IS MO«S'JR£LET
ost pour signifier la venue desdits Bourguignons » afin qu'ils fussent combattus. Et incontinent leduc de Bourbon , le connétable et plusieurs autres capitaines, atout (avec) bien quatre mille combattants ^ hâtivement chevauchèrent vers Hainaut par la Chapelle , en Thiérasche » tant comme chevaux les pou voient porter , pour atteindre et combattre lesdits BourguignonSé Lesquels ils poursuivirent jusques au pont de Mie-Bray sur l'eau deSambre , assez près de Beau mont ; et là tuèrent et prirent aucuns Bourguignons qui conduisoient le charroi ; entre lesquels fut pris le dessusdit Veau de Bar , bailli d'Auxois ; et de là suivirent lesdites gens du roi jusques vers Notre-Dame de Hal lesdits Bourguignons , lesquels s'en allèrent loger es fauboui^s de Bruxelles. Et iceux gens du roi, voyants qu'ils ne pouvoient les atteindre , retournèrent parmi le pays de Hainaut, en prenant plusieurs biens et vivres des bonnes gens du pays, qui de ce rien ne se doutoient, et vinrent jusques à Guise en Thiérasche ; auquel lieu ils trouvèrent le roi atout (avec) son exercite , qui là étoit retourné pour combattre les dessusdits Bourguignons ses ennemis. De laquelle chevauchée mouttdéplut au duc Guillaume, coiute de Hainaut, pourtant que son pays avoit été einsi fourragé et couru.
Tantôt après le roi retourna à Saint-Quentin , et les Bourguignons par-devers Audenarde s'en allèrent à Douaii où ils trouvèrent ledit* ducde Bour»gogne , duquel furent reçus, authentiquement ,
ChKOIIIQIIES de MoaSTRlLST.— i//. l5
236 CHRONIQUES d'eKGUERRAND (i4i4)
comme s'ils eussent été tous s<îs frères. Et vint ladite dame de Hainaut sa sœur, comme dit est , laquelle de toute sai force et pouvoir sa paix envers le roi procuroit , mais encore n'y avoit pu trouver ajucun moyen.
^ En outre , le roi, de la ville de Saint-Quentin, avecques les princes, s'en all^ à Péronne, et se logea en son chatel ; et la fête de saint Pierre et de saint Paul, apôtres, solennellement en l'église de Saint-Quentin fort y solennisa ; et le lendemain d'icelle fêle ladite dame de Hainaut et son frère , le duc de Brabant, vinrent devers k roi audit lieu de Péronne poïir la cause dessusdite. Lesquels royalement et grandement furent reçus , et puis firent au roi la requête pourquoi ils étoient venus.
Le dimanche ensuivant, premier jour du mois de juillet , fit le duc de Guienne , a ladite dame et à son frère , un grand et nobje dîner , en lequel il les festoya très solennellement. SemUablement étoiept venus , avecques laditç dame et son frère , aucuns des pluç notables bourgeois , et des quatre métiers de Flandre vers le roi, pour les trois états dudit pays de Flandre , lesquels à grand' joie furent reçu$ ; et leur fit à leur département le roi donner par sage disposition cent marcs d'argent en vaisselle dorée, donticeux furent moult réjouis. Mais finablement , ladite dame de Haiqaut et son frère le duc de Brabant ne purent pour cette fois traiter devers le roi la paix de leur frère le duc de Bourgogne ; pour quoi, tristes et dolents, à Douai
<i4>4) DE MONSTKELET. 227
vers lui s'ea retournèrent. Et lors ledit duc de Bourgogne conclut avecques tous ses capitaines de résister par toutes voies et luanières contre ses ennemis y excepté seulement la personne du roi et son fils le<luc d'Aquitaine. En après icelui duc s'en retourna en son p^js de J'iandre.