mois de juin 1361, ainsi que nous l'apprennent les comptes de la sénéchaussée de Carcassonne : « Magistro Petro Arnaudi Cugunhani, domini nostri Régis clerico ejusque bajulo, pro XVIII diebus quibus vacavit ad visitandum fronterias et castra regia prelatorumque et baronum fronterie regni Aragonum gentesque regnicolas avisandum et compellendum, ut fortalicias custodirent pro obviando et resistendo comiti de Tristamara et pluribus aliis castellanis regni Oastelle ac diversarum nationum tam equituin quam peditum, qui regnum Francie et specialiter senescalliam Carcassonne intrare dubitabatur, ut constat ex litteris senescalli Carcassonne et Bitteris datis die 24 junii 1361. » (Bibl. nat., Coll de Languedoc, vol. 159, f" 154 b.) En février 1362, Henri de Trastamare et ses Espagnols acceptèrent, moyennant rémunération, de défendre la province contre les routiers {Petit Thalamus de Montpellier, p. 52): enfin il fut un des négociateurs du traité conclu à Clermont le 23 juillet 1362 avec les chefs des compagnies, traité par lequel ceux-ci s'engageaient à vider le royaume et à se mettre au service du comte, moyennant une somme de 100,000 llorins d'or (Hay du Chastelet, Histoire de du Guesclin, p. 313). Le traité de Clermont fut confirmé le 13 août suivant par le roi de France; Henri fit hommage à Jean II et
Charles V ordonne à Bertrand du Guesclin de conduire les compagnies en Espagne pour mettre Henri de Trastamare sur le trône de Castille; il lui adjoignit plus tard Arnoul d'Audrehem, maréchal de France, et le Bègue de Villaines (Pages 179-180).
Situation de la Castille. Don Pedro est détesté de ses sujets. Son frère Henri conquiert la plus grande partie du royaume, le force à se retirer à Séville * et vient assiéger cette place que don Pedro abandonne pour se réfugier auprès du roi de Bellemarine, à Grenade, qui était son vassal 2. Querelles à Séville entre les Sarrasins, les Juifs et les chrétiens. Les chrétiens ouvrent une poterne aux gens d'Henri de Trastamare qui massacrent les infidèles; 1200 juifs se font baptiser (Pages 180-181).
Henri revient en Castille, occupe Saint-Fagon, Pommiers et Saint-Dommin •'', assiège et prend Burgos et s'y fait couronner le
reçut dix mille livres de rente assises sur la terre de Servian et autres lieux en Languedoc (Hay du Chastelet, p. 319). Par suite de circonstances indépendantes de la volonté du comte et du roi de France, le traité ne put être exécuté en ce qui concernait le départ des compagnies. Mais Henri de Trastamare ne perdait pas son projet de vue, et en 1363 il conclut avec Pierre IV d'Aragon le traité de Monzon par lequel ces deux princes s'engageaient à conquérir à frais communs le royaume de Caslille et à se le partager (Mérimée, Hist. de don Pèdre I", Appendice, p. 545). Ce fut ce traité qu'il mit à exécution en 1366, avec l'appui des compagnies.
1. La première ville de Castille qui ouvrit ses portes à Henri de Trastamare fut Calahorra (Vieille-Castille, province de Soria), qui fut livrée par l'évéque et par don Fernand de Tovar que don Pedro avait chargés de la défendre (Ayala, p. 400). Don Pedro quitta Burgos et se réfugia à Séville. Les habitants de Burgos n'exigèrent d'Henri que la confirmation de leurs franchises pour lui ouvrir leurs portes (Ayala, p. 406) ; le jour de Pâques, 5 avril 1306, le nouveau roi était couronné à Burgos {Grandes Chroniques, VI, 239).
2. Don Pedro ne se réfugia pas à Grenade auprès du roi de Bellemarine (le souverain du Maroc de la dynastie des Ben-Merini), mais, après avoir tenté de trouver un asile en Portugal, alla en Galice, puis en France (Ayala, pp. 416 et ss.). Quant au siège et à la prise de Séville, elle n'eut lieu qu'après le couronnement de don Henri à Burgos, c'est-à-dire après Pâques 1366, et ce ne fut qu'après la prise de cette ville que le plus grand nombre des C()nq)agnons quittèrent l'Espagne (Froissart, VI, lxxxvii, note 1).
3. Ces noms de lieux ayant été probablement estropiés par le copiste sont assez difficiles ;\ retrouver aujourd'hui. Toutefois la suite du récit prouve qu'il faut les placer tous aux environs de Burgos et voici les identifications que nous proposons: Saint-Bommin serait Santo- Domingo,
jour de Pâques. Il va ensuite assiéger Tolède'. Vers le même temps il donne à du Guesclin le comté d'Estuire^. Don Pedro vient au secours de Tolède avec les rois de Grenade et de Bellemarine et 40,000 Sarrasins. Henri de Trastamare et du Guesclin les défont au lieu de Port, à trois lieues de Tolède, et les forcent à reprendre la mer^ (Pages 181-182).
Don Pedro va à Bordeaux implorer le secours du prince de Galles. Celui-ci fait alliance avec lui, du consentement du roi Edouard qui lui envoie des renforts sous la conduite de son fils, Jean de Lancastre, gendre du comte de Derbi. Le prince rassemble une foule de partisans anglais, bretons, gallois et gascons; le captai de Buch lui-même quitte le service du roi de France et va rejoindre le Prince Noir. Ce dernier achète du roi de Navarre le droit de traverser ses domaines avec son armée* (Page 181).
Le prince de Galles entre en Castille^, s"empare de Groin *» et s'approche de Najéra ''. Défaite par les Espagnols d'un corps d'Anglais commandé par Guillaume Felton, sénéchal do Poitou 8.
à 16 lieues à l'E. de Burgos, entre cette ville et Calahorra ; Saint-Fngon = Sahagun (en latin Sanctus Facundus), à l'O. de la même ville; enlin Pommiers = Médina de Pomar, au N. de Burgos. Les troupes d'Henri de Trastamare ayant commencé par s'assurer du pays environnant avant de faire le siège de Burgos, nos identifications nous paraissent toutes acceptables, et les deux premières certaines.
1. La prise de Tolède est postérieure au couronnement de don Henri à Burgos (Froissart, VI, lxxxvii, note 1).
2. Du Guesclin reçut le duché de Trastamare, et un peu plus tard, en 1369, celui de Molina (Froissart, ibid., note 7) et le bourg de Soria (p. xxxin, note 2). C'est sans doute de cette dernière terre que notre chroniqueur veut parler.
3. Nous n'avons pas besoin de faire remarquer que ces derniers détails sont absolument imaginaires.
4. Le prince de Galles et le roi de Navarre imposèrent un traité fort onéreux à don Pedro ; les conditions en furent arrêtées à Libourne le 23 septembre 1366 (Rymer, III, ii, 115 et 122); le premier exigea une somme de 555,000 florins et la cession d'une partie de la Biscaye ; le second, les provinces de Guipuzcoa et de Logrono.
5. Le prince de Galles franchit les Pyrénées au col de Roncevaux, du 14 au 20 février 1367 (Froissart, VII, 7-10).
6. Sans doute Logrono, sur l'Èbre, dans la province de Burgos.
7. Najéra, province de Logrono, sur la Najérilla, affluent de la rive droite de l'Èbre.
8. Ce combat, où Guillaume Felton trouva la mort, fut livré près d'Arinez, non loin de Vitoria (Ayala, p. 446).
Les deux armées se trouvent en présence près de Najéra. Celle d'Henri de Trastamare se compose surtout d'Espagnols; ses auxiliaires français sont commandés par du Guescliu, Arnoul d'Audrehem et le Bègue de Villaines. Bataille de Najéra; fuite des Espagnols et du roi Henri. Résistance acharnée des Français qui i sont tous tués ou pris; parmi les prisonniers sont du Guesclin, Arnoul d'Audrehem et le Bègue de Villaines''. Le prince de Galles conduit don Pedro à Burgos, le rétablit sur le trône et reçoit son hommage 2 (Pages 182-184).
Le roi Henri se rend à Avignon •^. Le pape Urbain Y, qui se dispose à retournera Rome, ne peut lui accorder aucun secours*. n va trouver le duc d'Anjou, alors en guerre avec la reine de Naples, au sujet du comté de Provence et du royaume d'Arles ^ (Pages 184-185).
Après le retour du prince de Galles en France, Charles d'Artois, frère de Jean d'Artois, soudoie une partie des Grandes Compagnies sous prétexte d'aller conquérir le comté d'Artois. Il traverse l'Ile-de-France, la Brie, la Champagne et le Laonnois (Page 185).
1368 (n.-s.) dernière semaine de carême : terreur universelle du peuple et des gens d'armes en France, en Allemagne, en Espagne, etc. (Page 185).
Délivrance de Bertrand du Guesclin; il quitte Bordeaux et rejoint le duc d'Anjou au siège de Tarascon ^. Paix entre la reine
1. La bataille de Najéra fut livrée le 3 avril 1367 ; les trois chevaliers français ici noramés furent en eiïet fails prisonniers (Ayala, pp. 453-58).
2. Le prince de Galles séjourna en Espagne pendant la plus grande partie de l'été de 1367; mais on peut voir dans Froissart que don Pedro ne tint aucun de ses engagements (VII, 51-59).
3. Après la balaihe de Najéra, don Henri traversa l'Aragon, et se rendit à Orthez où le comte de Foix le reçut et lui fournit les moyens de gagner Toulouse (Ayala, pp. 461-462).
4. Il n'est pas probable que don Henri ait pu voir Urbain V à Avignon, car celui-ci quitta cette ville dès le 30 avril 1367, pour se rendre à Rome {Petit Thalamus, p. 68).
5. L'empereur Charles IV ayant cédé au duc d'Anjou, en 1365, ses droits sur le royaume d'Arles, celui-ci se mit en devoir de les faire valoir dans les premiers mois de l'année 1368. Voyez Hist. de Languedoc, édit. in-fol., IV, 335.
6. Du Guesclin fut mis en liberté le 27 décembre 1367 (Cuvelier, Chronique rimëe, II, pp. 402-403) ; il passa à Montpellier le 7 février 1368, avec le maréchal Arnoul d'Audrehem, et se rendit à Nîmes {Petit Thalamus, p. 74); le siège fut mis devant Tarascon le 4 mars; la ville se
de Naples et le duc d'Anjou '. Ce dernier retourne à Toulouse (Page 185).
Nouvelle expédition d'Henri de Trastamare et de Bertrand du Guesclin en Espagne 2. Pendant que don Pedro est à Sèville, son frère s'empare sans coup férir de Burgos et de plusieurs autres villes. Il vient ensuite assiéger Tolède. Don Pedro appelle à son secours les rois de Bellemarine et de Grenade ' et s'approche de Tolède. L'armée franco-espagnole marche à sa rencontre. Défaite de don Pedro qui se réfugie à Montiel ■> avec don Ferrand de Castro. Don Pedro négocie son évasion avec un Gascon de l'armée assiégeante. Celui-ci le mène à don Henri, qui le tue après une lutte corps à corps. Le roi Henri s'empare ensuite du château de Montiel et fait décapiter don Ferrand de Castro. Reddition de Tolède. Triomphe définitif d'Henri de Trastamare''(Pages 185-187).
Procès fait au parlement de Paris contre le prince de Galles^; le duché de Guienne est confisqué au profit du roi. Une partie des seigneurs et des villes d'Aquitaine abandonnent le prince :
rendit le 22 mai 1368 (ibid.). Le duc d'Anjou assiégeait en même temps Arles (Baluze, Vitae pupar. Avenion., II, p. 772).
1. La paix ne fut réellement conclue qu'en 1371, au mois d'avril; Jeanne de Naples, qui n'avait pas d'enfants, adopta Louis d'Anjou.
2. Don Henri dut rentrer en Espagne vers la lin de septembre 1367 (Froissart, VII, xxiv, note 2). Quant à du Guesclin il ne retourna en Espagne qu'au mois de décembre 1368 {ibid.. xxx, note 1), après le traité d'alliance conclu entre Charles V et don Henri, le 20 novembre de cette année (Rymer, III, 11, p. 850).
3. Mohammed, roi de Grenade, vint en eflet ravager l'Andalousie avec une armée d'environ 35,000 hommes ; mais, repoussée devant Cordoue, l'armée des Maures ne tarda pas à se fondre et à se disperser ; elle dévasta les campagnes, enleva quelques châteaux, fit de nombreux prisonniers, mais ne fournit à don Pedro qu'un secours dérisoire (Ayala, p. 525).
4. Le combat de Montiel fut livré le mercredi 14 mars 1369 (Ayala, pp. 548 et suiv.).
5. La version de notre chroniqueur, au moins quant aux grandes lignes, s'accorde parfaitement avec celle d'Ayala (pp. 550-556). Don Pedro aurait fait négocier son évasion auprès de du Guesclin, par l'entremise d'un chevalier, Men Rodriguez de Senabria ; du Guesclin, avec l'assentiment de don Henri, aurait feint d'accepter les propositions de don Pedro et lui aurait tendu un piège (23 mars 1369).
6. Notre chroniqueur ne donne pas la véritable raison de l'appel adressé au roi de France par les nobles de Guyenne; ce fui la levée du fouage ordonnée par le prince de Galles en 1368. L'appel fut envoyé aux mois de mai et de juin 1368 (Froissart, VU, xxxvi, note 2).
346 SOMMAroE.
notamment les comtes de Foix, d'Armagnac, de Comminges et de Montlezun, le sire d'Albret ^ ; les villes d'Auch, Agen, Lectoure, Condom, Cahors, Figeac, Montauban, Bergerac, Périgueux, Angoulême, Saintes, Saint-Jean-d'Angely, La Rochelle, Limoges, etc. D'autres restent fidèles au parti anglais. La guerre recommence en l'an 1369 2 (Pages 188-189).
Hue de Châtillon, maître des arbalétriers, capitaine en Picardie, reprend les villes d'Abbeville et de Rue, par traité ^, les places du Crotoy* et de Noyelles^, par force. Cette dernière place avait pour capitaine Nichole Stamborne **. Le comté de Ponthieu tout entier se soumet au roi de France (Page 189).
La même année, une armée anglaise se rassemble à Calais et ravage l'Artois et les comtés de Saint-Pol et de Boulogne ' (Pages 189-190).
Les Français commandés par Philippe de Bourgogne, Moreau de Fiennes, Gui, comte de Ligny et de Saint-Pol, se postent sur le mont de Tournehem s. Les Anglais s'établissent dans une forte position entre Guines^et Ardres***. Les Français décampent sans combattre après quelques escarmouches '< (Page 190).
1. Le sire d'Albret, Arnaud Amanieu, épousa, en cette même année 1368, Marguerite de Bourbon, belle-sœur de Charles V (Froissart, VII, xxxvi, note 2).
2. Les hostilités ne commencèrent en eflet qu'en 1369 ; le premier combat fut selon toute vraisemblance celui du Mont d'Alazac (17 janvier 1369) dans lequel Jean, fds du comte d'Armagnac, battit les Anglais (Froissart, VII, xLn-xuii, note 1).
3. Abbeville se rendit le 29 avril 1369 ; Rue (Somme, arr. d'Abbeville) ouvrit ses portes le même jour à Hugues de Châtillon {Grandes Chroniques, VI, 271-272).