‹ Chronique normande du XIVe siècleChapitre 31 sur 315 · Sinner, II, 52 et · texte numérisé non relu

Sinner, II, 52 et

2. Il s'agit ici de Philippe III, que l'auteur appelle IV, comptant sans doute comme roi le jeune Philippe, fils de Louis le Gros, mort après son sacre et avant son père.

INTRODUCTION. Ixv

La préface de l'auteur anonyme, publiée par M. Kervyn, est celle de la rédaction latine de la Chronique abrégée des rois de France, par Guillaume de Nangis, dont M. Delisle a retrouvé le texte au Vatican (fonds Christine, n. 574), après l'avoir vainement cherché à Paris, les bibliothèques de cette dernière ville ne renfermant que la traduction française de ce petit ouvrage*. Sinner indique comme source principale de la compilation de Berne la grande chronique latine de Guillaume de Nangis, mais les extraits publiés par M. Kervyn prouvent que l'auteur anonyme a employé également les Grandes chroniques de Flandre. Nous n'avons pas d'ailleurs à nous préoccuper de l'époque antérieure à 1297. A cette date commencent des emprunts assez nombreux à l'abrégé de la Chronique normande. Voici une liste des passages communs :

Kervyn, I, 454-5, expédition de Jeanne de Navarre en Barrois (édition, p. 4).

I, 458-460, siège de Lille, voyage de Jacques de Saint- Pol à Cologne, fin de la première guerre de Flandre (édit., pp. 6-12).

I, 461, pillage de Gand par les Gallois (édit., p. 13).

I, 463-64, sentence du pape Boniface VIII, rupture de la trêve, guerre en Allemagne (édit., pp. 13-14).

I, 469 , trahison de Gobert de Lespinasse en Gascogne (édit. pp. 15-16).

I, 472, mort de Gobert à Maie, près Bruges (édition, pp. 16-17).

I, 473-4, massacre de Bruges (édit., p. 17).

1. V. Bjft/ïoi/iégwe de TA^co/e toc/iaries, XXXVII (1876), pp. 512- 513, et Mémoires de- l'Académie des Inscriptions, XXVII, 2 (1873), pp. 342-3. La préface en question commence par ces mots ; Considerans historié région Francorum prolixitatem...

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I, 550, combat de Cadzand (édit., p. 39).

Kervyn, II, 443, une partie des guerres de Bretagne en 1341 et 1342 (prise de Valgarnier, siège de Nantes, etc., édit., pp. 52-3).

II, 447-452, expédition d'Edouard III en Bretagne en 1342, trahison de Clisson, histoire de la comtesse de Salisbury ; histoire de Jeanne de Belleville, etc., jusqu'à la mort de Jacques d'Artevelde (voir notre édition, pp. 52-65).

II, 453-55, campagnes de Derbi (édit., pp. 65-73).

II, 455-459, campagne d'Edouard III en 1346 (édit., pp. 74-82).

II, 460-467, événements de 1346 à 1350. Traduction littérale de la rédaction abrégée (édit., pp. 82-96).

II, 468, siège de Saint-Jean-d'Angeli (éd., p. 99).

II, 468-469, combat d'Ardres, mort du connétable Charles d'Espagne (édit., pp. 101-102, 108).

II, 469-473, campagne d'Edouard III en Picardie (1355), guerre entre Navarrais et Français, campagne de Poitiers (1356) (édit., pp. 109-116).

II, 473-475, révolution parisienne (édit., 117-136).

II, 476-479, guerre entre les Navarrais et les Français jusqu'à l'arrivée d'Edouard III sous Paris en 1360 (édit., pp. 137-149).

II, 480, fin de la campagne d'Edouard III, traité de Brétigny (édit., pp. 150-154).

II, 484, bataille d' Aurai, fin de la guerre de Bretagne (édit., pp. 175-177).

II, 490-492, guerres d'Espagne (édit., pp. 179-185,185- 187).

II, 493, reprise des hostilités, soumission du Ponthieu (édit., pp. 188-189).

II, 494, campagne d'Artois en 1370 (édit., pp. 189-191).

INTRODUCTION. Ixvij

II, 494-495, Robert Knolles et du Guesclin (èdit., pp. ' 195-196).

Nous ne pousserons pas plus loin ce travail de comparaison, nous en avons dit assez pour prouver que l'auteur anonyme de cette chronique a suivi presqu'uniquement notre auteur pour les règnes de Jean II et de Charles V jusqu'à 1371. Resterait à savoir s'il a employé un manuscrit avec ou sans continuation ; mais la chose est peu importante, et il nous serait assez difficile de décider cette question. Les extraits que M. Kervyn a publiés de la chronique de Berne nous ont permis de reconnaître sans grande difficulté les emprunts faits par elle au remaniement de la Chronique normande, mais nous serions fort en peine avec ces courts fragments de déterminer à laquelle des continuations de ce remaniement ont été empruntés les chapitres suivants.

D. Gilles de Roye.

GiUes de Roye, abbé de Royaumont en France, se retira vers 1430 à l'abbaye de Dunes, en Flandre. Il y trouva des notes historiques laissées par un religieux de ce monastère, nommé Jean Brandon, qui vivait vers 1360, et qui ayant eu des relations avec un moine de Saint-Denis, notaire du roi de France, avait entrepris d'écrire une histoire universelle. Gilles de Roye reprit ces notes, les remania, y fit des additions, des changements nombreux et continua l'œuvre de son prédécesseur jusque vers le temps de sa propre mort (1478). Son travail eut d'aiUeurs, comme celui de Jean Brandon, à subir une nouvelle transformation; son élève, Adrien de Budt, le remania, le développa et le continua à son tour. On possède encore le manuscrit autographe de ce

Ixviij INTRODUCTION.

dernier auteur, manuscrit qu'il avait intitulé Rapiarium *. André Schott a donné une édition complète de l'œuvre de Gilles de Roye dans le Rerum Belgicarum annales chronici et historici..., publié en 1620 à Francfort par François Sveertius, in-folio. Cette édition paraît très mauvaise, mais nous sommes forcés de l'employer, M. Kervyn de Lettenhove n'ayant publié le texte du Rapiarium qu'à partir de l'année 1384 ; le texte de Schott est du reste suffisamment correct pour l'usage que nous avons à en faire.

L'œuvre commune de Jean Brandon et de Gilles de Roye commence à l'année 792 ; nous n'avons pas à rechercher les sources de la partie antérieure à 1297, mais si nous lisons attentivement le texte du moine de Dunes à partir de cette dernière date, nous constatons bientôt de nombreux emprunts faits par l'auteur à l'abrégé de notre chronique. En voici une liste, que nous croyons complète :

Sveertius, p. 44, lignes 48 et suiv. , à 45, 1. 5, préliminaires des hostilités, intervention du pape, ligue de Gramont (édit., pp. 1-4) ; très abrégé par Gilles de Roye.

Sv., p. 45, 1. 33, à 45, 1. 15, guerre en Champagne, siège de Lille (très abrégé), conquête de la Flandre, trahison du roi des Romains, Adolphe, pillage de Gand par les Gallois (édit., pp. 4, 7-8, 11-12, 13).

S V., p. 46, 1. 23-34 et 40-57, sentence du pape, reprise des hostilités, soumission de la Flandre, voyage du roi (éd., pp. 14, 15, 16).

Sv., p. 47, 1. 32-52, révolte de la Flandre en 1302, massacre de Bruges (édit., pp. 16-17).

Sv., p. 48, 1. 10-44, suites de la bataille de Courtrai,

1. Sur Gilles de Roye, voir la préface de M. Kervyn, dans son édition du Rapiarium, I, 167 et suiv.

INTRODUCTION. Ixix

ruse du roi Edouard I", retour de Philippe le Bel en France (édit., pp. 19-23).

Sv., p. 48, 1. 47-51 et 54-59, combats en Artois, défaite du pont d'Arqués, trêve d'un an (édit., pp. 23-24). Très abrégé dans Gilles de Roye.

Sv., p. 51, 1. 21-23 et 1. 25-46, nouvelle guerre en 1314, traité d'Orchies, mort de Philippe IV (éd., pp. 29-31).

Sv., p. 59, 1. 14-25, petits combats en Hainaut pendant le siège de Tournai (édit., pp. 47-48).

Sv., p. 60, L 21-52, campagne d'Edouard III en 1346 (édit., pp. 74-82). Très abrégé.

Sv., pp. 60, 1. 53 à 61, captivité et évasion du jeune comte de Flandre, Louis de Maie, réconciliation de Godefroi d'Harcourt (édit., pp. 84-86). Très abrégé.

Sv., p. 61, 1. 7-21, siège et prise de Calais ; campagne de Philippe YI en 1347. Sommaire des pp. 87 à 90 de notre édition.

Ce sont là les seuls passages de l'œuvre commune de Gilles de Roye et d'Adrien de Budt, dans lesquels nous ayons trouvé trace d'emprunts faits à notre chronique. Nous en concluons que ni l'un ni l'autre de ces deux auteurs n'a connu directement l'abrégé de la Chronique normande, mais qu'ils ont employé une autre composition historique, qui avait déjà fait usage de cet abrégé. Il est vrai que l'édition de Schott est tellement défectueuse qu'il serait difficile de se prononcer sur ce point sans avoir vu le ms. même du Rapiarium.

Résumons maintenant les résultats auxquels nous croyons être parvenu. Abrégée par un Flamand vers 1380, la Chronique normaitde a été copiée mainte fois sous cette nouvelle forme ; eUe a servi de point de départ à un certain

INTRODUCTION

nombre d'historiens de Flandre, qui se sont contentés de la continuer jusqu'à leur époque; certains copistes l'ont jointe aux Chroniqiœs abrégées de Baudouin d' Atesnes ; enfin elle a été connue de plusieurs chroniqueurs, qui sont l'auteur de la Chronique de Flandre , Jean de Noyai, l'anonyme de Berne et Gilles de Roye ; les deux premiers l'ont transcrite presque en entier, en la complétant sur certains points, les autres en ont traduit ou abrégé une partie notable. Le tableau ci-joint fera mieux comprendre les résultats auxquels nous croyons être arrivé :

Chroniques abrégées de Baudouin d'Avesnes.

Chronique norniande.

Chronique normande remaniée

avec continuations.

Chronique de Flandre (jusq. 1342).

Chron. abr. de B. d'Avesnes,

Chron. norni. remaniée, avec ou sans continuation.

Fr. 5611

Ms. de Sauvage

(jusq. 1383).

Chron. de Jean de Noyai.

Chron. latine de Berne.

Gilles de Roye.

INTRODUCTION. Ixxj

Nous avons terminé l'étude de notre chronique et de ses remaniements ; il nous reste à dire quelques mots de la manière dont nous avons exécuté la présente édition. Les deux manuscrits de Paris (fr, 4987) et de Toulouse nous ont fourni le texte même de la Chronique normande, mais ces deux copies, nous l'avons remarqué plus haut, sont extrêmement défectueuses et pleines de lacunes ; pour corriger les fautes commises par les scribes et remplir les blancs laissés par eux, nous avons eu recours au meilleur manuscrit de la seconde rédaction, que nous connaissions, c'est-àdire au ms. fr. 5610 de la Bibliothèque nationale. Grâce à ce secours, grâce à un petit nombre de corrections, dont nous prévenons toujours le lecteur, nous croyons être arrivé à rendre à peu près lisible le texte de la Chronique, et les quelques lacunes qui le déparent encore sont peu importantes et n'interrompent jamais la suite du récit. On nous reprochera peut-être de ne pas avoir mis également à contribution le texte du remaniement que Jean de Noyai a fait entrer dans son Miroir historial; le dialecte de ce dernier auteur se rapproche beaucoup de celui des mss. de Paris 4987 et 510 de Toulouse, tandis que le copiste du ms. 5610 étant Artésien, ses formes de langue se ressentent parfois un peu trop de son pays d'origine. Mais l'inconvénient n'est pas grand, la Chronique normande n'étant pas un texte philologique et ne devant jamais être employée que par des historiens.

Nous donnons en note les variantes des deux mss. de la chronique originale, d'autres empruntées au ms. 5610, et

Ixxij INTRODUCTION.

d'après ce dernier tous les passages de la seconde version dont le texte est sensiblement différent. Enfin nous indiquons soigneusement les passages supprimés dans la seconde rédaction, qui figurent dans l'ouvrage primitif.

Le texte de la chronique est suivi d'un petit nombre de documents, dont nous devons expliquer et justifier la présence dans notre volume. En premier lieu figurent plusieurs arrêts du Parlement des années 1336 et 1337, relatifs aux démêlés entre Philippe VI et Edouard III, démêlés qui furent la cause immédiate, l'occasion de la guerre de Cent ans ; ces arrêts, nous le faisons remarquer dans notre sommaire S prouvent l'exactitude de la version rapportée par le chroniqueur. Vient ensuite un acte racontant la prise de Puymirol parles commissaires royaux en juillet 1337; c'est le récit officiel du premier fait d'armes important de la guerre anglo-française ; ce document, curieux par là-même, a de plus l'avantage de fixer la date de plusieurs des événements racontés par l'anonyme. Le troisième acte est un contrat entre le roi de France et Ayton Doria pour l'armement d'une flotte (1337) ; le texte en est assez défectueux, — la charte est en français et nous n'en avons qu'une copie du xvii^ siècle, — nous espérons toutefois l'avoir rendu à peu près compréhensible, moyennant quelques légères corrections. — La pièce suivante se rapporte comme les arrêts déjà cités aux querelles entre Edouard III et l'un de ses barons de Gascogne, Arnaud-Garsie de NavaiUes.

Sous le n° 5, nous publions le compte des sommes payées par le maître des arbalétriers. Le Galois de la Baume, pour la mise en état de défense de la place de Cambrai en 1339 ; ce compte mentionne 10 canons, fabriqués par Hugues de

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