Revue archéologique, 1888, t. I, p
La statue drapée a été laissée à TÉcole de Tralles, sur la demande de la communauté grecque; le buste a été envoyé à Tchinli-Kiosk.
— M. Dém. Baltazzi m*a adressé la copie de Tinscription suivante, gravée en grands caractères sur une seule ligne :
0AABIA2EKOYNAA KAI YnEP MENEKPAT0Y2 <t>IA0MHT0P02
Hérâclée pontique. — M. Dragatsis a publié dans V*E^\ktpiq^ de nouvelles inscriptions de cette provenance*. Ce sont des épitaphes suivies d'une menace d'amende en cas de violation de la tombe : Tune se rapporte à un nommé Maxime, soldat de la XT* légion ; Tautre à un certain Aup. 'A(ppoSe(ff6id<; 'Tx6i:yîv5ç {sic, ethnique d'Hypaepa), Le style de ces textes est absolument barbare.
Saïda. — A la fin d'avril 1888, Hamdi-Bey et Démoslhène Baltazzi ont recommencé les fouilles de Saïda à cinq endroits différents. Les premières recherches ont donné un sarcophage anthropoïde en marbre blanc, anciennement violé, mais en parfait état de conservation, et des anneaux de fer ayant appartenu à des cercueils.
Le sarcophage de Saïda. — La Correspondance politique a publié Tarticle suivant, qui, après avoir été reproduil par le Daily News et le Times (2 mars), a fait le tour de la presse. Nous le donnons à titre de curiosité :
On nous écrit de Constantinople, 3 mars : Nos archéologues ont fait dernièrement une découverte qui ne manquera pas d'intéresser vivement le monde scientifique européen. Hamdi-Bey, archéologue impérial, a découvert Tannée dernière dans les fouilles qu'il pratiquait à Saïda en Syrie, un caveau où, après les plus minutieuses recherches, il trouva un tombeau contenant plusieurs sarcophages admirablement conservés. Ces sarcophages étaient peints et en outre sculptés avec la plus grande perfection. En même temps Hamdi-Bey mit la main sur un autre sarcophage qui, dans la finesse des bas-reliefs, surpasse, à ce qu'il parait, tout ce qui a été découvert jusqu'à présent. Ces sarcophages furent transportés dans un navire spécial à Constantinople où Tambassadeur d'Allemagne, M. de Radowitz, M. Mordlmann, docteur en médecine et savant archéologue, ainsi qu'un amateur, M. Carabella, les ont examinés dans tous leurs détails. Au commencement, on crut que le dernier sarcophage était celui d'un des généraux d'Alexandre le Grand, mais sur un rapport présenté à Hamdi-Bey par M. Carabella, M. de Radowitz, le D' Mordtmann et Hamdi-
i. Cf. PhilologUche Wochenschrifi, 1888, p. 418. 2. Cf. Revue archéoL, 1888, I, p. 88.
Bey en arrivèrent à conclure que ce sarcophage n'est autre que celui d'Afexandre le Grand. Il sera peut-être intéressant de donner un résumé de ce rapport. M. Carabella dit que ce qui fait présumer à première vue que le sarcophage représentant les victoires d'Alexandre contre les Perses n'est pas celui de Tillustre roi de Macédoine, c'est la croyance qu'Alexandre le Grand lui-même a été enterré à Alexandrie. Mais il ne faut pas oublier que plusieurs auteurs hésitent à croire que le héros ait été inhumé dans cette ville. Ce doute des savants, le caractère du travail, l'exquise beauté du sarcophage, le fait qu'il était placé à côté de celui d'un roi de Phénicie ami du grand roi macédonien, tout donne lieu de croire que c'est bien là celui d'Alexandre le Grand. En outre, il n'est pas probable qu'Alexandre eût placé sur le tombeau d'un de ses généraux ses propres emblèmes et permis qu'on inscrivît comme dues à ce guerrier, (( à lui seul », des victoires qui étaient sans précédents. Ces mots « à lui seul », inscrits à un endroit où d'habitude on ne sculptait que les plus brillantes actions, suffiraient pour prouver que c'est celui d'Alexandre même *. Dans un second rapport, M. Carabella donne encore d'autres preuves à l'appui de son assertion. Les sculptures représentant les Perses symbolisaient la conquête de l'Asie Blineure, et la chasse d'Alexandre près de Suse, où on le voit servi par des Grecs et des Perses, doit être l'emblème de la paix et de l'assimilation de la conquête. Le cadavre est en outre entouré de bandelettes, ce qui n'est pas le fait pour ceux d'^i^^* généraux découverts tout près. M. Carabella explique longuement comment Ptolémée a été trompé et comment le corps du héros se trouve en Phénicie. Ces rapports ont frappé Hamdi-Bey, MM. de Radowitzet Biordtmann, qui sont convaincus maintenant que le sarcophage est vratiment celui d'Alexandre. Sur la demande de Hamdi-Bey, qui est directeur du Musée archéologique, le Sultan a autorisé la construction dans cet édifice d'une salle spéciale où sera placé ce précieux sarcophage. »
Nous pouvons garantir l'exactitude du résumé publié par la Contespondance politique — sauf en ce qui touche l'existence de la prétendue inscription « à lui seul » — ayant sous les yeux la copie du ra-ppo^ même de M. Carabella. M. Tito Carabella n'est pas un inconnu, f^^^ les lecteurs de la Bévue archéologique : il a autrefois communicjuéà M. Perrot, qui les a publiés ici-même, des inscriptions et des ffE^ûUments figurés découverts par lui à Cyzique. Vers 1868, il était ^^crétaire du pacha de Tripolitaine, Riza-Pacha; il eut alors Tocc^s^^^
!. Il n'y a aucune inscription de ce genre sur le sarcophage; c'e»*^ ^°^ énorme bévue de la Correspondance poHtiqne, qu'a reproduite sans soaX"^"*' la Frankfurter Zeiiung (10 mars 1888), mais qui a mis en éveil la crili<i^^ ^* M. Christian Belger {Philologische Wochensckrift, 1888, p. 387). M. Caiml^el'»' dans son rapport à Hamdi-Bey, n'a pas parlé de cette inscription, di^*^* '* Correspondance politique est seule responsable.
d'envoyer au Musée de Constantinople des sculptures de Bérénice et de Leptis Magna que j'ai inventoriées en 1882'. Je rappelle ses états de services à dessein : l'invraisemblable hypothèse émise par cet amateur au sujet d'un des sarcophages de Sidon, hypothèse qu'il a eu le tort de proclamer urbi et orbi, ne doit pas faire oublier qu'il a été plus heureux jadis comme fouiileur qu'il ne l'est aujourd hui comme exégète. J'ajoute que S. E. Hamdi-Bey a déclaré nettement que les rapports de M. Carabella, loin de le convaincre, l'avaient extrêmement égayé. Je n'ai pas reçu les confidences de MM. Mordtmann et de Badowitz, mais je veux douter, jusqu'à preuve du contraire, qu'ils se soient laissés convaincre même un instant.
JÉRUSALEM. — M. Sayce signale une inscription, déterrée dans le Haram, qui porte ce seul mot : FeveOXCou *. Il insiste sur l'importance du récent travail de M. Schick : € Beit el-Makdas oder der allé Tempelplatz zu Jérusalem. » C'est la première description complète de l'emplacement du temple et des constructions modernes qui l'ont recouvert.
Egypte. — M. Schliemann a fouillé à Ramlèh : il y a mis à nu les fondations d'un palais (celui de Cléopâtre, d'après Topinion du fouiileur) et trois marches d'un grand escalier *. Puis, en compagnie de M. Virchow, il a remonté le Nil jusqu'à la seconde cataracte à Wadi- Halfa, au milieu de tribus insurgées qui ont fait courir de sérieux dangers aux deux voyageurs *. De retour à Thèbes, il a écrit à un ami d'Angleterre pour se plaindre qu'on l'eût empêché de pratiquer à Alexandrie les grandes fouilles dont il avait conçu le projet, notamment près de la mosquée Nebi-Daniel, où il comptait retrouver le tombeau d'Alexandre, et sur l'emplacement des deux obélisques, où il pense qu'a été le Caesareum*.
Après avoir passé le mois de janvier à Chypre, M. Sayce s'est rendu en Syrie et de là, par terre, en Egypte. Une lettre qu'il adresse à VAcademy* contient des renseignements sur Raphia, Rhinokoîoura