laid,, 24 mars
5. Le problème de Torigine des Hycsos se rattache étroitement à celui du cheval domestique : il y a bien longtemps que les savants français (entre autres Prisse d*Avennes, dès 1832) avaient attribué aux Hycsos Timportation du cheval domestique en Egypte et soutenu Torigine touranienne de cet animal. Combattue par Chabas dans ses Études sur C antiquité historique (^8^^)' cette opinion a été soutenue à plusieurs reprises par un hippologiste très distingué, M. Piètrement (cf. Revue d'ethnogt*aphie, t. IH, p. 369). M. Piètrement désigne ainsi les> Hycsos : <« un mélange de Mongol» et de S^o^'^^' dominé par une aristocratie mongole. >» La théorie de M. Taylor n'est donc rien moins que neuve.
(REVUE ARCHÉOLOGIQUE, 1888, t. II, p. 214-226.)
ATHÈNES. — Le 26 juin dernier est mort à Athènes l'ancien éphore général des antiquités, M. Eustratiadis, qui avait exercé ses fonctions depuis le 19 août 4863 jusqu'au 24 février 4884. Avec lui disparaît un des derniers représentants de celte vieille école des archéologues athéniens à laquelle on doit les deux premières séries de V *E^fi\t.Epiç. Eustratiadis était un très bon épigraphiste : ses 'E^iYpaçal ovéxSoToi (Athènes, 4851 et suiv.) témoignent de connaissances étendues et d'une grande justesse d'esprit. Comme éphore général, il était quelquefois brusque et grognon, très méfiant à l'endroit des étrangers, qu'il envoyait promener avec délices; au demeurant, dévoué à sa tâche, d'une irréprochable probité, estimé de ceux-mèmes qui l'auraient souvent voulu plus aimable. Si quelqu'un de ses amis voulait écrire sa biographie, il en ferait une plaquette intéressante.
— Grand émoi à l'Éphorie générale, au mois de juin dernier : on apprend qu'une réplique merveilleuse du célèbre bas -relief d'Eleusis, autrefois signalé et décrit par F. Lenormant, est ofiferte en vente au prix de 40,000 drachmes. Les gendarmes se précipitent, confisquent le trésor et le transportent au Musée central. Là on s'aperçoit que c'est un chef-d'œuvre récent du sculpteur L. Phytalis ; le possesseur de ce relief, qui l'avait fait voir à un archéologue étranger, prétendait l'avoir déterré dans un champ à Eleusis. Peut-être y avait-il fait un stage pour prendre de la patine. Mais alors, il n'y a ni fraude^ ni dérogation à la loi de 4834, et le bas-relief doit être rendu à son possesseur.
— Le AeXT(ov du mois de juin annonce qu'on a confisqué chez le marchand B. Nostrakis toute une série d'antiquités, parmi lesquelles des statuettes en terre cuite qui paraissent d'une authenticité douteuse. L'Éphorie générale ne va-t-elle pas trop loin dans son zèle, et ne se
Irouvera-t-il pas des juges à Athènes pour couper court à cette fièvre de confiscations?
— Périclès Raflopoulos, Tauteur des vols commis au Cabinet des médailles d'Athènes et chez MM. Rollin et Feuardent à Paris, vient d'être condamné à cinq ans de prison par les tribunaux français.
Le commerce des antiquités grecques. — Le Temps du 5 juillet a publié l'excellent article suivant, dont Torigine officieuse est évidente :
Nous avons relaté dernièrement les réclamations du gouvernement hellénique à propos des œuvres d'art antiques mises en vente à Paris, à Londres, à Berlin, etc. Quelques mots sont peut-être nécessaires pour expliquer Timportance exceptionnelle qu'a prise cette question et comment elle a motivé une communication de M. Lockroy au conseil des ministres. Nous disions qu'à la suite des vols de monnaies commis au Musée d'Athènes par Raflopoulos, la justice française avait immédiatemeut envoyé le dossier de l'affaire et les monnaies saisies au gouvernement grec. Celui-ci, profitant des dispositions excellentes où semblait se trouver notre magistrature, fit observer que non seulement Raflopoulos, mais de nombreux Hellènes s'étaient rendus coupables de « vols », cl que ceux-ci avaient « volé » non pas seulement des monnaies, mais aussi de fort belles œuvres antiques d'une grande Valeur. Et, pour motiver un envoi de commission rogatoire qui amena récemment à Paris la saisie, chez plusieurs négociants grecs, d'une certaine quantité de ces œuvres d'art, il excipa d'une loi que nous avons expliquée déjà. Cette loi, décrétée en 1834, déclarant a priori que tout objet d'art antique trouvé sur le sol hellénique appartenait à l'État, assimilait au simple vol l'acte de les exporter. Nous avions soin d'ajouter que néanmoins, avec la complicité de certains fonctionnaires, celte exportation se faisait dans des proportions considérables. Le commerce des antiquités ne se chiffre en effet pas à moins de 5 à 6 millions par an*. La révélation de ces faiis eut à Athènes un grand retentissement et détermina même Fun des notables exportateurs d'antiquités, M. Psymoulis, avocat, à se suicider il y a quelques semaines.
Mais ce qu'il est intéressant de connaître, c'est ce qui se passa en France lors des réclamations du gouvernement hellène, fondées sur U loi que nous avons mentionnée. Ces réclamations, transmises par voie diplomatique au ministère des Affaires étrangères, qui les accueillit avec son habituelle bienveillance, furent communiquées au ministère de la Justice. Dès lors elles suivirent la marche normale, et M. Dulac, commissionnwre aux délégations judiciaires, fut chargé d'y satisfaire. A ce moment, il s'a*
î. Je crois ce chiffre très exagéré; il est peut-être dix ou vingt fois trop tort!
gissail uniquement de pratiquer chez quelques négociants désignés et établis à Paris des perquisitions et des saisies qui purent être faites, bien que les « vols » d'antiquités ne pussent être assimilés qu'à des fraudes douanières. Bref, ces perquisitions et ces saisies f\irent pratiquées, sans que les négociants ainsi malmenés invoquassent les traités et la procédure établie du droit international. L'un d'eux même, convaincu du bien fondé de ces réclamations, prévint Faction judiciaire et fit déposer au consulat de Grèce les œuvres d^arl qu'il détenait.
Mais le gouvernement hellène ne se borna pas à ces premières réclamations. Le ministère des Affaires étrangères reçut de nouvelles notes et la magistrature fut nantie d*une nouvelle commission rogatoire. Cette fois-ci, et c'est ce qui éveilla l'attention des intéressés, on demandait à la direction des Musées et aux négociants français de dénoncer : 1« les objets d'art de provenance grecque qu'ils avaient acquis ; 29 les noms des intermédiaires dont ils les avaient reçus.
M.Gustave Larroumet, directeur des Beaux-Arts, dans une note envoyée au ministre de rinstruction publique, énuméra les inconvénients que pr^ sentaient les prétentions du gouvernement grec. Cette note, développée avec force au conseil des ministres par M. Edouard Lockroy, rappelait le point de départ de la question : le vol de monnaies au Musée d'Athènes, délit qualifié de droit commun dont la justice française avait recherché et arrêté l'auteur. Mais il n'en était pas de même, assurément, de cette prétention extraordinaire du gouvernement hellène, de faire appliquer par la magistrature française la loi de 1834, qui est une simple mesure de police, et il ne pouvait appartenir à la France de suppléer à l'insuffisance de l'administration judiciaire et des douanes grecques.
La note rappelait spirituellement que les Grecs anciens, désireux de manger eux-mêmes leurs figues, avaient, quelque deux mille ans auparavant, décrété une loi analogue, par laquelle l'exportation des figues était interdite. Seulement — et c'est ici que s'arrête la similitude du cas — les Grecs anciens avaient en même temps chargé les sycophanles de surveUler les frontières... Si les Grecs modernes veulent manger euxmêmes les figues, ou plutôt, garder leurs précieuses antiquités, qu'ils chargent leurs douaniers de ce soin. Lorsqu'on France nous avons à nous défendre contre les produits étrangers Quisibles ou frelatés, c'est à notre administration que nous confions le soin de nous protéger.
L'administration des Beaux- Arts faisait valoir aussi que la courtoisie dont avait fait preuve la magistrature française aurait pour résultat de détruire un commerce important, dont le marché se tenait à Paris, et qui, maintenant, commençait à se transporter à l'étranger, — à Berlin, croyons-nous.
Un fait intéressant à citer, c'est qu'un député au Parlement d'Athènes, accusé par un journal grec, VÊphéméris, d'avoir ainsi « exporté » une statuette d'Hercule, — qui se trouve maintenant au Louvre, — a prié le ministère hellène des aflfaires étrangères de demander au gouvernement
français les éléments nécessaires à sa justification et que cette demande a été faite. Le gouvernement grec ne désirait plus seulement de pouvoir suppléer à Tinsuffisance de sa police et de ses douanes: il réclamait maintenant de la justice française qu*elle sauvegardât les intérêts électoraux des députés au Parlement d'Athènes.
M. Edouard Lockroy aurait terminé sa communication par un appel énergique à la patriotique attention des ministres dont, directement ou indirectement, le département était intéressé à cette question.
L'affaire en est là.
Bulletin de l*Éphoiub. — Voici l'analyse de V'Apyjxio'hyvd^ SsXtiov du mois de juin 1888 :
Antiquités transportée% au Musée central, -— Portrait viril de grandeur naturelle, couronné de lierre, découvert par l'École française à Amorgos. — Buste d'Ântinoos, plus grand que nature, trouvé à Patras et conservé précédemment au Gymnase de cette ville. — Petite tète en relief d'Apollon (?) découverte à Athènes dans les fondations de la maison de M. Schlieqiann (rue des Muses), qui l'a donnée au Musée. — Portrait de femme de grandeur naturelle, mal conservé, exhumé près de l'Olympiéion. — Pied de miroir en bronze : homme nu du type de l'Apollon de Ténéa, d'un travail commun, découvert en Thessalie. — Trouvailles faites à Tanagra, au cours des fouilles récentes, entre autre un scyphos noir sous la poignée duquel on lit l'inscription suivante gravée en caractères archaïques : AewxéTouç et|ii ; différents vases peints de style commun ; un grand bombyle (haut. 0«,24) avec ornements géométriques ; un scyphos décoré d'une Gentauromachie à figures noires ; un grand canthare (haut. O",!^ portant l'inscription archaïque MaçvToia i|it deux fois répétée ; un aryballe sur lequel est représenté Dionysos assis, tenant un canthare, en face d'Athéna assise, avec égide et casque. — Terres cuites de provenance inconnue, probablement béotiennes, contenues dans une caisse anépigraphe qu'on a retrouvée dans la cave du Musée central; on y remarque une Victoire, deux danseuses et d'autres statuettes féminines de travail commun.
Fouilles de P Acropole, — On a recueilli de nouveaux fragments du combat d'Héraklès contre Triton, notamment une partie d'une tète barbue dont la coloration est remarquable. On signale encore un torse de statue féminine du type des Athénas, au quart de la grandeur naturelle, avec une décoration peinte d'une merveiileuse fraîcheur; à ce torse s'adapte, dit-on, une tête découverte en 1886. Deux statuettes en bronze d'Alhéna- Promachos sont d'un travail et d'une conservation médiocres. Les fragments de vases sont beaucoup plus intéressants: !• Athéna armée debout devant un autel; inscription AGENAIA2; deux femmes et un homme s'avancent en sacrificateurs vers l'autel ; 2« fragment de pinax avec les lettres TIMAPXOI M ; 3ofragmentde kylix avec l'inscription [NI KOÏ^l
6ENE2 MEnOIE[2El. Si la restitution NixotrOlv^i; est exacte, on voit que M. Pottier a eu raison {Céramiques de la Grèce propre^ p. 363, note 3) de placer Nicoslhènos au vi* siècle, contrairement à Rayet {Céramique grecque, p. 112) qui voyait en lui un archaîsant de la seconde moitié du y siècle; 4» fragment de vase à figures noires: deux personnages armés, dont Tun porte une lance, avec Tinscription boustrophède
A0POAIT ZOMI
C'est un fragment d'une Gigantomachie ; on sait qu'Aphrodite prit part à cette lutte, et nous avons donc là, semble- t-il, la plus ancienne représentation de l'Aphrodite armée, ïvonXo; ; 5* fragments de pinax : Alhéna armée assise sur un diphros, avec deux autres personnages assis également.
A l'endroit où ont été faites ces trouvailles, entre le côté nord du Parthénon et le mur de rAcropoIe, on a retrouvé les fondations d'un grand édiOce en tuf qui a peut-être servi de dépôt provisoire lors de la construction du Parthénon de Périclès. Dans le mur de cette construction on a recueilli un beau bas -relief haut de 0"»,53, brisé en deux morceaux qui se rajustent; il représente Athéna debout, casquée et armée, la tête inclinée vers le sol, dans une attitude encore inexpliquée de mélancolie et de deuil (èv pteXayxoXtx xa\ X^icri, écrit M. Cavvadias). Devant elle est une stèle quadrangulaire avec des traces d'ornements peints sur le bord. La facture de ce curieux bas-relief n'est pas assez archaïque pour qu'on le considère comme antérieur à Salamine : il date plutôt de la génération qui précède immédiatement Phidias. Le sujet, dit M. Cavvadias, reste un mystère. Cette Athéna mélancolique vient à point pour les archéologues sensibles qui ont déjà découvert le Weltschmerz dans l'Hermès d'Olympie.
Une seconde exploration a eu pour objet le couloir étroit situé entre le Musée et le mur de l'Acropole ; on y a découvert un torse de Niké de grandeur naturelle, du type de la Niké de Délos, et une tête en marbre qui s'adapte au torse juvénile publié par M. Furtwaengler dans les J/tïtheilungen (t. V, p. 20, pi. I). Cette découverte prouve qu'on a eu tort, au Musée de Berlin, d'ajuster au torse en question une tête trouvée il y a longtemps déjà et conservée au Musée de l'Acropole. La nouvelle tête est d'un travail archaïque très remarquable : les yeux étaient composées d'une substance vitreuse insérée dans des cavités ménagées à cet effet. La disposition de la chevelure est également très particulière.
Une troisième fouille a été conduite au-dessous du Musée lui-même, dont la construction, effectuée en 1865, ne paraît pas avoir été accompagnée, malgré les dires de Pervanoglu {Bullett. delV Jnstiiuio, 1867, p. 73), d'une étude assez approfondie du terrain sous-jacent.
Inscriptions de VAci'opole. — Dans les murs qui entourent la porte dite
de Beulé, on a recueilli un nouTcau fragment du traité conclu an 423 entre Athènes et le roi de Macédoine Perdiccas (Corp, inscr, aiiie., I, 42 et 43). Un autre fragment permet de compléter Tinscription métrique publiée dans le premier volume du Cùrp, inscr. atlic, sous le n^ 482. Ce qu'il y a de plus intéressant, c'est une plaque fragmentée en marbre pentélique qui porte une liste de villes tributaires» parmi lesquelles la cité carienne d'Amos, nommée par Etienne de Byzance, qui faisait partie de la Chersonèse cnidienne; les autres cités sont Aslypalée, Nisyros, Anaphé, Myndos, Clazomène, Erythrée, etc. Cette liste parait dater de l'époque comprise entre 425 et 413. Signalons encore une petite plaque de marbre qui complète Tinscription Corp, inscr, altiCj I, n^ 37, où sont énumérés les nouveaux tributs établis en 425. Ce curieux morceau fait connaître une liste des villes de Thrace dont Tapparienance à Tempire athénien était entièrement ignorée jusqu'à présent : KXeovaC, Odôpioi, "loraoo;, AloXlrac, Zepsta, ^apSlXioif Séppie, 'EpaxXeiov, StYTiot, Mexv6epvaTot, FaXalot, Tpx^o;, B6p|ii9Xo;* Z6vs Tcaps Séppciov, Apvç icapàc Séppetov, SecXe, IIoTci^i&Tst. De l'autre c6té sont gravés les noms de quelques villes asiatiques, 'Avtxv- Spo;, Toksiov, Nêao; IlopfiooeXévs, *A{i.d(x<TtTo;, Aotpiaa, 'A^î^Xciov. Enfin, voici une nouvelle stèle hypothécaire : "Opo; x»P'® ittirpaïUvo ixi
M. LoUing travaille avec zèle à classer et à cataloguer le musée épigraphique. Il a retrouvé, entre autres, un nouveau fragment du plus ancien décret athénien connu, le règlement de la clérouquie envoyée à Salamine (Foucart, Bu//, de Corresp, Hellén,, t. XII, p. 1) et a proposé, dans le AsXtîov, une restitution de Tensembie, différente de celles qui ont été données jusqu'à présent. M. Lolling signale aussi un nouveau fragment des comptes relatifs à la construction de TËrechlbéion et le complément de l'inscription aixhaïque publiée sous le n? 373 (indice 174), dans le 2« supplément dLiiCorpus inscriptionum atlicarum.
Le Musée de Syra a reçu une tôte en marbre de Cybèle, don du professeur de français au Lycée de l'Ile, M. Ernest Nonnotte (*Epvi<Ttoç Nowin). Elle provient, suivant le donateur, de Leptis Magna, en Tripolitaine.
Fouilles de Tanagre, — M. Koromantsos a continué ses recherches dans la nécropole béotienne et a découvert une nouvelle série de statuettes et de vases. Ses rapports sont assez confus et ne se prêtent pas à l'analyse. On signale une femme assise sur un trône, la tète appuyée sur la main droite, une Sirène peinte de vives couleurs et des figurines appartenant aux types Connus . En somme, beaucoup de tombes ont été antérieurement violées et beaucoup d'autres ne contiennent que des objets communs : les fouilleurs clandestins de 1870 à 1874 ont découvert et exporté ce qu'il y avait de meilleur à prendre.
Fouilles de Mantinée. — BIM. Fougères et Bérard, fouillant au nom de
1. Cf. notre Traité d'épigraphie grecque, p. 422, et Bull, de Corresp. Hellén, t. XII, p. 303.
l'École française, ont trouvé une inscription archaïque, des sculptures d*époque romaine et les fondations d'un temple. La récolte, comme on pouvait le prévoir, a été moins abondante que celle de Tannée passée.
Korythios en Arcadie, — Sur la route de Tripolitza à Lerne, un paysan a découvert des bases de statues en marbre, une stèle avec les inscriptions APTEMI2 sur une face et KAEINIAI ANEGHKE sur Tautre, un torse de statue féminine assise sur un trône, de style archaïque, et une très belle statuette en bronze d'Artémis. Ces trouvailles ont été transportées à Tripolitza.
Avarika. — On a conflsqué et déposé à la démarchie de Thaumaci (Domoco) une stèle de travail archaïque, trouvée par un paysan à Avarika, près de Mélitée, en Thessalie, sur laquelle est représentée en relief un serpent mordant un oiseau (^9t; ddtxvwv 7ctiqv6v).
Voyage db M. Ramsay en Asie Mineure. — Pour la cinquième fois depuis que je rédige cette Chronique *, j'ai le plaisir de céder la parole à mon ami Ramsay qui, dans une longue lettre écrite à l'intention de nos lecteurs, m'a renseigné sur les principaux résultats de son dernier voyage archéologique en Anatolie. Si tous les explorateurs avaient autant dezèleetdecomplaisancequeM. Ramsay, la Chronique deviendrait un magasin d^excellents matériaux au bas desquels je pourrais me contenter d'écrire : Certifié conforme. Tout le monde y gagnerait, même les voyageurs qui me confieraient leurs notes. Cela dit, et M. Ramsay remercié une fois de plus, je commence ma traduction.
« Je voudrais faire appel aux lecteurs de votre Chronique pour obtenir quelques éclaircissements sur la question que voici. Un point reste incertain dans la topographie de la Pisidie. Mionnet^ dans son Supplément y a publié une monnaie avec la légende €niAPXMENA- NPCOCnPIMOYAAAAATCON. Cette pièce est-elle authentique? Estelle apocryphe ou seulement retouchée? La pièce dont il s'agit appartenait à la collection Chaudoir, et personne n'a pu me dire où elle se trouve aujourd'hui. Mionnet afûrme expressément qu'elle est authentique, mais il est clair que l'inscription a été lue de travers ou qu*e11e est fausse. Dans la première hypothèse, il s'agit de savoir si les lettres APX ont été bien lues. Si la monnaie les porte en efiet, Adada est une cité d'Asie et doit être placée à Elles ou Elyes sur la côte asiatique du lac Ascanius [Bouldour-Goel). Mais si la transcription APXM€N- ANAPCOC cache un nom romain, le fonctionnaire mentionné doit
1. Cf. Revue archéoi., 1883, t. II, p. 192; 1885, t. I, p. 75; 1887, t. 1, p. 90; 1887, t. Il, p. 352.
être un gouverneur de Lycie-Pamphylie, et alors Adada, d'après une inscription publiée par M. Slerrett ( Wolfe Expédition, n* 420), serait identique à Kara-Baulo. Ceci s'accordait mieux avec Ptolémée et avec les maigres documents que nous possédons au sujet de cette ville.
« Cette année, j*ai fait en Phrygie deux courtes excursions, principalement en vue d'éclaircir quelques points obscurs de topc^raphie et pour vérifier le témoignage d'un Turc d'après lequel une série de monuments encore inexplorés, analogues à ceux qiii entourent le tombeau de Midas, existerait à quelques heures vers louest de Kumbet. Vérification faite, il s'agit simplement des monuments que j'ai publiés dans le Journal of Hellenic Studies de 1884. Voici quelquesuns des résultats nouveaux auxquels je suis arrivé :
1. La route romaine de Synnada à Métropolis ne fait pas le circuit que je lui ai attribué dans ma carte publiée parle Jowmal of Hellenic Studies de 1887. Elle suivait une ligne plus droite à travers les montagnes par Mahmout-Keui et Baljik-Hissar. Le tracé en est facilement reconnaissable, non que les dalles soient encore en place, mais par l'existence de tranchées et de coupures à des intervalles rapprochés. La route traverse une chaîne de niontagnes d'accès difûcile et a été admirablement disposée pour éviter les pentes trop raides ; il n'en reste pas moins extraordinaire que des colonnes monolithes aient pu être transportées par une telle voie de Docimia à la côte (Strabon, Xn, 8, 14, p. 577). J'avais l'intention de parcourir cette roule tout entière, mais nous en fûmes détournés par un indigène qui promit de nous montrer une « pierre écrite » à quelque distance de là. Après une course de plusieurs heures dans la montagne, nous atteignîmes un pic élevé de 6,000 pieds au-dessus du niveau de la mer où nous trouvâmes un rocher... avec quelques éraflures. Comme il était trop tard pour revenir à la route romaine, nous traversâmes les montagnes par un autre col situé à 5,000 pieds d'altitude. Métropolis et Synnada sont à environ 3,600 pieds.
2. Sur celte route, entre Synnada et Métropolis, était Melissa, où Hadrien et Athénée (p. 574) virent le tombeau d'Alcibiade. A Baijik* Hissar il y a des restes antiques, avec un kalé sur le sommet d'une petite colline que contourne la route. Bal, en turc^ signifie c miel v, et jik est le suffixe du diminutif; il peut donc y avoir quelque rapport toponymique entre l'ancien nom de Melissa et le nom moderne. Je ne connais pas d'autre point de la route où Melissa pourrait élre placée et je n'hésite pas à l'identifier à Baljik^ bien que l'épigramme suivante, gravée sur une stèle encastrée dans la fontaine.
puisse, au premier abord, rendre celle hypolhèse invraisemblable :
ov xàvTa)[v] 9(i)vat (paat woXu^Téçavov, 0uvvapi8at S' iTnjaov ev elxévt ^i^[Lxv, xcivw PouXîJç xal Stqixcu xXetvov àyoik\t.(x Tzi-sçiTf^.
a Mais il est probable que Bu vvapfôai, au lieu d'être un ethnique, désigne la famille à laquelle appartenait ce Démélrius et qui lui érigea une statue suivant un décret du sénat et du peuple de Synnada. Baljik-Hissar doit avoir fait partie du territoire de Synnada, et si Melissa était bien située là, les Melisséens devaient être des S y niiadeis,
« 3. Sur la route d'Apamée à Apoilonie, un peu au delà de la fameuse fontaine d'Aulocrène [Rlwci'ini fontes de Tite-Live, où les manuscrits donnent Rholrinos), appelée aujourd'hui Boimar-Bachi, il y a un petit village du nom de TchapalL La route s'élève par une pente rapide au sommet de laquelle est un monument en ruines, qui consistait autrefois en un petit piédestal sur lequel était placé un pilier haut de 6 pieds et demi et large de 2 pieds et demi. En 1882, quand je voyageais avec sir Ch. Wilson, je vis cette pierre et je remarquai qu'elle portait une inscription, mais dans une position telle qu'elle étai t indéchiffrable. Cette année, avec l'aide de six habitants du village voisin et de dix-sept passants que nous recrutâmes sur la roule, nous réussîmes à déplacer la pierre au moyen de leviers en bois. C'est une borne d'Apollonie, datée de 135 après J.-C, portant la dédicace suivante : *H Po'jXyj y.at b 8fJp.o; h 'A::oAX(oviaTa>v Au/a'wv y,a\ 0pi(y.(i>/ 7.oa](ov(ov ôsst; [*E]vof(5'.ç. Dans les /tthiopiqiies d'Héliodore (cap. xi;, on trouve l'expression 6ujaç tw NsiXw xa» OscTç 'Evcptct^, qui peut être rapprochée de ce texte épigraphique. Notre borne marque la limite entre Apoilonie de Calatie et Apamée en Asie, cité à laquelle appartenaient les habitants d'Aulocra ou Aurocra [Jow*nal of Hellenic Sludiesy 1887, p. 510).
« 4. J'ai visité Dionysopolis une fois de plus et j'y ai découvert quelques nouveaux textes qui éclairent les étranges inscriptions dont un spécimen a été donné ici même *. Le n® 13 de la publication de M. Hogarth doit se lire comme il suit : 'A::£[XXr,ç *A::oXX]ù)v{o'j Mc- TsXXiQvoç èÇ5[xoXoYoOiJ.s y.cXa^Osiç Ozo toj ôesu èxel T^OiX-r^aa jiisTvs [itsii Yuvexdç • 8ti toutô o3v zapavY£X(X)(i) (T:)aatv [ji.r,Séva y.ataçpov?) tû Osw
1. Revue archéoL, 1887, II, p. 355. 1/eusemble de ces textes a été publié par M. Hogarth, Journal of Hellenic StudieSy 1887, p. 381 et suiv.
49« CHBOMOUE D'ORIENT (I8M) [8», 220-i'
âr(e)i 2Çet t[V ïsJiXv èÇevrXiptôv [xeti 'rti; èfAliç y^vexoç BXstSCSoç. Le mot latin eÇev^Xoç ou èÇsvxXdtpto; (toujours du féminin) se rencontre plusieurs fois; aeiXrf^, mot qu'Où retrouve danè une autre inscription de la même série, est peut-èlre une corruption du latin similis^ à moins que cela ne soit un vocable phrygien, car les auteurs de ces textes presque inintelligibles savaient certainement très peu de grec. Une inscription inédite de même provenance montre que la mère et le fils, Léto et Laîrbenos, étaient adorés comme a:5v6tu;i.o». Oect. Je renouvelle expressément le vœu que des fouilles soient entreprises sur remplacement de ce temple, où Ton a grand*chance de retrouver les vestiges d'un culte phrygien très original, n'ayant encore subi aucune influence hellénique.
« 5. D'autres inscriptions m'ont appris qu'une série de petits demoi, fttouvTsT;, Kay^e^e^Çi ïaAcuSeT^, Mir;Xcxa)iJLf;Tat (les deux derniers peut-être appartenaient au dème des KayoeTTeTç), ont été réunis avec celui des MciTuveTç dans la cité et l'évéché de Mosyna nommé par les listes byzantines.
*( 6. Dans mes Cities and Bishoprics [Journal of ffeUenic StudieSy 1887, p. 89), j'ai admis à tort l'existence d'une ville phrygienne de Bennisoa. En étudiant de nouveau la pierre, je me suis assuré qu'il faut y voir une dédicace Ait Bevviw; à la fin, dans une ligne séparée, on trouve le nom indigène du dieu BsweT So/;vwv, le Benni des Soenoi. Une autre inscription de la môme localité prouve que les habitants s'appelaient Soenoi\ on trouve une dédicace Ait ^p^vtôvtt %x\ BewsT. Les prêtres du dieu se nommaient ^eweÎTai et la dédicace Ait xr.to) 'Ep|iA6* vvsT s'adresse peut-être au dieu et à son prêtre principal, à moins qu'il ne faille lire tw *Ep;j.a BsvveT.
« 7. A pâmée, où j'ai passé de nouveau l'an dernier, sera probablement accessible par chemin de fer à la fin de 4889. Voici quelquesunes des inscriptions que j'y ai copiées :
H iSojAY) x[ai b BfJ;xo; xal ol] xaTC'.xoO[vT£ç 'PwjxaT- 01 èTs({i.TQffa[v T]t6épiov KXaiîSiov Tt6£p(ou KXauâiou IletTWVoç Mtôpi- Saiiavou ûov Kups(va Ppacviavov Y'jjxvaj'.ap- XoUvTa iC iyopxix^ è>t
[8S 221-2] CHRONIQUE DORIENT (1888) 499
«r En face, sur ia droite de la même pierre :
[*H P^oXy) xal ô îfiixoç xal oll
[îwiTôixoOvreç *P(i){jLatot ixti\Lr,tJX^]
Tt. KXauîiov Ti. KXauîCou KupsCva IhCffaiva
MtOpiîaTiovèv lêpéa $ti &{ou
Aièç KeXaivédiç, è2>r,6ap/i^(javTa
y.al YuiJ.vafftap//j(javTa y.al ayopa-
vo|ji.rjaûr^a Sti ôyopaïaç xal ûxej-
Xr^|X£Vov uwàp Toy ubu KXau5{ou
Tpaviavou YyHt'Va(j'.ap)r{av Si' oyo-
païaç ex tcov IBiV; Si^Jt icipou tsj
SiBojjlIvou £X tsD BT)[i.o(j{o'j BiTjva-
p{(i)v {jLup(ù)v -TCâvrax. ^^etXiwv,
TTjV (r;aoTaaiv ::onr;ffa[xévo)v
ex Twv t3{(*)v Twv ev tfj Sxutix*^
nXaTêia Te^veiTrov.
f Au bas de ces deux inscriptions :
'Ert|ji.£Xr^6£vT(uv IIar{ôu Ae(îa toj Atîoux^u xal Tupr/vou MuTa xal Aoux(ou MouvaTicu "Avôou xal Tpuçwvoç Aïoya *.
« Les noms bizarres de ces dernières lignes sont d'une lecture certaine ; peutrétre faudrait-il les accentuer autrement. L'inscription n' 3960 du Corpus mentionne un Ti. Glaudius, fils de Ti Mithrîdale.^, grand prêtre d'Asie, qui était évidemment le père de notre Mithridatianus. Le Jupiter de Celaenae n'était, jusqu'à présent, connu que pai des monnaies ; la très ancienne église chrétienne dont les ruines se voient sur le sommet de la colline de Celaenae a probablement pris
t. [En caractères épigraphiques dan» la Revue des Études grecques y 1889. p. 30.]
la place du temple de ZEYC KEA€N€YC (cf. Head, HisL nummorum^ s. V.)
« 8. M. Sterretl a copié à Ulu-Borlu une inscriplion qu'il transcrit ainsi ( Wolfe Expédition. n<» 545) :
. . . ovaopo'îroXeo; £7:(l) 'PojJLavsu rA]i(o)YiVOU(; £V hr, tw Çfori,
« Il me semble que le premier mot de la première ligne doit se lire SwÇcTCoXed)? ou So^oTCoXew; . M. G. Hirschfeld a le premier montré qu'Apollonia doit être identique à la Sozopolis des Byzantins. En vérité, il y aurait quelque inexactitude à dire qu'Apollonia prit le nom de Sozopolis. Apollonia était une cité de la plaine, ayant tous les caractères des fondations pacifiques dues aux rois de Pergame : le site exact en a été découvert par M. Sterretl au tumulus nommé Olukman, Dans la période de troubles qui commence au v'' siècle, l'ancien emplacement fut abandonné et Ion établit la ville nouvelle, Sozopolis, sur une colline rocheuse et abrupte du voisinage Nicétas Ghoniate a raconté le siège de cette ville par Jean Gomnène. J'ai montré de même que Golossae fut abandonnée pour Khonae, Prymnessos pour Nikopolis-Akraenos, Pessinus pour Justinianopolis-Palias, etc.
« 9. J'ai copié près de Yéni-Ali (appelé Yendjeli sur les cartes) une inscription assez curieuse :
Aup. Mevvéaç TtiJLo6£cu NapaC'.TY;v5ç
Upeuç Aïo? EupuBa'jjLYjvou xal if) aujjiôioç aiiou Aup. Tp5f(jjL[r|]
xpcoTauXsç Aïoç Oupu5a{j(.rjVoy Ç^ovtôç.
« Le mot xpwTauXo; « chef des joueurs de flûte j> ou « première flûte» paraît ici pour la première fois. Je me demande si l'ethnique ne devrait pas se lire (M)apa(X)tTr<viç, nom connu par les listes des Siv3i T6y.i;.6p£ioi. L'épithète de Jupiter est écrite une fois par E et à la ligne suivante par un O; on peut donc admettre que ce lapicide était sujet à commettre des erreurs.
« 10. Voici une des nombreuses épitaphes que j'ai copiées à Kilij •
Aup. XpYjffToç Xpr^ffTOu eTrôtiQ-
ffev ifipwov ex twv îô{o)v àvaXco-
jiiaTWV èauTw xal tîj yuvatxl Aup. *AiJ.{JL'.a
'ApTéiJLWvoç xà TôTç ubTç àauTwv
« La dernière ligne a été ajoutée en caractères plus petits, comme une pensée venue après coup.
8«, 223-4] CHKONIOUE D'ORIENT (1888 501
« 11. Je vous signalerai un détail intéressant relatif à deux inscriptions d'Éphèse qui ont été publiées, Tune dans le Journal of Philologyy 1877, p. 145, Tautre dans le MouacTcv de Smyrne, 1880, n^i^', et qui font mention du proconsulat de M. Fulvius Gillo. J'ai copié la dernière au mois d'avril 1884. L'une et l'autre sont des dédicaces AùtoxpaTopt Ôeo) Kaiaapt SeSarro) O'jearaT.avo) ; mais on n'a pas encore fait observer que les mots Ôew et OÙ£(j7:aaiavo) sont gravés audessus d'autres noms qui ont été anciennement martelés. 11 s'ensuit que les inscriptions en question étaient originairement dédiées Auto/.paTcci Ao;jL'.Tiav(o Ka(aapt SsCarrû repjjiavixo), comme dans le texte du Corpus latin, t. III, n« 36.
AYTOKPATOPI/////// //////l/mMlAPl 2E BAITfll/////////////////
« Le mot OOeoxaatovw, inséré à la fin de la 3® ligne, a dû être gravé en lettres plus serrées que le reste, étant trop long pour la place qu'il occupait.
« M. Roehl, dans son JahresberichtûbergriechischeEpigraphik pour 1878-82, dit que ces deux inscriptions attribuent des noms différents à VapyjLepeAjq t^? 'A(j{aç ; il en conclut, mais bien à tort, qu'elles ont été mal lues. En effet, Tannée proconsulaire commençant en juillet, tandis que le point de départ de l'année asiatique était l'automne, probablement l'équinoxe, il en résulte qu'il pouvait y avoir deux ipyispsi; sous un seul proconsulat.
« J'ajoute que si j'ai eu raison d'admettre que l'ap^tîpejç était un fonctionnaire pentétérique, nous pouvons fixer la date exacte du proconsulat de Gillo. Suivant ma manière de voir, un nouvel asiarque ou ipyiepthç 'Aofaç entra en fonction à la fin de septembre des années 87, 91 et 95 après J.-C. Gillo était consul en 76; l'intervalle de quinze ans entre le consulat et le proconsulat nous mène à juillet 91 -juin 92. Or, c'est précisément en cette année proconsulaire que deux asiarques se sont succédé,
« L'opinion que je viens d'exprimer sur l'asiarchat a été d'abord indiquée par moi dans une note des Paper s of the American School of Athens (t. I, 1885, p. 103) ; M«' Lightfoot y est arrivé de son côté, et à la même époque, dans son livre intitulé : Ignaiius and Polycarp (Londres, 1885). M. Monceaux, dans sa thèse De communi Asiae (1885), admet que les jeux auquels présidait l'asiarque étaient pentétériques, mais que la fonction même de Tasiarchat était annuelle.
« 12. Une importante inscription de Tralles a été publiée deux fois d*après la copie de M. Michel Pappaconstanlinos, avec des restitutions diflérentes mais également erronées, par M. Sterrett (Papers of the American School, t. II, p. 33:i) et par M. Gontoléon [BuU. de Corresp. Hellén,y 4886, p. 455)* J*ai copié cette inscription au mois d*avril 1884; elle ne doit pas être postérieure au i'"^ siècle après J.-C.
Ai:iAKAIOAHMO>:KAIOir////// ^.I 'A<ria xai â ôriito; xa\ ol %[i^\
lONYSONTEXNITAIETIM////// Aji6waov w^vT^oi» iTiptU^iav
nOAAÛNIONAHMHTPIOrA///// 'A]«oXXwviov Atiiitjxpioj Al... '
GNIIPOANAITEAENTATHSSTN///// -cjov npoavayyeXlvxa TÎj« ovv[ô8<w APXIEPE////I (ipxifpl[av?J •
« La forme de la pierre prouve qu'il ne manque qu'une lettre à gauche et que Tinscription est complète en haut. Comparée à un autre texte publié au même endroit par M. Sterrett (p. 3:30), cette inscription semble montrer que Tralles était un lieu de réunion du xc.viv Acia:. comme Ta déjà supposé M. Monceaux [De communi Asiae, p. 38), bien que Tinscription sur laquelle il fondait son opinion (Le Bas- Waddington, n° 609) ne la démontre nullement. Ce dernier document a été publié plus correctement par M. Sterrett {Papers, t. I, p. 106); il faut lire à la première ligue [KX(auîtavèç) Aajjjiaç et à la fin [t};v| va' '0'k\j[f/Kt.i[^x], Ce Damas est un bienfaiteur connu de Tralles, qui légua de Targent pour les jeux publics et en fit les frais sa vie durant. La date est 133 après J.-C.
<f 13. Il n'est pas probable que je retourne de nouveau.en Phrygie, à moins qu'on ne me mette en mesure d'y travailler dans de meilleures conditions. L'an prochain, je compte aller plus loin vers l'est. Mes voyages ont eu spécialement pour but de fixer la topographie ancienne du pays et je crois que mes articles à ce sujet [Journal ofBellenic Studiesy 1883 et 1887; American Journal of Archaeology^ 1887 et 1883) ont établi sur une base solide les traits généraux de la géographie comparée de la Phrygie, de la Pisidie occidentale et de la Pamphylie. Mais je n'ai jamais eu l'idée de copier toutes les inscriptions d'une région quelconque et j'avertis mes successeurs qu'il leur reste beaucoup de textes inédits à découvrir s'ils ont du temps devant eux et s'ils savent se faire bienvenir des Turcs. Comme spécimen des inscriptions qui restent à copier en Phrygie, je citerai la suivante, qui s« trouve dans le village d'Erjish; j'avais souvent traversé cet endroit
i. A[oYTtv]ov» ou bien un ethnique, comme A[(i>py)vJ6v. 2. [Cf. Afvttf du Éludes greo<fue$, 1889, p. 28.]
dans meg précédents voyages, mais sans avoir le loisir de m'y arrêter. La pierre parait complète en haut :
Tov xaTaoxeuajôirvTja ot'/.ov ûr[ô] | 'IsjXia? Ssouf^paç P. Tuppwv.dç
KXdtjîc^ 6 îii ^'cu àfr/'[(7uv]aYc«)Ycç y,al | Aouxtc^ A5jx[ ]
%oA, JÏGTzChol^ ] 7.aT£a]|xe'jaîiav iy, T[a)v Btwv ovaXwpiaTwv] |
v:aTaO£;j.î[X(J(i)[v tf//. . . .xa\ to!>^T5{]|;(ou; /.al rf;v op5[5Yîv xa»] £7:o(r,(Jxv| TTjv Twv ôjp{î(i>v àaçiXe'.av y.al tov j Xurcv (57V) -ïcavra xoajjiov • oi!<rctvaç x[al] I TQ (juvvaywYYj [sjTetVTjaev ôzXw eTTi^p^l^^p ^'-i ts tyjv evapsTOV auTÛv C . . ûctv xal TTQv 7;[p]o; tyjv auvaYt»)YtîV sjvoiav | Te xal jtcovSiqv.
c Julia Severa était une personnalité importante d Acmonia sous le règne de Néron; elle est mentionnée par des monnaies et par des inscriptions. Tyrronios Rapon, qui est nommé avec eile dans un autre texte, est peut-être le frère de Tyrronios Klados. Sur les monnaies, elle parait à côté de l'archonte L. Servenius Capito. Ce Capito était prohablement le père de L. Servenius L. F. Cornulus, qui fut légat propréteur d'Asie sous le proconsulat de M. Aponius Saturninus, dans la dernière partie du i^^ siècle. Servenia Cornuta appartenait à la même famille, nous ne savons à quel titre. On retrouve encore cette famille en Galatie, à Ancyre (Mordtmann, Marmara Ancyr.^ p. 19) et un monument fut élevé à Acmonia en l'honneur deL. Servenius Cornutus par le koinon des Galates. Nous rencontrons encore une famille Julia Severa a Acmonia et à Ancyre; sur les monnaies d'Acmonia, Julia Severa et Servenius Capito sont associés de telle sorte qu'on est disposé à admettre entre eux quelque lien de parenté. Le fait qu'ils furent archontes la même année ne suffit pas à expliquer leur asso* ciation sur les types monétaires, car il est probable qu'à Acmonia, comme ailleurs, il y avait un collège d'au moins trois archontes
€ Les deux familles étaient-elles juives? Cette hypothèse me parait plausible. De même, en edet, que certaines monnaies sont datées par la mention de Julia Severa et de Servenius Cornutus, une inscription porte les mots £7:1 'louXia? Seoi^paç xal Tuppwvtcu *Pa::wvcç; or, comme ces deux derniers personnages sont des juifs, au témoignage de Tinscriplion citée plus haut, il est vraisemblable que les deux premiers le sont aussi.
« Tiberius Julius Severius, consul vers 140, descendant de rois et de de tétrarques, appartient probablement à la même famille que Julia Severa, et nous trouvons là un nouveau point de similitude entre les deux familles, car Servenia Cornuta descendait également de rois. Un autre Julius Severus est marié à Karakylaia (lecture douteuse de Tournefort), qui est également une descendante de rois. Il faut obser-
50i CHHOMQUK D'ORIENT (1888) ^S\ 226;
ver que tandis que Franz, MM. Waddinglon et Mordtmann font de Tib. Julius Severus un Galate, descendant des rois de Galatie, Aristide, son ami personnel, dit qu'il appartenait à une famille de la Phrygie supérieure. Ce témoignage ne permet pas de voir en lui un Galate et indique, à mon avis, une connexion avec la famille d'Acmonia. En résumé, je pense que nous avons là deux familles riches et nobles, Tune et Tautre de race judaïque, se mariant avec des personnes de même descendance, et remontant, ou croyant remonter, aux vieilles maisons royales, les rois et les tétrarques de la Palestine. Ils sont cependant citoyens romains et appartiennent, les Servenii à la tribu Aemilia, les Julii à la tribu Fabia. Pour d'autres détails sur rhistoire de ces deux familles, on peut se reporter aux inscriptions Corpus insciiplionum graecarurriy n®» 4029, 4931-5; Le Bas et Waddington, p. 226(Acmonia) et American Journal of Archaeology y 1885, p. 146 {Journal of Hellenic Studies, 1887, p. 465). »
Je ne veux pas terminer cette Chronique sans signaler un excellent résumé des dernières recherches sur la géographie comparée du monde grec, que M. Hirschfeld vient de publier dans le Geographisches Jahrbuch de Behm (t. XII, 1881). Ce travail complète celui que le même auteur avait donné dans un volume précédent du même recueil (t. X, 1886), et se termine par un index des deux fascicules. M. Hirschfeld est parfaitement au courant de ce qui s'écrit en France et en Grèce; on pourrait presque regretter parfois que son zèle de bibliographe l'entraîne trop loin^ s'il n était vrai que les plus méchants livres contiennent toujours quelque chose à relever. Je tiens à le remercier particulièrement des termes dans lesquels il s'est exprimé sur cette Chronique d'Orient y qui n a certes pas beaucoup de lecteurs aussi attentifs que lui. Elle n'en a guère non plus dont Tapprobation soit plus précieuse et plus encourageante pour celui qui en est l'objet.
(REVUE ARCHÉOLOGIQUE, 1889, t. H, p. 81143.)
Bibliographie orientale. — VOrientalische Bibliographie^ dont nous avons annoncé les débuts*, a tenu toutes ses promesses; c'est désormais un répertoire presque indispensable à ceux qui s'occupent de rOrient hellénique. Le rapport de M. Darmesteter à la Société asiatique de Paris, embrassant les années 1885 à 1888, a paru Fêté dernier sous forme d'un fascicule de 159 pa^es. Enfin, dix anciens membres de l'École française d'Alhènes se sont réunis pour publier un index des dix premières années du Bulletin de CoiTespondance Hellénique; cet index est fort complet, disposé avec méthode, et rendra les mêmes services que ceux des Mittkeilungen^ de YArchaeologische Zeitung et du Journal of Hellenic Studies. Pour la bibliographie courante, nous sommes aujourd'hui très bien pourvus; il n'y a guère d'article de revue ou même de journal qui échappe aux rédacteurs de l'appendice bibliographique publié à la suite de chaque livraison du Jahrbuch des archaeologischen Instituts*. Le même recueil donnera désormais en supplément, sous la vieille rubrique à^Archaeologischer Anzeiger^ de petits mémoires et des nouvelles archéologiques; nous espérons avoir Toccasion d'y faire souvent des emprunts.
Bulletin de l'Éphorie. — Le Bulletin de l'Ephorie (àeXTiov) pour 1888 forme maintenant un volume in -8 de 248 pages, avec figures,