‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 2)Chapitre 32 sur 167 · L. V, ch · texte numérisé non relu

L. V, ch

DE J. DU CLERCQ. dix

mense dans la navigation > • Goropios fiecanus a voulu faire honneur à la Belgique de cette découyerle, sur le fondement que les noms des vents inscrits sur la rose y sont flamands. Montucla a combattu cette opinion. En eff*et, on peut concevoir facilement que diverses nations aient successivement perfectionné la boussole. L'Italien suspendit Faiçuille sur son pivot, et peut-être en resta là. L'Anglais imagina la suspension de la boîte où l'aiguille est contenue. Les noms des rumbs de vents ont été dérivés , dans l'Océan , de la langue qui fournissait le plus de monosyllables y pour désigner les points cardinaux , afin de pouvoir plus fadle-

I. Guyotde Provins, dans sa Bible, écrite vers la fin du HP siècle, parle de la boussole dont il lait la description suivante que nous donnons dans la traduction de Legrand d*Aussy , comme plus intelligible. L'ouvrage entier de Guyot est imprimé dans le recueil de M. Méon, T. U, jç. 307-393.

€ Ds se font outre cela , par la vertu de la Marinière , un art qui ne peut les tromper. Us ont une pierre laide et brune qui attire le fer. Ils tâchent de trouver ses pôles, et yfrotten tune aiguille qu'ils couchent sur un brin de paille, et qu'ils mettent ainsi , sans plus d'apprêt, dans un vase plein d'eau. La paille» fait surnager l'aiguille, et celle-ci tourne sa pointe vers l'étoile polaire (Guyot l'appelle Tresmontaîne). Quand la mer est couverte de ténèbres et qu'on ne voit plus dans le ciel ni la lune, ni les étoiles, ils apportent une lumière près de l'aiguille, et ne craignent plus de s'égarer. » Fabliaux ou Contes du XII* et du XIII* siècles y T. II, p. î»7.

l DES MÊMOHŒS

ment en composer les noms des rumbs moyens. Le langue flamande s'^est trouvée jouir de cet avantage, et c'est,- dit l'illustre historien des mathématiques , ce qui a fait donner aux vents les noms qu'ils portent aujourd'hui ' . Quoi qu'il en soit , cette imposition de noms annonce un peuple qui dominait les mers et qui s'y était , en quelque sorte naturalisé. C'est rarement par des raisons grammaticales ou de convenance d'expression , que les mots usuels s'établissent.

Un préjugé faisait croire à la noblesse qu'elle dérogeait en cherchant les périls de la mer, à moins que ce ne fût pour une cause sainte. Ce préjugé devait cependant s'affaiblir chez un peuple essentiellement navigateur. Outre les deux bâtards de Bourgogne et Simon de Lalain , déjà nommés , deux des fils de ce dernier , le sieur de Cohen , le sieur de Bossu, Jean de Longueval, et plusieurs autres s'embarquèrent à l'Ecluse ^.

Le duc avait donné à Antoine , pour les frais du voyage , cent mille couronnes d'or , et le comté de la Roche en Ardennes , avec plusieurs autres terres. La folie romanesque des croisades encouragée , excitée par le pape et le clergé , réveilla tous les coureurs d'aventures , et promit des res-

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