CHAPITRE XXXIL
Comment le mariscbal de Bourgogne avecq ses gens feil ardoir Esdkxn, et comment messire Francbois rArragonois rebontta vaUiamment les Gantois qui estoient veno mectre le siège devant la ville d^Aloste.
Le marischal de Bourgogne avecq messire Jacques de Lallaing et le sieur de Grutus (Gruthuse) , Flanieng, avecq grande compagnie de gens de guerre , sceurent que les Gantois se tenoient à Escloot, très fort villaige; auquel Escloot avoit ung fort moustier. Pourquoy ils s'assemblèrent ung jour , et vuidèrent pour tirer vers ledit Escloot et entrèrent dedans ; et tantost que les Gantois veirent les Picards, sy se retrahirent vers ledit moustier, et dudit moustier se bouttèrent dedans ung bois assez près d'illecq , mais ils ne se sceurent sitost retraire qu'ils n'en demoura des morts bien quarante; etfust la ville toute pilliée; et puis fust bôuttéle feu dedans. Et la cause pourquoy on bouttoit ainsi les feus,estoit pourceque hommes du plat pays ne se volloient désister de mener vivres aux Gantois , et de sonner leurs cloches quant les Picards alloient courre , adfin d'assembler les paysans et leur donner éncombrier (dommage) à leur retour; Brief, à cinq lieues de Gand allenviron, tout fust ards, ou d'ung lez ou de l'aultre; et ce que l'une des parties laissoit,
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l'autre brusloit ; maingts gros vUlaigés et maintes belles maisons feurentardses, desquelles je neferay mention, car trop longue chose seroit à racompter.
Le quatorziesme jour du mois de novembre ensuivant, sçachants les Gantois que messxre Anthoine de Wisocqs, capitaine d'Aloste , s'estoit allé esbattre en son pays, s'assemblèrent bien dix mille de
pied,avecqaucunsAnglois,lesquelsestoientàcheval et les conduisoient ; et se partirent de Gand pour aller assaillir la ville d'Aloste ; mais anchois ('avant) qu lis se partirent, Anthoine, bastard du duc de Bourgogne, qui estoit à Terremonde , sceut qu'ils debvoient partir, par aulcuns espiers; pour laquelle cause, et ladite ville garder ettenforcher, ledit bas tard envoya audit Aloste ledit messire Franchois 1 Arragonois, avecqbien trois cents combattans- lequel messire Franchois, tantost qu'il fust arrivé audit Aloste, on lui vint dire que les Gantois ve Doientà grande forchegens; lorsledit messire Franchois, comme valliant et hardy chevalier, atout ce qu^ poeult de gens, la ville laissiée garnie pour la deffendre, sy mestier estoit, issit de la ville d'Aloste et alla contre lesdits Gantois. Lesquels Gantois tantost qu'ibveirent venir les Picards contre eulx' retournèrent vers Gand; et jà euist esté prins lé capitaine des Anglois, sy le cheval dudit messire Franchois ne lui fust failli. Toutesfois, par sa vaillance , rebouttalesditsGantois; et si la nuict ne fust venue , il y êusteu plus grandmechief; mais quant
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ledit messire Franchois veit que la nuict estoit venue , sy se retrait et entra dedans la ville.