DEUXIÈME MAISON : LAVAL-MONTMORENCY
Le fils unique d'Emmc de Laval et du connétable prit le nom de Guy Vil. Il garda les armes de Montmorency, mais en brisant la croix de cinq coquilles, sans doute en mémoire des premiers seigneurs de Laval, et fut le chef de la deuxième maison de Laval. En 1239, il épousa Philippe, fille d'André de Vitré, et en secondes noces, en li55, Thomasse de Mathefelon, seconde femme du môme Anlré, p^^e de la première femme. (Le Baud, Chron, de Vitré.) C'est par son premier mariage que Vitré fut réuui aux possessions des seigneurs de Laval.
Son fils atné, Guy VIII, épousa en premières noces, Isabcau de Bcaumont et en eut un nisqui fut Guy IX. 11 se remaria en secondes noces à Jeanne de Brienne qui lui donna huit enfants. André, l'atné, fut la souche de cinq branches des Laval : Laval- Loué, Laval-Lezay, Laval de Brée, Laval-Lafaigne et Laval-Bois-Dauphin. De cette dernière est descendu Urbiin de Laval, que nous verrons nommé maréchal par l« duc de Mercœur. Cet Urbain de Laval fut le bisaïeul de Madeleine de Lival, femme de Henri d'Aloigny, aussi maréchal de France et baron de Craon.
Les armes des Laval-Bois-Dauphin étaient celles de Laval-Montmorency, à la bordure de sable chargée de cinq lionceaux d'argent.
Soi;s ccUc sccmJo maison de Laval, l'industnc liiiière prit à Laval et dans notre
LOUIS m DE LA TRËMOILLB.
Du mariage de François de La Trérooille et d'Anne de Laval-Montfort naquirent dix enfants, entre autres Louis III, premier duc de Thouars, baron de Craon, etc. Il servit avec distinction sous Henri II, Charles IX et Henri III. Il embrassa le parti de la réforme et causa beaucoup de mal à notre pays. Il avait épousé, en 1549, Jeanne de Montmorency dont il eut trois fils et deux filles, et mourut le 25 mars 1577.
Craonnais un développement extraordinaire. Béatrix de Gavrcs, en Flandre, épouse do Guy IX, eut l'heureuse idée de faire venir de Bruges, en 1298, dos ouvriers habiles qui donnèrent à la fabrication des toiles une telle réputation, et lièrent avec TEspagne un commerce si lucratif, que les simples tisserands devinrent de gros commerçants :
Tellement que grandes mectairies,
Grands domaines et clouserics
Ont acquis et en peu de temps,
Qui estoient pouvres et menus. (Le Doyen.)
De cette époque date la prospérité de Laval et la fortune de ses principales familles; aussi est-ce avec regret que nous voyons les cendres de cette noble femme oubliées et bientôt disparaître dans les ruines de l'abbaye de Clcrmont où se voyait encore son tombeau, en !84i. {Mémorial de la Mayenne, 1. 111, p. 274.)
La culture du lin et sa tildturc suivirent dans le Craonnais un progrès analogue : tous les lundis, Timmense halle de Craon était trop petite pour les acheteurs cl les vendeurs de fil. Au XVIII* siècle, nos marchands allèrent eux-mêmes vendre leurs tilsà Laval tous les samedis. (Voy. chap. \«^,) Aussi Colbert de Croissy disait que notre pays, malgré sa pauvreté, payait ses impôts sans non-valeurs.
L*arrière -petit-fils de Guy IX, Guy XI 1, ne laissa qu'un fils qui se tua par accident en 1403, et une fille nommée Anne, qui épousa» en 1401, Jean de Montfort. Ce chef de la troisième maison de Laval prit le nom de Guy XI II et conserva les armes de Montmorency-Laval. 11 mourut à Rhodes, en 1414; sa veuve lui survécut jusqu'en 1433, ou môme jusqu'en 146'», selon Bourjoly qui ajoute qu'elle supporta son étal de viduitô pendant cinquante ans avec uu'î vertu rare et héroï(iue (liv. XX IH, chap. xii). Cependant le môme auteur (chap. v) avoue «juc sans sa mère Jeanne de Laval, il est probable qu'elle eût épousé le chevalier Guy Turpin, son gentilhomme domestique.