‹ Chroniques d'Orient; documents sur les fouilles et découvertes dans l'Orient hellénique de 1883 à 1890Chapitre 14 sur 406 · A Karadja-Euren · texte numérisé non relu

A Karadja-Euren

nous nous sommes acquittés pendant cinq semaines de voyage. Mais les découvertes épigraphiques n'ont pas été cette fois mon but principal; j*ai consacré beaucoup plus de temps et d'attention à corriger la carte de Kiepert dans les districts que nous avons traversés. L'objet essentiel de notre voyage est la restitution de la carte de la Phrygie telle qu'elle était dans les premiers siècles de l'ère chrétienne. J'ai négligé de vous signaler quelques sites anciens de moindre importance, dont les équivalents me sont inconnus.

€ Vous pouvez faire de ma lettre tel usage qui vous semblera convenable; si vous la publiez en entier ou en partie Je vous prie de dire que M. Kiepert a eu la bonté de dresser à notre intention une carte de Phrygie à grande échelle qui nous a été d'une extrême ulilité. »

Nos lecteurs ne nous reprocheront certainement pas d'avoir laissé la parole à M. Ramsay, dont nous avons traduit la lettre presque entièrement, en ne supprimant que quelques détails personnels. Le fait même de nous avoir adressé d'Oushak une lettre si longue, au retour d'un voyage fatigant et difûcile, prouve non seulement la parfaite obligeance, mais l'activité et l'énergie singulières du jeune voyageur anglais. Les importantes découvertes qu'il nous communique, s'ajoutant à ses découvertes pas??ées, lui assurent désormais une place à cAté des Leake, des Fellows, des Hamilton, de tous ces explorateurs savants et hardis dont la tradition, interrompue depuis quelque temps, a été renouée avec un rare bonheur par M. Ramsay, sous le patronage de l'Université d'Oxford et de la Société anglaise pour l'encouragement des études grecques.

M. Ramsay est reparti, au commencement du mois d'août, pour une seconde tournée en Phrygie.

Nettoyage des bronzes. — Dans le Bulletin de Correspondance Hellénique de l'année courante (janvier 1883), M. Stillman a publié et décrit une admirable cuirasse de bronze ornée de dessins au trait, découverte dans le lit de l'Alphée et faisant partie aujourd'hui de la collection d'un Anglais à Zanthe. C'est à Zanthe que M. Stillman avait vu ce précieux objet, dont le possesseur lui-même était loin de soupçonner l'importance. En effet, la cuirasse était couverte d'une couche d'oxyde si épaisse qu'on n'y distinguait pas la moindre trace de figures. Ayant obtenu la permission de l'emporter à Athènes pour essayer de la remettre en état, M. Stillman travailla pendant plusieurs mois à désoxyder le bronze et il se servit à cet effet d'un procédé de son invention qui a donné le meilleur résultat, comme le prouve l'aspect des photographies publiées par le Bulletin, L'article où M. Stillman ra-

contait sa découverte a été traduit par moi en français; mais nous n'avons pu ni l'un ni l'autre en corriger les épreuves et il s'y est glissé une faute d'impression que M. Stillman me prie de signaler à l'attention des archéologues. À la ligne 12 de la page 2, on a imprimé acide nitrique au lieu d'acide citrique, dans le paragraphe où M. Stillman fait connaître les procédés de nettoyage auxquels il a eu recours. Or, si quelque collectionneur avait eu la malheureuse idée de nettoyer un bronze â l'aide d'acide nitrique, il l'aurait abimé d'une manière irréparable. Justement désireux qu'un accident de ce genre ne puisse êlre attribué à la lecture de son article, M. Stillman me prie d'insérer la note suivante^ où il expose un procédé de nettoyage tout nouveau qu'on pourra appliquer avec profit dans les collections publiques.

€ Dans le Bulletin de Correspondance Hellénique du mois de janvier dernier, j'ai inséré une note relative à une cuirasse grecque archaïque découverte par moi ; une erreur t^'pographique m'y fait indiquer, pour le nettoyage des bronzes antiques, un procédé des plus dangereux, à la place du procédé très sûr que j'ai employé et que je recommande. Je ne sache pas que personne ait encore eu l'idée de s'en servir. Il consiste à recouvrir l'objet oxydé de ouate {cotton-wool) imprégnée d'une solution saturée d'acide citrique (C^H*0*) et non d'acide nitrique, comme me l'ont fait dire les typographes, ce qui aurait pour effet infaillible de détruire complètement le bronze. Au contraire, l'emploi de l'acide citrique n'offre aucun danger, bien qu'il exige un temps assez long. En effet, cet acide n'attaque pas le métal, mais seulement les oxydes métalliques, et en l'employant de la manière quej 'ai indiquée on permet à l'air ambiant de fournir la quantité d'oxygène nécessaire pour que les oxydes déjà formés soient parfaitement solubles. Cette méthode, il est vrai, enlève la patine, et il faut se garder de l'employer là où l'on désire que la patine reste intacte; mais l'importance de la patine est nulle lorsqu'il s'agit de rendre à la lumière •des dessins ou des inscriptions d'un grand intérêt archéologique. L'opération nettoie complètement le métal et ne l'entame aucunement^ tout en faisant disparaître jusqu'aux dernières traces de l'oxydation. >

Samos, Délos. — M. Clerc, membre de l'École française d'Athènes, conduit en ce moment une campagne de fouilles dans l'Ile de Samos, sur l'emplacement du temple d'Héra, où M. Paul Girard avait exécuté quelques travaux en 1879 {Bulletin de Correspondance Hellénique^ t. IV, p. 383, pi. XII)'.

1. [Cf. Clerc, Fouilles à VHéraion de Samos, dans le Bulletin de Correspon» dance Hellénique, 1885, t. IX, p. 505-509.J

30 CHRONIQUE DORIEiNT (1883) [3«, 196-7]

A Délos, où rÉcole française est à Tœuvre depuis neuf ans, la direction des fouilles a été confiée cette année à M. Paris, membre de rÉcole. Le Message^' (T Athènes du 17 août nous apporte la nouvelle d'une découverte curieuse faite par notre compatriote dans la partie de Tile voisine du théâtre.

C'est une maison de Tépoque alexandrine, dont on a déjà déblayé la cour entourée de colonnes et douze chambres. Le sol de la cour est couvert d'une belle mosaïque sur laquelle sont dessinés des poissons, des fleurs et d'autres motifs d'ornementation. Au milieu de la cour on a trouvé un bassin plein d'eau. On a découvert aussi la porte d'entrée et l'espèce d'avenue qui s'ouvrait devant la maison ^

Cette exploration présente un grand intérêt, car l'on sait combien ■nous connaissons mal les maisons particulières des Grecs; il sera désormais facile de contrôler, à l'aide d'un document certain, la description faite par Vitruve de la maison alexandrine. Nous pensons que l'emplacement où M. Paris a fouillé est celui même que nous avons signalé dans le Bulletin de Correspondance Hellénique (1883, p. 464) : « A mi-chemin du Cynlhe, entre le théâtre et le Sérapiéion, on voit les ruines d'un édifice non encore déblayé, consistant en fûts de colonnes qui entourent une cavité rectangulaire. » Nous avions cru, bien à tort semble-t-il^ y reconnaître une sorte de réservoir.

Jusqu'à présent, on n'avait guère fouillé les habitations privées à Délos, dont il existe un grand nombre, mais à une profondeur considérable, sur les collines entre le lac Sacré et la mer. Ulrichs avait recommandé cet emplacement à l'attention des archéologues; il pensait qu'on pourrait y découvrir quelques bronzes d'art importants. M. Homolle, en 1879, a déblayé en partie une maison dont les murs étaient revêtus de stucs d'une très vive couleur (Lambros, Athenaeuniy 18 décembre 1880). Un peu plus au nord, j'ai découvert en 1882 le vestibule d'une autre demeure particulière avec des colonnes de marbre et une décoration en stuc analogue. Nous avions l'un et .l'autre suspendu nos recherches à cause de la grande quantité de tv-rre qu'il nous fallait enlever. La découverte de M. Paris prouve qu'elles méritent d'être reprises et que les demeures des hommes, dans l'île d'Apollon, ne sont pas moins dignes d'étude que celles des dieux.

2. [Cf. Paris, Fouilles de Délos^ maison du ii« siècle, dans le Bulletin, 1884, t. VIII, p. 473-496. pi. XX-XXI.]

(REVUE ARCHÉOLOGIQUE, <883, t. Il, p. 261-264 )

Assos. — L'Institut américain a définitivement terminé ses travaux à Assos, et le partage des antiquités découvertes vient d'être effectué par les soins de M. Démosthène Baltazzi, commissaire du gouvernement ottoman. On connaît déjà, par un article de M. Ludlow*, les résultats des deux premières campagnes auxquelles M. J.-T. Clarke a consacré un remarquable rapport. Un article publié dans la revue américaine The Nation^ du 30 août 1883, nous permet de fournir quelques détails sur la troisième campagne qui vient de prendre fin; nous les donnons ici d'autant plus volontiers que la relation générale des fouilles préparée par l'Institut américain ne paraîtra pas sans doute d'ici à longtemps.

Au mois d'avril dernier, M. Clarke étudiait le temple d'Assos et ses murs, M. Bacon l'avenue des tombeaux à l'ouest, M. Koldewey l'agora et les monuments avoisinants. Ils n'avaient à leur disposition qu'une v-ingtaine d'ouvriers turcs du village de Behram. Le but principal des travaux était la restitution architecturale des édifices déblayés, restitution que la dispersion des matériaux antiques a rendue souvent fort difficile. L'agora était limitée à l'est par le Bouleutérion, au nord par un portique, à l'ouest par un monument où l'on croit reconnaître un temple, au nord par des thermes. Le Bouleutérion avait cinq colonnes de façade. Le portique était un édifice dorique à deux étages, avec quatre degrés et une rangée de colonnes sur le devant ; une seconde rangée de colonnes, au milieu, supportait le toit. L'étage inférieur était assez spacieux pour donner un abri, en cas de pluie, à tout le peuple rassemblé dans l'agora. La hauteur est presque la même que celle du portique de Pergame et celui d'Attale à Athènes. Comme Ton

- 1. Revue archéologique^ 4882, t. II, p. 332.

32 CHRONIQUE D'ORIENT tl883) [3«, 261-2]

n'a pas retrouvé un seul chapiteau de Tordre supérieur, la restauration ne pourra pas être complète; mais on assure que les autres éléments de la construction ont été parfaitement déterminés.

A Touest de l'agora est un édifice que l'on croit être un temple. Là aussi se trouvait la principale porte donnant acccès à l'agora; on entrait par la rue venant de la porte occidentale percée dans le mur de la ville. Au-dessous de l'agora étaient les thermes, dont la restitution est d'une grande importance, puisque c'est le seul édifice de ce genre que l'on puisse rapporter à l'époque grecque. La ville d'Assos n'avait pas d'égouts; mais l'on a retrouvé une grande citerne, parfaitement conservée, large de 4 mètres et profonde de 7"»,50. Dans l'agora, on a découvert un Tfi%(t>[>,2, c'est-à-dire un étalon pour la mesure des liquides, et une sorte de moule-type pour les tuiles et les briques.

On sait que jusqu'en 1864 le théâtre d'Assos était resté à peu près intact. A cette époque, les Turcs le détruisirent et en transportèrent les pierres à Constantinople pour servir à la construction des quais. Néanmoins, il a été possible d'exécuter une restauration à l'aide des vestiges subsistants. On a pu également restituer le gymnase, dont une partie avait été occupée par une église byzantine.

L'allée occidentale des tombeaux a été explorée avec soin. Ce sont tantôt des sarcophages, tantôt de petites caisses en pierre contenant des cendres, parfois renfermées dans un vase. Quelques tombeaux ont la forme de petits mausolées s'élevant au-dessus du sol. On a ouvert 124 sarcophages, dont un en terre cuite, et un autre d'une pierre volcanique très poreuse où l'on peut reconnaître la pierre sarcophage d'Assos dont parle Pline. Bien que la plupart des tombeaux eussent été anciennement violés, ils ont fourni un certain nombre d'objets intéressants en terre cuite, en bronze, en verre, et même en or et en argent. Les figurines de terre cuite sont très nombreuses; on en a trouvé jusqu'à trente dans un tombeau, parmi lesquelles quatre musiciens, trois joueurs de flûte, deux Aphrodites debout, six figures assises dans l'attitude des statues des Branchides. Des vases de verre, d'une irisation très remarquable, des strigiles, des couteaux, des monnaies, des pointes de flèche, etc., ont été recueillis en quantité suffisante pour donner une idée l'art industriel d'Assos.

Les sarcophages contenaient parfois les ossements de cinq ou six personnes. Les urnes cinéraires sont en terre cuite avec un couvercle de plomb. Parmi les monnaies, qui sont au nombre de plusieurs milliers, il y en a deux cents d'Assos, dont quelques-unes en or ; on a aussi découvert quelques miroirs en bronze non gravés. Les inscriptions, ont l'étude est confiée à M. Sterrett, sont au nombre de soixante-

quinze et plusieurs sont très importantes. M. Clarke a fait une élude spéciale des murs de la ville, qui lui a permis de distinguer sept variétés de constructions, caractérisées par la forme des pierres et leur agencement. La porte de l'ouest, qui a été déblayée, est une construction militaire remarquable. Toutes ces découvertes seront reproduites et décrites dans la monographie en préparation, à laquelle les Antiquités ioniennes^ publiées par les Diletlanti, doivent servir de modèle.

11 ne reste plus à explorer que la ville proprement dite; mais ce travail serait très coûteux, peut-être sans grands résultats, et les explorateurs américains n'ont pas cru devoir l'entreprendre. D'ailleurs, au train dont vont les choses, il ne subsistera bientôt plus que le souvenir d'Assos : les habitants de Behram n'ont pas attendu la fin des fouilles pour commencer à exploiter comme des carrières les monuments déblayés, et les couvercles des sarcophages ont été mis en pièces pour être transportés à dos de chameaux.

Voici maintenant les résultats du partage opéré par MM. D. lialtazzi et J. T. Clarke. Le gouvernement turc a reçu sept bas-reliefs de la frise du temple ; les Américains en ont gardé deux, dont l'un représente un sphinx assis, et le second des Centaures poursuivis par Hercule. Parmi les sculptures, le Musée de Constantinople s'est réservé une tête d'athlète en marbre blanc, une tête de Eacchante et celle d'un personnage romain; l'Institut n'a eu qu'une figure barbue de basse époque. Les poteries, les terres cuites et les petits objets constituant le mobilier funéraire ont été repartis entre le gouvernement turc et l'Institut dans la pi-oporlion de deux à un. Quelques vases appartiennent à la classe dite des porcelaines de Rhodes et sont d'une grande beauté. Le gouvernement turc a encore reçu une main de femme en bronze, de grandeur naturelle et d'un excellent travail ; une biche en bronze accroupie ; l'inscription sur bronze contenant le serment des habitants d'Assos à Caligula, beaucoup de monnaies de bronze et d'argent, un ai^xcojjLa parfaitement conservé, un anneau en or et des fragments d'architecture en terre cuite (grande tuile du temple, conduites d'eau des thermes et du théâtre, etc.). D'autres morceaux d'architecture, nécessaires à la restauration des monuments ont été abandonné > aux savants américains ^

1. En voici là liste, que je dois à l'obligeaDce d*an membre de la midsioD : Fragments d*un pavé de mosaïque; tuiles, chapiteaux, triglyphes, fragments d'épistyles et de corniches ; tnglyphes du temple, morceau du fronton, tambour de colonne, pontre du plafond ; trois colonnes avec épistyle d'un petit tombeau; bloc du fronton du portique, avec un bouclier rond; colonne

Nous n'hésitons pas à le dire, un tel partage est éminemment préîudiciable aux intérêts de la science et constitue un précédent des plus fâcheux, propre à décourager les exploraleurs qui ne sont pas de simples marchands. La frise archaïque du temple d'Assos, un des monuments les plus curieux de Tart grec primitif, se trouve aujour- <lliui dispersée dans les trois musées de Constantinople, de Paris et de Boston ; les terres cuites d'Assos, hier encore inconnues, devront ^tre étudiées à Constantinople et en Amérique. Les publicistes des États-Unis avaient exprimé le vœu très sensé que Thistitut américain rachetât la partie de la frise qui revenait de droit au gouvernement ottoman. Si ce marché avait pu se conclure, nous croyons que les organisateurs de l'entreprise n'auraient pas refusé d'entamer des négociations avec le Louvre pour lui céder le reste de la frise en échange d'autres objets grecs plus aptes à satisfaire les goûts du public américain. La loi turque de 1874 statue que les objets indivisibles trouvés dans les fouilles devront être évalués par les deux parties et cédés à celle qui consentira à en payer le prix. Les archéologues américains auraient dû se prévaloir de cette disposition de la loi et maintenir que la frise d'un temple forme un tout essentiellement indivisible. Nous ne savons pas s'ils auraient été écoutés, mais tous les savants de l'Europe se seraient rangés à leur opinion *.

Constantinople. — On nous écrit de Constantinople qu'il se forme en ce moment dans cette ville, sous les auspices du Sultan, ime Société archéologique qui doit être composée de membres payants et subventionnée par le trésor public. Elle se propoee de pratiquer -des fouilles sur la côte asiatique depuis Smyme jusqu'à la Troade. Jn chà Allah! comme disent les Turcs. Nous attendons la Société à l'œuvre et nous lui souhaitons d'obtenir du gouvernement toutes les ressources qui lui ont fait défaut jusqu'ici pour construire des roules, •des ponts, des écoles, et réparer les mosquées de Constantinople.

archaïque d*ua tombeau, en pierre; fragments de chapiteaux en marbre. Plus, •deux caisses d'échantillons géologiques de divers points de la Troade. 1. [Voir Y Appendice à la Chronique n» VIII.]

(REVUE ARCHÉOLOGIQUE, 1883, t. H, p. 393-403.)

CoNSTANTiNOPLE. — M. Edmond Aboul, ancien membre de TÉcole française d'Athènes, a proOté du train-éclair organisé par la Compagnie des wagons-lits pour faire une courte visite à Constantinople. Sous le titre : « De Pontoise à Stamboul, féerie authentique >, Taimable Yoyajrour publie dans Le XIX* Siècle * ses impressions de touriste, d'homme politique et de critique d'art. En véritable Athénien qui ne renie pas son mémoire sur l'ile d'Égine, M. About a passé quelques instant au Musée de Tchinli-Kiosk, tandis que ses compagnons de sleeping-car, moins épris des restes de l'antiquité, allaient contempler les derviches tourneurs à la Corne-d'Or. Le XIX* Siècle du 13 novembre contient le récit de cette visite, où l'auteur de La Grèce contemporaine avait pour cicérone le directeur du Musée impérial, S. E. Hamdi-Bey. M. About a été enchanté de son guide et lui décerne des éloges auxquels nous souscrivons volontiers. Malheureusementy cette appréciation judicieuse est comme noyée dans un déluge d'erreurs que la publicité du XIX* Siècle et l'autorité de son rédacteur en chef nous font un devoir de relever en quelques mots.

€ Le Musée de Tchinli-Kiosk, dit M. About, n'est pas encore très riche, d'abord parce qu'il est nouveau *, ensuite parce que les Turcs se sont laissé reprendre tous les chefs-d'œuvre qu'ils avaient pris... Le savant épicier Schliemann a trafiqué du trésor de Priant et des reliques d'Agamemnon sans rien offrir à la Turquie^ si ce n'est un collier moderne mais dont l'or est antique^ à ce qu'il dit^ et je le crois sans difficulté, car la nature ne fabrique plus d'or depuis quelques

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