CHAPITRE CXXXI
Comment le dac de Bourgogne fit assembler ses capitaines arecqaes leurs gens pour bailler secours à oeux d'Arrasj et du comte d'Eu, qui fut fait cheyalier.
En après , le duc de Bourgogne ayant volonté el intention de donner secours à ceux de la ville d*Ârras ^ manda tous ses capitaines , avecques les* quels il conclut de les envoyer en un certain jour entrer à puissance dedans le logis de Baudimont (Vaudeniont) , ou étoit Tavant-gardedu roi , sou^ la conduite du duc de Bourbon , a Tencontre des^ quels dévoient saillir grand' quantité de ceux de la ville f qui de ce étoient avertis : pourquoi iceux capitaines se mirent tous ensemble jusques à quatre mille combattants ; desquels étoient capitaines le seigneur de Croy , le seigneur de Fosseux , le seigneur de Jumont , le seigneur de Cbâlons, messire Gautier de Rupes et plusieurs autres , qui tous ensemble/ chevaucbèrent jusques à quatre lieues d'Arras ou environ. Et adonc ordonnèrent et mirent leurs coureurs devant; lesquels coureurs furent Atbis et Jacques de Bavière , frères , Louis de Bussy et aucuns autres ^ qui tous ensemble furent pris des gens du roi et menés en Tost. El pour tant les gens du duc de Bourgogne dessusdits^ sachants
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h prise de leursdils côur6ur^ , et aussi espérant que par iceux leur entreprise serbit accusée , furent mouit troublés , et tant que sans rien besogner s*en relourhërent chacun en sa garnison ; dont moult déplut au duc de Bourgogne.
Et eislvrai que pour le temps que le roi vint devant Ârras , ses gens prirent la forteresse d'Avesnes-le-Comte , qui étoit audit duc, et celle de VilIers-le-Cbâtel , qui étoit au seigÉieur de Gournai , toutes deux à quatre lieues d' Arras , dedans lesquelles étoient toujours grand nombre de gens du roi qui moûlt travailloiënt \e pays , et au$si faisoient savoir à leur ost toutes nouvelles et assem*^ blées faites par lesdits Bourguignons,
Durant lequel temps les assiégeants , c'est à savoir ceux de l*ost du roi, continuellemerit , comnte dit est , s*efforçpient de jour en jour dé grever et combattre ceux de la ville par toutes voies et ma* nières qu'ils pou voient, tant de canons, veuglaires, bricoles et autres engins ; et par espécial , au lez (côté) vers Vaudemont travaillèrent fort iceux assiégés des engins dessusdits : et avecque ce pardessous les murs, en divers lieux, firent plusieurs raines. Entre lesquels en firent une contre ledit lieu de Vaudemont, sur intention d'entrer sectèlement dedans la cité ; laquelle des assiégés fut aperçue par une contremine qu'ils avoient faite*: si fat rompue i et y eut grands poussis de lancés leis uns contre les autres.
Entre lesquels le comte d'Eu Combattit contre
Chroiiiques db Mokstbblbt. — T. IlL 1 6
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messire Jean de Neufcbâtel , seigneur de Mootaigu 9 assez vaillamraent , jà-soit-ce que lors il étoit jeune d'âge. Et fut fait chevalier à cette besogne par la main de son beau-frère le duc de Bourbon. Après lesquelles armes les parties sedépartirent et retournèrent chacun à son côté. En outre, durant ledit siège , messire Louis Bourdon et autres furent logés en l'abbaye du Mont-Saint- Eloi 9 à deux lieues d'Arras , laquelle étoit close de bonne muraille tout autour , et y avoit de moult notables édifices , qui tous , ou au moins la plus grand' partie , furent dépouillés par les dessusdits , de treillis , de fer , de plomb , de cloches et autres choses portatives.
Ainsi y et par cette manière, fut pour cette saison la comté d'Artois moult oppressée et travaillée par les srens du roi de France.