AVANT-PROPOS
DE LA PREMIÈRE ÉDITION (Janvier 1868)
Feu rintimé, de classique mémoire, faisait remonter ses narrations jusqu'à la naissance du monde.
Ne pouvant si bien faire, nous nous contenterons de remonter au déluge.
Si quelque esprit chagrin nous blâme d'avoir encore voulu remonter si haut... si même il venait à s'étonner qu'un honnête homme, sans y être contraint par force majeure, ait employé ses loisirs à coudre bout à bout et sans art, tant de petits faits sur un sujet si mince, nous lui dirons : Ami lecteur, vous avez mille fois raison, mais ces petits faits, nous le voyons bien, ne tiennent pas à l'histoire de votre pays; notre regret à nous est de n'avoir pu en recueillir davantage.
^v POST-BCRIPTUM DE LA DEUXIÈME ÉDITION (15 mars 1872).
•^ L'accueil bienveillant fait à nos> Chroniques, le désir de laisser un ouvrage moins incorrect, nous engagent à donner cette seconde édition, augmentée de nombreuses recherches et de quinze nouvelles
lithographies dues à Thabile crayon de MM. Charpentier et Benoist, de Nantes.
Si notre Craonnais est petit par son territoire, il est grand par ses souvenirs ; c'est que le sang de ses Barons, versé en Palestine et sur presque tous nos grands champs de bataille, était de source royale, du sang de la plus illustre dynastie du monde ; c'est que jusqu'au bout il a soutenu sa gloire et ne s'est éteint qu'en se mêlant à celui des Condé.
Puisse une plume plus autorisée que la nôtre compléter, mettre en œuvre les matériaux que nous avons rassemblés, et élever à notre cher Craonnais un monument digne de lui I
Du reste, nous répéterons ce que nous disions dans la première édition : « Chaque fois que dans nos recherches nous « avons découvert un nom encore porté dans lé pays, nous « l'avons cité sans garantir sa descendance. Sur les champs de « la mort, c'est à chacun de reconnaître les siens... Si parmi ^ « ces noms le nôtre se rencontre quelquefois, c'est qu'en « ouvrant nos Chroniques à tous les noms, nous n'avons vu « aucune raison de nous en exclure. »