CHAPITRE XIII
Des bastilles et bouUeverts que les Gantois olrent fait à Nivelles, en Flandres ; jet comment le comte d^Estampes les conqnesta par forche, et des morts qui y feurent tant d'anç costel que d'autre.
SurIcs marches d'entre GandetAudenarde,yavpit ung fort villaige qu'on appeloit Nivelles en Flandres, dont estoit seigneur Jehan de Montmorency,
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lequel Jean estoit avecq le duc de Bourgogne ; auquel villaige les Gantois s'estoient retirés, et auquel ils avoient fait plusieurs bastilles et bouUoverts pour grever les Picards, et illecq se te noient en gi'and nombre. Le comte d'Estampes scadhant qu'illecq s'estoient retraits plusieurs Gantois , et en grand nombre, manda la garnison de Courtray, avec laquelle garnison, lui et touts ses gens bien en poinct, le vingt-cinquiesme jour de mai audit an cinquante-deux s'en alla pour entrer audit Nivelles ; et comme il approcha , trouva plusieurs bastilles et bouUoverts, lesquels il print par forche, et entra en ladite ville de Nivelles , en laquelle y oit plusieurs Gantois occis. Etcommele comte se fustretraict hors de la ville , aucuns Picards et plusieurs autres entrèrent audit villaige pour ei|x se rafrescbif et leurs chevaux; les aucuns aussi des Picards passèrent oltre le villaige en cachant (chassant) toujours les Gantois quis'enfuyoiept.Ceuxquiserafreschirent en la ville ne se donnèrent garde que les Gantois, lesquels s'estoient recoeuilliés en grand nombre , les vinssent prendre en deffroy et assaillir ; ^t en ce second assaut, meirent à mort des gens du comte d'Estampes, le sieur de Herin, chevallier, ung escuyer nommé Cyvitjr, escuyer servant du comte Bovety ; ung valliant homme d'armes nommé RoUecquin, le prévost Jehan Dinde , et autres hommes d'armes jusques au nombre de quatorze , et bien cinquante archiers; et jà euissent mis à mort touts ceux qui estoient au villaige, sy le sieur de Saveuses ne les
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fust venu secourir, lesquels il combattît jusques à tant que le comte d'Estampes y vint et sa compa- ^ie ; auquel comté on estoit allé dire la mésadvanture qui estoit advenue à ses gens* Et à certes ledit sieur de Saveuses , lequel estoit valliant homme de ^erre, et bien Tavoit monstre tout son temps passé quarante ans et devant , s'y porta si valliamment et sa compagnie, qu'on rieporoit plus ; avecq mondit sieur de Saveuse , estoit monsieur Guy de Roye et monsieur Pierre de Raisé , chevallier, lesquels s'y portèrent a«ssi trèsî vaillamment avecq autres.
Quand le comte fust venu où les Gantois et Picards se combattoient , sy des cendirent le plus à pied. Illecq failloit passer un pont, du quel pont passer de prime face y avoit honneur , car chacun cremoit ( craignoit ) moult , tant pour ceux qui estoient jà morts comme pour le mal arroy où ils estoient ; là estoient veus plusieurs lasches courraiges; toutefois les plus valliants passèrent premiers le pont, et tantost coururent sus aux Gantois ; et de rechief desconfirent la deuxiesme fois; et y moururent des Gantois plus de douze cents : le remennant, se bouttèrent es bois et se sauvèrent. Après lacjuelle victoire, le comte feit mectre les morts de son Costé en une maison , et y feit boutter le feu , et les ardoit ; pareillement feit boutter le feu par tout ledit villaige de Nivelles, qui fust tout ards. Ce fait , le comte, non sçachant de la victoire que le jour de devant avoit eu le comte de Saint-Pol au pays de Wast , s'en retourna en la ville d'Audenarde.
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