CHAPITRE XXXL
Comment le comte de Charollok se partist de Pont et entra dedans Sainct-Denys , pois alla en la bataille dedans Paris ; et comment le comte de Sainct-Pol gagna Sûnct-Cload-sar-Saine > et eut passaige sur Saine ; et plasiears autres choses.
APRÈS que le comte de GharoUois oit esté aucuns jours à Pont, il et tout son ost se partist d'illecq; et s'en allèrent à Sainct-Denys en Franche,en laquelle ville , pour et au nom du duc de Berry , on lui feit ouverture ; et aussitost que ils véoient bien'que par forche ils ne pooient contre lui. Et illecq, entre Paris et Sainct-Denys, lui et touts ses gens se tin7 drent tout le mois de juing, attendant illecq les ducs de Berry , de Bretaigne, de Gallabre et de Bourbon et les autres princes qui avoient scellé ensemble et promis d'estre audit Sainct-Denys, endedans le jour de Sainct-Jehan Baptiste. Le jour de Sainct-Jehan Baptiste passé et tout le mois de juing , le comte de GharoUois véant que nuls des princes dessusdits n'estoient venus, et mesmement le mareschal de Bourgogne , ne nuls Bourgoignons , mais lui fust rapporté qu'ils ne pooient passer pour illecq Venir, pour l'armée du roy de Franche , qui les cottoyoit de touts lez, le huitiesme jour de juillet, icellui comte et ses gens touts mis en bataille , s'en
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Jehan«Bapdsle. Dannt que le siéo'e Beaulieu, le basUrd de Sainct-PoJ HautbourdiQ, passa la rivière d'O gens, et entra en la ville de Ponl-S.
ains que ceox de la ville en sceuisst chevallierestoitavecqle comte de Se comte menoit et condnisott 1 avant ; de Gharollois , lequel comte a voit ( , ses gens trois bataÛles: une avant ^ le comte de Saint-Pol; une arrièi »
noit le bastard de Bourgogne ; c; taille qui estoit la trœsiesme. Tui.
de Gharollois sceut qu'il avoît pas^ d*Oyse , lui et toute son armée Saint-Maxence, et passèrent to de la ville feirent au comte t. nom du duc de Berry , dont iJ général; et illecq, deparle du
feit crier que il mectoit jus tou c sitions , quatriesmes et autres
.1 \illeles : ,'Iiîs belle ii^t veu en ■lault, mar veoir Farà Beaulieu -; .dire sur eux -il n'y trouva ^m scavoit où nt celle part ir près d'eux; 0 les gens du t encloire; et >t dedans Paris V levei^ent^en- . r sur la Gauchie N, qui effrayèrent .^ blessèrent perstoit mis devant inj^mollin, assés se attenfeit;i car idit pays ; bien du it duc de ief avecq oit venu.
t pourlç éissent à trée que
! rencontra ungas, nommé mesi eu affaire à Paris, >cint de la ville d'Ali mareschal feit julliarollois qu'il avoit roy de Franche, que iiviron il se trouveroit i) seroit , et verroit qui unoine tint sa promesse , qu'il trouva audit mole comte respondit qu'il le ^)aravant lui avoit mandé >toient point vraies. Après iroUoiseut fait sa monstre Il osl se retirèrent au Lendy, )cnys, oùencoires estoientles feste dudit Lendy ; et illecq, istumé de faire partout où il aide carroy qui le suivoient , dont )re , tant de l'artillerie , comme . Le comte de Sainct-Pol, itre Paris etSainct-Cloud de foing, quiestoit moult is ; lequel basteau il prist t dedans^ et par ce basrde passa outre la rivière * passaige par la rivière, pont Sainct-Cloud , au- ^ens de guerre , lesquels
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alla devant Paris , et si près que ceux de la ville les pooient veoir tout à plein. C'estoit la plus belle armée que de mesmoire d'homme on euist veu en Franche de peu de gens. Joachim Rohault , mareschal de Franche^ vuida de Paris pour veoir l'armée; jà l'euist-il paravant costoyé tant à Beaulieu que ailleurs, par plusieurs fois, pour faire sur eux aucune emprinse , s'il euist peu , mais il n'y trouva oncques avantages ; ains tantost que on sçavoit où il estoit, les gens du comte tournoient celle part pour lui courir sups , et ne se osoit tenir près d'eux; et encoires cellui jour, tantost que les gens du comte le perçurent, ils le cuidèrent encloire; et lui fust de nécessité qu'il retournast dedans Paris prestement. Quant les gens du comte le veirent rentrer dedans la ville, le comte feit ruer sur la cauchie (chaussée) deux ou'trois serpentines, qui effrayèrent ceux de la ville , combien qu'ils ne blessèrent personne qu'on sceuist. Le comte s'estoit mis devant toute la bataille et alla jusques à ung mollin, assés près de la ville de Paris, lesquels de Paris se attendoient qu'on les deubt assaillir ; mais non feit^i car le comte leur avoit fait remonstrer tant audit pays et ailleurs , qu'il n'estoit venu que pour le bien du royaume, et à la prière et requeste dudit duc de Berry , qui avoit mandé qu'il seroit de brief avecq lui , et se donnoit de merveilles que jà n'estoit venu. Lequel duc de Berry faisoit ce qu'il faisoit pour Iç bien du royaume , leur signifiant qu'ils obéissent à lui comme et au nom du duc. Et à la rentrée que
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le mareschaljeit dedans Paris, il rencontra ung; homme d'église , chanoisne d'Arras , nommé messire Jacques de Villérs , qui avoit eu affaire à Paris, et retournoit en Picardie , soi-disant de la ville d'Amiens; auquel chanoisne icellui mareschal feit jurer qu'il diroit au comte de Charollois qu'il avoit prestement receu lettres du roy de Franche, que en dedans quatre jours ou environ il se trouveroit à Paris , et iroit où le comte seroit , et verroit qui seroit le plus fort. Lequel chanoine tint sa promesse et dit les paroUes au comte, qu'il trouva audit mollin. Auxquelles parolles le comte respondit qu'il le croyoit, pour ce que para vaut lui avoit mandé plusieurs choses qui n'estoient point vraies. Après ce que le comte de Charollois eut fait sa monstre devant Paris, lui et son ost se retirèrent au Lendy, entre Paris et Sainct-Denys, où encoires estoient les loges et maisons de la feste dudit Lendy ; et illecq, comme il avoit accoustumé de faire partout où il alloit, enclost son ost de carroy qui le suivoient , dont il avoit grand nombre, tant de l'artillerie , comme ducarrqy desdits seigneurs. Le comte de Sainct-Pol, quimenoitravant-garde,entreParisetSainct-Cloud trouv|i ungbasteau chargié de foing, quiestoit moult grand, que on menoità Paris ; lequelbasteau il prist et vuida le foing qui estoit dedans^ et par ce basteau lui et toute l'avant-garde passa outre la rivière de Saine ; et adfin de avoir passaige par la rivière, alla prendre et gagner le pont Sainct-Cloud , auquel lieu y avoit plusieurs gens de guerre , lesquels
se rendirent, saufs leurs corps et leurs biens, et s*en allèrent à Paris. Ce sceu du comte de Charollois , lui et toute son ar^iée vindrent au pont Sainct- Cloud, et passèrent touts la rivière de Saine.
Durant le temps que le comte de Charollois estoit entre Paris, envoyèrent en son ost deux ballades dont la teneur s'ensuit :
D'où venez vou» ? — d'oà ? voire de la cour.
— Et qu'y Êtit-on ? — qu'y fiiit on ? rien qui vaille.
— A brief parler, quel çst bruit de la cour ?
— Mauvais ; oy ? — oy certainement.
— Aurons nous pis ? — oy certainement 5 — Comme cela?—- on ne voit l'apparence.
— Qui portera ce Êiit entièrement ?
— Qui ? voire qui ? les trob estats de France.
D'où vient cecy ? de quoy sy grief mal sourd ? D'où voire dea ? dictes le bardement.
— Je criens pensant qu'il tient l'argent sy court j — Diray je oy ? — dites le bardement : •*— Et qui sont-ils ? — je ne parle autrement *— En ont-ils? — oui; ils en ont à puissance. — Qui leur en baille , sy très abbondamment ? — Qui ? voire qui ? les trois estats de France.
Que dit Paris ? est-il muet et sourd ?
N^ose-il parler ? — nenny ne parlement , IJ
—-Et le clergië, le vous tient-on bien court?
—Par vostre foy , oy , publiquement.
— ^Noblesse quoi ? — va moitié pirement ,
Tout se përit sans avoir espérance.
— Qui peut pourvoir à cecy bonnement ?
— Qui ? voire qui ? les trois estaU de France.
Prince, qui veult leur donner allégeance ? — A qui ? — à eux, je vous prie humblement. —De quoi ? — que ayez leur règne en remenbrance. — Qui peut donner bon conseil prestement? ^Oui? vcnre qui ? les trois estats de\ France.
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