CHAPITRE XLIII
Du'traictie qu^onctûda avoir feûtàLUle; et comment les pajs du duc estoient travalliës tant dès cens de j^oerpe du duc comme des tailles.
Ce temps pendant que les Gantois faisoient tant de maux, les trois membres de Flandres, avecq les nations de Bruges , vindrent à Lille devers le duc de Bourgogne, en priant audit dlk qu'en-
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coires une fois volsist envoyer aux Gantods ung saul-conduil, pour venir à Lille pour parlamenter de paixé Ledit duc , pour l'amour des nations, leur octroja; et vindrent à Lille vingt ambassadeurs de Gand. Et pour vous faire entendre que c'est des quatre membres de Flandres , faut scavoir que quatre y en a, dont la viHe de Gand est le premier; Bruges , le second ; Ypres, le tierche ; et le pays de Francq, le quart; et les nations de Bruges sont les marchands tenants^ les tables demarchandise par tout le pays chrestien.
Lesdits membres et nations ainsi asisemblés èt> Lille , traictièrent tant qu'on cuida proprement que la paix fust faite entre le duc et les Gantois; et sitost qu'ils feurent revenus à Gand , si dirent comment ils olrent Besoingné et traictié; duquel' traictié que les an^assadeurs ^voient fait avecq les membres et nations, les Gantois n'en voulurent rien tenir ; et ainsi fust le tout rompu , dont les pays du duc vaillirent pis; car duraift ce que lei^. membres de Flandres , cemnie dessus est dict , côtoient devers le duc , et traictoient de la paix , l'armée dudit duc, qui estoit preste trez le quinziesine jour d'apvril, tenoient les chajoaps es pays de Picardie et d'Artois et de Boullenois , de Flandres , de Haynaut et d'ailleurs, et les tindrent six sepmaines; durant lequel temps faisoient moult de maux. Et n'estoit nul preud'homme ne marchanda qui , sans grand doubte et péril d'estre desrobbédes gens d'armes, osast aller parle» champs; et mes-.
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mement iaiUoit gArder les boniies villes des pays du duc à Porche, et faire guet aux portes ^ comme si les ennenîis feùssent à Tenviron ; car si les gens d'armés du duc y euissent peu entrer forts assez , ils le$> euissent pilliés. Et mesmiement se logèrent et pillièrent plusieurs fauxbourgs des bonnes villes. Et tout ce falloit endurer par les gens du plat p^ys et les autres ; jà-soit-ce , que lesdits pays feùssent assez taillés de tailles , ayecq tout ce que ledit duc £aisoit payer.
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