‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 4)Chapitre 50 sur 103 · CHAPITRE CXXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXXIX

Gomment le roi et son grand eonseil envoyèrent pour détrousser les gens du duc de Bour^gne , et de plusieurs autres besognes qui se firent.

Or est vrai qu'après la destruction du châtelde Tonnerre dessus nommé , plusieurs hommes d*armes et gens de trait, qui avoient été à la destruction, se tenoient ensemble , par manière de compagnie , bien sept mille chevaux , et en plusieurs lieux faisoient moult de maux es pays du roi , tant en Auxerrois comme ailleurs. Pourquoi fut ordonné de par le roi et son conseil le seigneur de Gaucourt, messire Gastelin du Bois et plusieurs autres, pour

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iceux combattre en subjuguer; lesquels gens eu manière de compagnie furent poursuivis par les des* susdits vigoureusement. Et en la fin y eut bien deux ou trois cents morts et pris ; lesquels pris furent menés à Paris el mis en Ghâtelet , et depuis en j eut d'exécutés, mais par avant le roi paya leur financeà ceux qui pris les avoient. Et étoient conduiseurs des dessusdites compagnies*, Jacqueville, Fribourg et aucuns autres; lesquels sachants l'as^ semblée des gens du roi venant sur eux, se retrahirent (retirèrent) vers le pays de Bourgogne.

En après, messire Jannet de Poix, neveu de messire Jacques deChâtillon , seigneur de Dampierre et amiral de France , allant devers le duc de Bourgogne atout (avec) deux cents combattants ou environ , fut rué jus et détroussé de tous points , que oncques de sa compagnie n'en échappa qu'un seul homme , lequel se nommoit Tambulan ; et se sauva par fuite ; et tous les autres, comme dit est , furent morts et pris. De laquelle détrousse moult déplut au duc de Bourgogne. Et pareillemen t , Hector de Saveuse , qui avoit fort guerroyé les gens du roi devant Arras , fut pris en faisant le pèlerinage de Liesse, parlesgens du roi, elmené à Paris. Et défait si n'eût été par le pourchas et prière de la dame de Hainant, eût été exécuté et aussi parce que Philippe deSaveuse, son frère, prit prisonnier Henri deBoissy seigneur de Chaule , et Eustache d'Ayne, seigneur de Sarton , lesquels deux avoient de leurs prochains amis au conseil du roi , qui firent grand' diligence

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Judit Hector, afin que leurs amis dessiisdits fussent délivrés ; et par ces moyens fut icelui Hector mis à pleine délivrance.

Pour lesquelles besognes , et plusieurs autres, nonobstant la paix de devant Arras , si avoit-il peu de sûreté et d'amour ; car la partie d'Orléans se lenoit devers le roi et le duc d'Aquitaine; pourquoi ceux de la partie de Bourgogne y et tous ses favorisants, n'avoient quelque accès ni gouvernement devers le roi , ainçois (mais) étoient traités à rigueur de justice très rudement. Et en pareil cas ledit duc de Bourgogne très rigoureusement traitoit et soufFroit être traités ceux de la partie d'Orléans , qui lui avoient été contraires la guerre durant.

Néanmoins, tellement quellemenl fut la paix traitée. Durant lequel temps la dame de Hainaut, atout (avec) grand' et noble compagnie par Vermandois , parNoyon etCompiégne, vint à Senlis. Avec laquelle vinrent les députés des trois états de Flandre moult noblement. Et après vinrent le duc de Brabant , et le conseil du duc de Bourgo* gne , c'est à savoir l'évêque de Tournai , le seigneur de Ronq , messire Guillaume Bouvier gouverneur d'Arras , maître Thierry le Roy , et aucuns autres. Lesquels, après la requête du conseil du roi, allèrent à Paris, pour plus convenablement traiter ; excepté ladite dame de Hainaut , à laquelle son seigneur et mari avoit défendu et mandé par lettres , qu'elle et ses gens de son hôtel n'allassent

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avant de Senlis; auquel lieu elle fut honorablement reçue par le duc d'Aquitaine dessusdit ^ accompagné du duc de Berri, lesquels vinrent à Paris à Tencontre d'elle. Et après fut visitée des autres princes du sang royal; et mémement de la duchesse de Bourbon , laquelle vint de Glermont à Senlis par Taccord de son mari , pour icelle festoyer; et demeura avecque lui toujours jusques au retour d'icelle.

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