‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 4)Chapitre 89 sur 103 · CHAPITRE CLXXL · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLXXL

Gommeat le comte Dorset, capitaioe d'Harfleur, fit une cherauchée au pays de Caux , et fut combattu des François ; et de l'emperear qui fit le comte de Savoie duc

En ce même temps le comte Dorset , qui se lenoit à Harfleur, se mit sus un certain jour atout ( avec ) bien trois mille combattants anglois , et alla courir devant Rouen , et de là alla enceindre le pays de Caux, où il fut par trois jours, et y fit de très grands dommages par feu et par épée. Mais entre temps s'assemblèrent les garnisons et nobles du pays , avec le seigneur de Villequier; et la!)l qu'ils furent trois mille, comme étoienl

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ic-e.ux Anglois. Si se rencontrèrent assez près de Valmont, et promplement les François leur coururent sus très vaillamment^ et en bref mirent iceux Anglois en déroi. Si demeura en la place desdits Ânglois bien huit cents; et les autres, avec ledit comte, se retrahirent en un jardin qui éloit environné de fortes haies d'épines; et là se tinrent le surplus du jour que lesdits François ne les purent avoir, jà-soit*ce qu'ils se missent en peine.

El quand ce vint au soir, ils se relrahirent (retirèrent) pour eux rafraîchir en un village qui étoit au plus près; mais le dessusdit comte Dorset, doutant la journée du lendemain , se partit dudit jardin avec ses gens , environ le point du jour, et se tira pour retourner à Harfleur. Laquelle départie surent assez tôt après les François , qui derechef les poursuivirent et r'ateindirent sur les marais assez près de Harfleur , à deux lieues. Si les assaillirent cemme devant; mais, pour ce qu'iceux François n'étoient pas tous ensemble , furent déconfits , et morts sur la place bien deux cents ; entre lesquels fut le principal ledit seigneur de Villequier, et plusieurs autres nobles du pays avec lui.

Auquel an , le roi d'Allemagne, au retour de son voyage de France et d'Angleterre , passa par Lyon sur le Rhône , où il vouloit faire d'Aimé , comte de Savoie, un duc; mais les officiers du roi là étant ne lui voulurent pas souffrir; et pour ce s'en partit loiit indigné, et l'alla faire duc en un petit châtel

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de la rivière nommé Moullel , quisied en l'empire. El est vrai que quand il partit de son pays pour venir en France y il avoit toujours tenu le parti con* traire au duc de Bourgogne, par le moyen et enbort du duc Louis de Bavière • frère de la reine de France et autres ambassadeurs tenant la partie d'Orléans ; mais quand ledit roi des Romains fut retourné en son pays , il avoit volonté toute contraire , et aimoit mieux la partie de Bourgogne que celle de ses ennemis et adversaires.

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