CHAPITRE XLVI
Comment le dac de Bourgogne envoya de Fargentà son fils j et comment le roy alla à Conflans devers le comte de CharoUois ^ et autres chose».
APRÈS la journée du Mont-le-Héry, il fust plus de quinze jours avant que le duc de Bourgogne sceut le rencontre; et lui fust celle jusques. ad ce que on fust bien adverti comme la chose alloit ; et ne lui osoit-on dire pour les grandes maladies qu'il avoit eues , dont encoires n'estoit pas bien, guéri, doubtant qu'il prist la mort de deul; mais
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le vrai de la journée sceu, tout lui fust compté. Le duc , para vaut la journée , avoit envoyé argent pour payer les gens d'arni,es, lequel argent estoit encoires à Arras , quand on rapporta que son fils avoit tout perdu , parquoi il envoya ledit argent avecq aucuns compagnons de guerre au seigneur de Saveuses , adfin de conduire ledit argent à son fils; lequel seigneur de Saveuses, aceompagnié de touts ses gens tant de pied que de cheval , conduit icelle financbe jusquesàMont-Didier;auquellieu lecomte de CharoUois envoya le seigneur de Haubourdin , avecq grande compagnie de gens de guerre , pour estre et accompagnier le seigneur de Saveuses , et amener lesdites finanches , comme ils feirent. Lesquels les conduirent jusques à Conflans; et leur fust nécessité d'estre bien accompagniés de gens d'armes, car plusieurs garnisons de gens du roy s'assemblèrent et feirent plusieurs embusches pour les ruer jus et prendre lesdites finanches ; desquelles embûches ledit seigneur de Saveuses en fust adverti. Si se tindrent lui et ses gens toujours en bonne ordonnance jusques à tant qu'ils vindrent à Conflans devers le comte de CharoUois. Quand le seigneur de Saveuses approcha de Conflans, si tira de ses gens , sans plus , d'une part avecq lui et semeit en bataille et belle ordonnance, et vint où le comte de CharoUois estoit ; lequel il faisoit beau veoir ; car, combien qu'il oit bien soixante-douze ans , sy estoit-il monté et habillié comme si ne oit que quarante ans; et avoit. quatre ou cinq pages
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après lui, atout riches salades , leurs chevaux et le sien chargiés d'orfèvreries , semés de croix de Saint-Andrieu. Le comte de CharoUois les veit en cest estât moult volontiers, etlui feit grande chière; el dit-on que , en lui faisant le bienvegnant , il lui dit : « Seigneur de Savéuses , soyez le très bien » venu , je voldrois que euissiés esté avec moi au » Mont-le-Héry, et m'euist cousté quarante mille » escus d'or. »