‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 3)Chapitre 17 sur 107 · CHAPITRE CXCIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXCIII

Comment les Cardinaux dIJrsin et de Saint-Marc Tinrent en France pour apaiser les seigneurs ; et de la paix qui fut traitée à Monte* reau , et non tenue*

En ces propres jours, le duc de Bourgogne étant en son pays de Bourgogne , vinrent devers lui les cardinaux d'Ursin et de Saint-Marc , envoyés de par notre saint père le pape en France, pour apaiser la dissension qui étoit ertf re le roi et son fils d'une part , et la reine et le duc de Bourgogne d'autre part. Auxquels cardinauxleditduc fit grand' révérence, et les festoya grandement. Et après que ledit duc leur eut dit et remontré qu'il éloit prêt de faire paix à tous ceux qui la vouloient , et pour cette cause il avoit envoyé ses ambassadeurs à Bray-sur-Seine, devers les gens du roi, pour traiter de paix . ils se départirent du pays de Bourgogne, et par Troyes allèrent audit lieu de Bray sur Seine et de Montereau , où ils furent des ambassadeurs , tant d'un côté comme d'autre , très joyeusement reçus et honorés ; et de là le cardinal

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de Saint-Marc alla à Paris. Auquel lieu , en la présence du roi, de son conseil et du connétable, il proposa l'état de son ambassade, et le bien qui pou voit venir par le moyen de la paix. Etaprès qu'il eut été dedans Paris grandement honoré par les seigneurs dessusdits , il sjen retourna audit lieu de Montereau devers lesdits ambassadeurs. Auquel lieu il demeura lui et le cardinal d'Ursin durant ladite ambassade; et alloient chacun jour avec lesdits ambassadeurs au moûtierde la Tombe, là où les parties convenoient ensemble , et tant y continuèrent qu'ils furent d'accord. El fut la paix faite et jurée par lesdits ambassadeurs , présents les deux cardinaux dessusdits, par condition que chacune des parties reporteroit par écrit devers ses souverains le traité tel comme ils Fa voient fait; et Vil ne leur étoit agréable, chacune des parties <temeùreroit en tel état comme devant, sans avoir paix ni trêves. Et ainsi s'en retournèrent le$ tens à Paris devers le roi et le connétable , et les attires à Troyes devers la reine et le conseil du duc de Bourgogne,

Lequel traité dessusdit montré à elle et à son conseil , l'eut très bien pour agréable. Et tantôt fut envoyé en Bourgogne devers ledit duepaur le Tisiter , et savoir s'il en étoit content ; sur lequel, en la présence de son conseil , fit réponse qu'il Je tenoit pour bon sans y rien excepter , et 1 que Volontiers il jureroit et feroit jurer ceux dfe sa pat* lie de l'entretenir. Et pareillement les ambassn-

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deurs du roi et du connétable > retoiirfoés à Paris, montrèrent la copie dutrinté qu'ils avoierit fait, au roi , au dauphin , et à aucims notables dfc leur coftseil et de ceux de la ville. Lesquels , après qu'ils l'eurent- vu et ouï, fttreut assez contents xpie le roi le scellât. Mais quand il fut montré au comte d' Armagnac, /connétôbtëyàu chancelier , au prévôt de Paris , et à Remonnet de la Guerre , ils l'eurent du tout patif désagréable ? et dirent tout pleinementqtte jà rte 'éettiienv ettifeu 1 où le rôi l'accordât tel qu'il étoit ; et iiiêmè dit le chancelier que le roi le scellât s'il lui plaisoit , et que jà il ne le sceHeroitr A : b i *.:■■* .. i- > - : -i»vi'- .•;{•?•• •••>

Pour lesquelles répone£3,vl'évêqfte dé Paris, plusieurs «stables bourgeois de la ville y è^autres du conseil f ^ia : roi iet du dauphin, tfyaffitf gfcaud éésfr d'avoir paix , •* furent *powr lesdifces réponses moult émerveillés -y ietpour tant conseillèrent an dauphin qu'ifc tint au Laruvré un» conseil pou* ladite ptfix , lequel it tint; mais oncques ledit connétable n'y voulut aHer>, e£dit>que ceux qui conseilloien t telle paix étoieirt 'tfaftnss; Fitiabtement ; par le moyen des contradictions éesàu^ite^, tôUI ftrt rompu ; et demeurerait les parties dessusdites en tel état comme de vain tv sans atoi* trêves ni paix ensemble ; pourquoi plusieurs Parisiens et autres du conseil d* roi conçurent grand' haine contre i celui connétaMe. Néanmoins il envoya ses gebs devant les forteresses de Mont-le-Héry et de Marcoussy , que te noient les gens du duc de Bourgogne, qui

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furent contraints de les rendre et délivrer en la main dudit connétable, lequel y mit garnison de ses gens au nom du roi.' ..

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