‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 5)Chapitre 35 sur 125 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

Comment messire Jacques de LaUsdng secourut son frère messire Philippe , que les Gantois et Anglois cacboient.

Le deuxiesme jour de décembre mil quatre cçnt cinquante-deux, messire Philippe de Lallaing, josne chevallier , avecq ceulx de la garnison d' Audenarde, alla courre jusqu'aux portes de Gandet y bouttèrent les Teus. Lors saillirent hors de Gand environ deux cents compagnons à cheval bien montés , èsquels les Picards Térirent vistement ; et tuèrent ung homme d'armes des Gantois , lequel environ ung mois devant, avoit prins josne homme de Picardie, duquel il en' avoit fait son page ; lequel page , sitost qu'il vit son maitre mort , sy se partist des Gantois et se vint rendre aux Picar<ls , et leur dit que de la ville estoient issus plus de mille combattants par plusieurs portes, pour les venir enclorre par-derrière. Et jà estoient les Gantois rebouttés, quant de ladite ville de Gand saillirent encoires derechief environ trois cens combattants à cheval. Ledit messire Philippe voyant et oyant ce que le page certiffioit , par le conseil de ses gens, en les mectant en belle ordonnance , se meit à retourner. Et combien que les Gantois feussent comme remis et rebouttés, quant ils veirent ce, ils se remeirent

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en ordonnance , et se meirent à suivir ledit messire Philippe, lequel messire Philippe et ceux de sa compagnie souvent retournèrent sur eux; et ainsi escarraouchèrent l'ung l'autre. On vint dire à messire Jacques de Lallaing, lequel estoit à Audenarde , comment les Gantois caçhoiejit (chassaient) son frère. Lors messire Jacques et ses gens montèrent à cheval et vindrent secourir sondit frère, lequel estoit jaàune lieue près Audenarde. Ledit messire Jacques se vint férir es Gantois qui cachc^ent son frère ; et jà sy feussent férus , quant aucuns de ses gens perchûrent bien quatre mille Gantois, qui de grande allure venoient d'ung costel pour les enclorre ; et estoient ceux qui estoient vuidés de Gand , comme le page leur avoit dit. Lors ledit messire Jacques retourna et, ramena son frère et ses gens avecq lui; et les Gantois qui suivoient messire Philippe avecq ceux qui estoient venus pour les enclorre en celle nuict , se logèrent à demi-lieue près d' Audenarde, en une abbaye, et là feirent grande chière ; puis le lendemain matin s'en retournèrent à Gand sains et &aulfs«

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