‹ Chronique toulonnaises: Histoire de quelques ruesChapitre 7 sur 11 · RUE DE L'ASPERGE · texte numérisé non relu

RUE DE L'ASPERGE

Plusieurs de nos rues ont emprunté leurs noms à des enseignes d'auberges : c'est ainsi que les logis du Chapeau rouge ^ de la Pucelle d'Orléans, des Trois oliviers, des Trois mulets, ont laissé un souvenir plus durable que les maisons occupées par les Tourville , les Duquesne , les Vauban et par Puget lui-même , dont la maison , signalée cependant dans tous les Guides , n'est connue que d'un petit nombre de Toulonnais.

Le 28 février 1686, un nommé Florens Vidal ^ dit V Asperge y à cause de sa très haute taille, se rendit acquéreur d'une maison située rue de Gignac, et y établit une auberge *. — La rue qu'il venait habiter avait été ouverte depuis moins d'un siècle , sur des terrains appartenant à M. de Thomas, seigneur de Milaud et de Gignac. Ce nom de Gignac , que la famille de Thomas avait en quelque sorte imposé à la rue construite dans son domaine , n'était pas du goût des braves gens

' c M. Laurent Tournier , avocat , rn qualité de procureur de la dame Anne de Pelissier, dame de Gignac, a vendu ù Florens Vidal , hoste, le premier droit de lods de la vente à faire d« la grande maison de la dist^^ussion de Jean Cauvat, sise rue de Roquefure, (rue du noyer) visant ù celle de Gignac. » (Minutes de M« Renaud notaire, chez M* Aube. Année 1686 , fol. 97.)

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qui la fréquentaient; il était difficile à prononcer, difficile à retenir et « ne disait rien à leur cœur. »

Quand ce long et mince personnage , que toute la ville connaissait déjà sous le nom de l'Asperge , quand cet aubergiste gouailleur, bavard et cancanier , comme tous les hôteliers de son temps, eut établi son quartier général dans la rue de Gignac , M. de Thomas perdit son procès , Gignac fut oublié, la rue qui avait l'honneur de posséder le sieur TAsperge, retint son nom et ne le lâcha plus. L'autorité municipale elle-même s'empressa de l'adopter et de le consigner dans les registres du cadastre*. Cependant les descendants de M. de Thomas ne se résignèrent pas facilement à cette substitution. Un demi siècle plus tard , ils désignaient encore leur ancienne rue, dans les actes de reconnaissance de leurs directes, sous le nom de Gignac ; mais ils avaient soin d'ajouter « ou de l'Asperge » '.

La maison du sieur Florens Vidal , dit l'Asperge , portant aujourd'hui le n^ 26, ne s'élevait qu'à deux étages , mais elle était spacieuse et profonde. L'Asperge y tint auberge pendant près de 40 ans; il eut l'honneur^ plus d'une fois, de servir à l'hôtel de ville le

^ I Uaison (n^ 26), appartenanl aux hoirs de M. Lasperge , siluée rue de TÂsperge. • Cadastre de 1728. fol. 48.

* a Une grande maison , située rue de Gignac ou de l'Asperge. » Acte de reconnaissance par sieur Jean-Baptiste Dalmas, en faveur de M. de Thomas de Ghateauvert, du 1^ février 1766. — (Ârch supp. Série 11. Art 83. fol. 304.)

repas somptueux que MM. les consuls et conseillers s'offraient le jour de leur élection *.

Aprôs avoir cuisiné pour les gastronomes officiels et autres du XVII« et du XVIIP siècle , après avoir logé, traité et remisé grands et petits^ « bêtes et gens », aprôs avoir beaucoup appris, beaucoup raconté et suffisamment médit de son prochain, maître T Asperge s'éteignit dans la paix du Seigneur, à un âge très avancé , et laissa tous ses biens à l'hôpital Saint-Esprit. — Cet établissement charitable vendit sa maison , le 7 décembre 1736, moyennant 3,005 livres à M. Brunet , négociant , qui la revendit , peu de temps, après , au sieur Jean Cueillette , traiteur.

En 1770, ce dernier en était encore en possession et le logis de feu l'Asperge n'avait pas trop perdu de son antique réputation.

Cette maison n'a cessé d'être occupée par des traiteurs que vers la fin du siècle V

^ « Sera payé à Florens Vidal , dit Laspor^^e , nuhergiste , la somme de 250 livres, pour avoir fourni le repas , dans 1 hôtel de ville, le jour de Télection, et le déjeuner de la feste de Dieu de cette année. » (Délibération du 17 juin 1700).

' Le 8 octobre 1784, Jacques Feissolle , maître maçon , acheta cet immeuble, qui appartient aujourd'hui ù M°^*Mouriè8, née Durand.

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MAISON No 16.

Tout était tradition sous Tancien régime; les familles étaient vouées à certaines professions et les immeubles eux-mêmes conservaient, pendant des siècles, la destination qu'ils avaient reçue de leur premier propriétaire. Nous venons de voir, dans la maison n^ 26, les aubergistes succéder aux aubergistes et les traiteurs aux traiteurs. Dans la maison n^ 16 , les Borme sont chaudronniers de pères en fils , pendant une centaine d'années ; la dynastie des Possel , maîtres boulangers , possède la maison n° 12 , de 1728 à 1828 , et, dans le n*^ 16, quatre générations de menuisiers aboutissent à un sculpteur en bois , M. Bernard Sénéquier, à qui nous devons la magnifique chaire de la cathédrale.

Bernard Sénéquier , né dans la maison n^ 16, le 15 juillet 1784, y est mort le 4 juillet 1868. Fils d'un menuisier habile, il s'éleva jusqu'à la profession de sculpteur en bois , n'obéissant ainsi qu'ù moitié à ce besoin de changement et de bouleversement , que la Révolution avait fait naître dans tous les esprits. Il devint ensuite professeur de dessin , mais il n'abandonna jamais entièrement le ciseau ; il fit , à cette époque de sa vie , indépendamment de la chaire et du chœur de la cathédrale de Toulon , divers ouvrages fort remar-

quables^ pour les églises d'Ollioules, de la Garde et du Beausset.

M. Sénéquier a été, pendant trente ans, professeur de dessin de la marine ; il fut le maître de toute notre nouvelle génération d'artistes toulonnais , parmi lesquels les Daumas , les Montagne , Cauvin , son successeur, et tant d'autres qui sont devenus des maîtres ù leur tour. Il était membre de la société académique du Var*.

Sénéquier n'avait qu'un fils , qui montrait les plus brillantes dispositions pour la peinture et qui lui fut enlevé à la fleur de l'âge, au moment où il venait d'être admis à l'école des Beaux arts. Cette famille est représentée aujourd'hui par M. l'abbé Sénéquier^ un savant et modeste ecclésiastique, qui vit au milieu des livres et des souvenirs du passée dans la maison où il est né et où il espère finir ses jours.

MAISON No 32.

Pour conserver le monopole des professions ou des industries, qui étaient devenues héréditaires dans leurs familles, les anciens toulonnais ne négligeaient aucun

^ MM. Bronzi et Noble ont pubVié , dans le bulletin de la société académique du Var , année 1868 , une notice nécrologique sur M. Sénéquier , qui fut , pendant une vingtaine d années , trésorier de cette académie.

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moyen. Vers le milieu du XVIP siècle , un marchand plâtrier , nommé Jean Gros-Jean , propriétaire de la maison qu'il habite dans la rue de l'Asperge , impose au sieur Vidal , en lui vendant une autre maison située dans la même rue (n° 32) , l'obligation de n'y jamais établir aucune plâtrière, et quand le sieur Vidal, qui était sans doute savonnier , revend cette maison *^ le 27 octobre 1674 , au sieur Pierre Aguillon , il lui fait prendre l'engagement de n'y établir ni plâtrière^ ni savonniôre : « Le dit sieur acheteur ne pourra réduire la dite maison, ou ceux qui auront droit, pour y placer le travail d'une plâtrière, ni moins d'une savonnière •.»

M. Pierre Aguillon , qui n'était ni plâtrier , ni savonnier, n'hésita pas à souscrire ce double engagement. Il compta 2,120 livres au sieur Vidal et prit possession de la maison n° 32, où il s'installa avec sa famille , et où vécurent trois générations d' Aguillon , tous entrepreneurs, architectes, ingénieurs ou officiers du génie militaire.

César Aguillon , fils de Pierre^ fit une assez grande fortune, en achetant des terrains dans l'agrandissement , effectué sous Louis XIV ^ et en y faisant construire des maisons qu'il revendait ensuite. — M. Girardin de Vauvré , intendant de la marine , qui s'était fait concéder un vaste emplacement de 1200 toises , situé

* c Une maison à un plancher avec un eutre^ol , acquise par le vond'^ur de Jean Gros-Jean. •

* Minutes de maître Arnaud , cbtz M* Lespéron, notaire.

sur le Champ de Bataille , entre les rues Saint-Roch , du Trésor et Royale , lui en avait cédé plusieurs parcelles *. La plupart des maisons édifiées sur cette île , appartenaient, en 1698^ à M. César Aguillon '.

A cette époque, César Aguillon avait exécuté divers travaux publics d'une certaine importance. Il s'était rendu adjudicataire, en 1690, de la construction de la halle aux poissons , et avait édifié, moyennant le prix très modeste de 4,500 livres, le solide monument que nous voyons encore aujourd'hui et qui ne manque ni de grandeur , ni d'élégance. — Il avait ensuite coopéré avec M. Gaspard Chassegros , à la construction des nouvelles fortifications ', et pris part à tous les grands travaux effectués parla marine, pour installer les principaux établissements de l'arsenal Vauban.

Les enfants et les petits enfants de César Aguillon furent , comme lui , entrepreneurs des travaux de la marine. Son fils aîné^ Pierre François , se rendit adjudicataire , en 1744^ moyennant 220,000 livres , de la

* • Louis Girardin de Vauvré , etc., vend à César Aguillon . architecte

du dit Toulon , une place dans lagrandissement la dite place faisant

partie de celle dont Sa Majesté a fait don à M de Vauvré , par brevet du i8 avril 1695. » (Actes des 26 mars 1696, 3 janvier 4697 et 23 mai 1699.notaire Arnaud.)

* Dénombrement de 1698. Ile Î31.

* a Le 3 septembre 1695, Gaspard Chaussegros et César Aguillon, architectes , confessent avoir reçu la somme de 20,000 livres : laquelle somme a été employée à la construction des batteries ordonnées par M. Lebret. intendant de Provence, pour empêcher et prévenir les mauvaises intentions des ennemis. » (Arch. comni. Registre DD. art. 17. fol. 558.)

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construction de quatre vaisseaux et d'une frégate : le Foudroyant j de 80 canons; le Téméraire, de 74; V Orphée y de 64; V Hippopotame de 50 et la Pomone de 30. Il devint ensuite trésorier provincial du corps royal de la marine; ses deux petits fils, Louis et Jean François, furent des ingénieurs distingués.

L'aîné , Louis Aguillon, né le 28 janvier 1725, entra dans le corps du génie militaire et s'éleva^ par son seul mérite^ au grade de maréchal de camp. Il n'appartenait pas à la noblesse^ et n'aurait jamais obtenu ce grade réservé aux gentilshommes , s'il n'avait fait preuve d'une capacité hors ligne. Il a d'ailleurs attaché son nom à une entreprise extrêmement remarquable^ dont tous les historiens de Provence ont parlé avec éloge. Il découvrit, près d'Antibes , en 1777, les restes d'un aqueduc romain , qui avait été détruit et complètement oublié depuis 14 ou 15 siècles, et parvint, avec des ressources peu importantes , à rétablir cet ancien monument. La ville d'Antibes, qui manquait d'eau, fut ainsi remise en possession d'une source abondante; elle témoigna sa reconnaissance au général Aguillon , en faisant graver sur une très jolie fontaine l'inscription suivante :

Sous le règne de Louis XVI ^ la reconnaissance a éleoé ce monument à M. d' Aguillon *, brigadier du roi , au corps royal du génie , dont les soins et le ta-

* Louis Ag:union ih tait pas noble mais il fut annobli | ar son grade. V la Biographie de Louis (T Aguillon. (Bulletin de la Société d'études de Dragui gnan, année 1858. p 120 et 177.)

lent ont rendu à cette ville les eauœ qu'elle devait à la bienfaisance des Romains ^ par la découverte et le rétablissement de V aqueduc qui les y portait '.

Détruite , en 1793 , cette inscription a été rétablie par le conseil municipal après les troubles de la Révolution, et depuis lors il n'est venu à personne la pensée d'effacer ce souvenir reconnaissint , qui fait autant d'honneur au général d'Aguillon, qu'aux bons sentiments des Antibois; chez eux la mémoire du cœur est durable,

Jean-François Aguillon , frère du général , né le 28 mai 1726 , dirigea en qualité d'inspecteur , la grande entreprise de l'approfondissement du port de Toulon.

Le fils de ce dernier et par conséquent l'arrière petit fils de César , M. Pierre-François-Alexandre Aguillon , ne resta pas étranger aux constructions navales ; il fut pendant longtemps le seul fournisseur des bois de la mari'ie. C'est lui que le ministre Decrès accusait , en 1812^ de songer plutôt à ses intérêts qu'à ceux de l'Etat, parce qu'il osait réclamer le paiement de la dix-huitième partie des sommes qui lui étaient dues*. M. Alexandre Aguillon fut élu député sous la Restauration; mais à cette époque il ne demeurait plus dans la maison de la rue de l'Asperge.

Deux membres de cette famille ont été officiers de

^ Histoire d'Antibes, station hivernale des Alpes-Maritimes, par E. B. Chabert Plancbeur. Nice, 1866 " V. ci-dessus, page 57.

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marine. Le premier , frère de Pierre-François Aguil- Ion, fut assez heureux pour s'emparer d'un navire ennemi, en 1744. L'intendant, M. Levasseur de Villeblanche, s'empressa de signaler ce succès au Ministre, et de lui demander de l'avancement pour M. Aguillon. Mais , craignant que ce fait, si honorable cependant^ ne fut pas suffisant pour appeler la bienveillante attention du ministre sur son recommandé , il crut devoir ajouter : « le sieur Aguillon est le même, qui a eu l'honneur de conduire le gouvernail de votre canot , Monseigneur, lorsque vous avez été sur la mer, dans ce port. Cela seul mériterait vos grâces *. »

Ce mot est typique, il dépeint bien les mœurs du XVIIP siècle.

Le neveu de cet officier de marine était capitaine de vaisseau , en 1786 , quand il fut dénoncé, avec divers autres fonctionnaires de Toulon, comme faisant partie d'un club. Le ministre demanda des renseignements au commandant supérieur, M. d'Albert de Rioms, qui lui répondit , le 4 mai , en ces termes :

« J'ai pris les informations que vous m'avez ordonné de prendre sur l'association qui s^est formée dans cette ville , et qui vousa été dénoncée comme préjudiciable au bien du service^ par la lettre anonyme que vous avez bien voulu me renvoyer. Je me flatte que, sur l'exposé que je vais avoir l'honneur de mettre sous vos yeux, vous jugerez que les intentions de l'anonyme sont

^ Lettre du 22 décembre 1744 (Archives de la préfecture maritime.)

aussi malhonnêtes et méprisables en elles-mêmes, que Test la voie qu'il a prise pour vous donner des inquiétudes sur un établissement très innocent, dont j'ose garantir que vous n'avez aucune espèce d'inconvénient à craindre.

<( Cet établissement s'est formé depuis quelques mois. Il consiste en cinquante personnes , qui n'ont point d'heure d'assemblée indiquée et encore moins obligée. Elles ont une maison payée à frais communs où chacune d'elle va ^ à son loisir , lire les papiers publics, qui y sont tous rassemblés. Les membres, officiers de la marine , sont : les capitaines de vaisseau : Aguillon^ Gautier , d'Orsin , de Ligondès, Barbasan et Chaussegros; et les lieutenants de vaisseau : Vidal, Poulain, du Port et du Tillet. — Les autres membres de ce club sont quelques officiers retirés , des magistrats et des négociants.

« L'anonyme prétend que le service souffre de l'assiduité que donnent au club les officiers employés dans l'arsenal. Je puis vous assurer que rien n'est plus faux. M. Gautier, entre autres, y paraît assez régulièrement tous les jours en sortant de l'arsenal; il y reste un quart d'heure à lire les papiers, en attendant son dîner, pour revenir à la même heure le lendemain. Vous ne doutez sûrement pas , que si vous m'ordonnez de témoigner à ces messieurs que vous désapprouvez leur société , ils ne s'empressent de la dissoudre ; mais , si vous me permettez d'oser vous dire ce que je pense : je ne crois pas qu'il importe au bien du service, de les

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contrarier sur un point qui lui est entièrement étranger *. »

Ces explications ne calmèrent pas les alarmes du ministre*. Effarouché sans doute par le nom de Club, que Ton avait donné au cercle littéraire dont faisaient partie M. Aguillon et quelques autres officiers, et redoutant pour eux Tinfluence des idées nouvelles qui commençaient à agiter les esprits , il leur fît ordonner de ne plus se réunir pour lire les feuilles publiques. — Le commandant supérieur leur signifia cet ordre, auquel ils s'empressèrent de se conformer. « J'ai prévenu les officiers , écrivait-il au ministre le 26 juin 1786^ que vous désiriez les voir discontinuer l'espèce de club dont ils faisaient partie. Je peux vous assurer qu'ils ont été fort sensibles à la crainte de vous avoir déplu ; mais ils ne pouvaient pas l'imaginer^ cette association n'étant que pour y rassembler tous les papiers publics et les délasser un moment du travail assidu du port. »

Je ne sais si ces messieurs étaient réellement très affligés d'avoir déplu à S. Exe. le maréchal de Castries, ministre de la marine; mais je suis bien persuadé qu'ils étaient plus affligés encore de ne pouvoir plus se réunir, pour causer , lire les journaux et recueillir ou donner les nouvelles locales , qui n'avaient , bien souvent , aucun rapport avec la politique.

^ Archives de la préfectare maritime.

^ M. le maréchal de Castries.

La famille Beaussier , propriétaire de la maison n*^ 40, offre un exemple bien remarquable de ce respect de la tradition , que j'ai déjà signalé , et' qui portait les enfants à embrasser la carrière parcourue par leurs pères.

Après avoir appartenu pendant plus d'un siècle , de 1588 à 1720 , à la famille Battarel , cette maison fut apportée en dot, par M"® Thérèse Battarel, fille d'un écrivain principal de la marine, à M. Joseph de Beaussier, enseigne de vaisseau.

Or, M. Joseph de Beaussier , fils d'un capitaine de brûlot , père d'un capitaine de vaisseau et grand père d'un contre-amiral , eut pour frère deux officiers de marine et pour neveux deux lieutenants, deux capitaines et trois chefs d'escadre. J'ai réuni dans un tableau, que je transcris ci-après, tous les membres de cette famille ayant appartenu à la marine et dont j'ai pu trouver l'exacte filiation dans les actes de l'état civil; mais évidemment j'ai dû en omettre plusieurs *.

' Les auteurs de VHislotre de Vordre de Saint-Lonù mentionnent 18 officiers du nom de Beaussier, créés chevalier de cet ordre, de 4693 k 1797.

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